DE LA COUR D'OXFORD
fidélité * : rien n'avait pu vaincre la sécheresse hautaine du Roi, ni imposer silence aux clameurs de cour ; et loin de voir accepter leurs services, les lords réfugiés ne songeaient déjà plus qu'à se soustraire à tant de dégoûts. Les partisans d'une guerre vigoureuse se faisaient écouter avec plus de faveur, mais sans plus d'effet : le mauvais succès du siège de Glocester avait jeté Oxford dans une anarchie aussi impuissante que tracassière ; touss'imputaient réciproquement cette fatale entreprise; le Conseil se plaignait des désordres de l'armée; l'armée bravait insolemment les reproches du Conseil; le prince Robert, quoique dispensé, même un jour de bataille, d'obéir à tout autre qu'au Roi lui-même ^, était jaloux du général en chef; le général et tous les grands seigneurs murmuraient hautement de l'indépendance et de la grossièreté du prince Robert. Le Roi, qui respectait dans la personne de ses neveux la dignité de son sang, ne pouvait se résoudre à donner contre eux raison à un sujet, et sacrifiait à ce ridicule orgueil les droits, les services même de ses plus utiles amis. Hyde seul s'opposait avec franchise à de telles fautes, et parvenait quelquefois à l'en détourner; mais Hyde lui-même, étranger à la cour, sans autre éclat ni pouvoir que celui de- ses fonctions, avait besoin que la volonté du Roi le soutînt, tantôt contre l'humeur de la Reine, tantôt contre les intrigues de jaloux courtisans; il maintenait sa
• ClarenJon, Hist. of the rfleîi,, t. YI, p. 255. « Ihid..t. V^p. 7:3.