‹ Histoire de Charles IerChapitre 73 sur 151 · V-j'moiVes de Hollis, p · texte numérisé non relu

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6 Ils se rendirent au quartier général à Saffronwalden, d&ns le comté d'Essex, le 7 mai 1647.

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eux-mômes avaient demandé du temps pour consulter les soldats '. Clia(iuc jour^ et sous les yeux des commissaires du Parlement^ ce gouvernement ennemi prenait l»lus de consistance et de pouvoir. CromwcU cependant ue cessait d'écrire qu'il s'éiiuisait en vains efforts pour apaiser l'armée, que son crédit en souffrait beaucoup, que bionlôt lui-même serait suspect et odieux aux soldats ^ Quelques-uns des commissaires revinrent enfin à Londres, rapportant, de la part de l'armée, les mômes proposilions, les mômes refus*.

Le.- cliels presbytériens s'y attendaient, et, profilant de l'humeur de la Chambre qui avait voulu espérer davantage, ils obtinrent en quelques heures d'assez fermes résolutions. Sur une motion de Ilollis, on vota que les tro;:p(js qui ne s'engageraient pas pour l'Irlande seraient à l'instant licenciées; on régla tous les détails de la mesure, le jour, le lieu, les moyens. Les corps devaient être dissous brusquement, isolément, chacun dans ses quartiers, prestjue au niêtue moment ou à des intervalles très-rui>prochés, afin qu'ils ne pussent se concerter ni se réunir. On expédia sur divers points l'argent nécessaire aux premiers actes de l'opération ; des connnistaires, tous presbytériens, partirent pour la surveiller *.

« lîushworih, part. IV, t. I, p. 480, 485, 487. — Mémotre» ae lluntington, p. 310-312, dans ma. Collection. » Clarendon, lîùl. ofllicrelell., t. VIII, p. 298-301. » Uushworth, part. IV, t. I, p. 491.

• ibid., p 493, 494, 49G. — l'uWiam. UUL, t. 111, col. 582

I8i LUTTE ENTRE LE PARLEMENT

Ils trouA crent Tarméc en proie à la confusion la pliia violente : instruits du coup qui les menaçait, l'insurrection avait éclaté dans la plupart des régiments; les uns^ chassant les officiers dont ils se méfiaient, s'étaient d'eux-mêmes mis en marche, enseignes déployées, pour aller rejoindre leurs camarades; d'autres se retranchaient en armes dans les églises, déclarant qu'ils ne se sépareraient point; quelques-mis s'étaient emparés de l'argent destiné au licenciement ; tous demandaient à grands cris un rendez-\ous général où l'armée entière pût se faire entendre; et une lettre fut aussitôt adressée à Fair fax S au nom des soldats, portant que, si leurs officiers refusaient de les conduire, ils sauraient bien sans eux se réunir et défendre leurs droits. Fairfax, troublé, désolé, exliortait les officiers, écoutait les soldats, écrivait aux Chambres, sincère et impuissant avec tous les partis, également incapable de renoncera la popularité et d'exercer le pouvoir. 11 convoqua enfin un conseil de guerre-, et là les officiers, à l'exception de six, votèrent que les résolutions des Chambres n'étaient point satisfaisantes, que Farmée ne pouvait se séparer sans de plus sûres garanties, qu'elle resserrerait ses cantonnements, qu'un rendez-vous général serait assigné pour calmer les craintes dts soldats, et qu'une humble

Mémoires de HoUis, p. 125. Ces résolutions furent adoptées par la Chambre des Pairs, le 22 mai 1647.

'• Le ^9 mai.

» Le 29 mai.

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représentaiion du conseil en informerait le Parlement *.

Aucune illusion n'était plus possible; leur autorit{', ainsi bravée^, les Cliambres ne pouvaient plus se suffire elles-mêmes; il leur fallait, contre de tels ennemis, une autre force que leur nom, un autre appui que la loi. Le Roi d'une part, de l'autre la cité, toujours presbytérienne et bien près de devenir royaliste, pouvaient seuls le leur fournir. Déjà quelques mesures avaient été prises dans cette vue : de l'aveu du Conseil commun, le commandement de la milice avait été enlevé au juirti indépendant, et remisa un comité toutpres])ytéricn-; une garde plus nombreuse veillait aux portes des Cliambres; douze mille livres stcrlin*? avaient été ajoutées aux frais de son entretien *; les officiers réformés, débris fidèle de l'armée d'Esscx, séjournaient libreuKmt et enfouie dans la cité. Au grand regret du parti, Essex lui-même ne vivait plus; il était mort presque subitement vers la fin de l'année précédente*, à la suite d'une partie de chasse, au moment où il se préparait, dit-on , à intervenir avec éclat en faveur de la paix; et sa jjerte avait paru pour les presbytériens un coup si funeste que des bruits d'empoisonnement en avaient couru sur le compte de leurs

« Rushworlh, part. IV, t. I, p. 49G-500.— PaWtam. Hist., t. III, col. 584-588.— i\/cmoires de Hollis, p. 12G-128.

' Par une ordonnance du 4 mai 1647. Rushworth, part. IV, t. I, p 472,478.

» Ibid., p. 496.

* Le 14 septembre 1646.

ennemis^ Mais Wallcr, Poynlz, Massey étaient pleins de zèle et tout prêts à se déclarer. Quant au Roi^, les Chambres pouvaient craindre qu'il ne fût pour elles dans des dispositions nnoins favorables : deux fois, avec la sèche rigueur des haines théologiques, elles lui avaient refusé le service de ses chapelains^; et deux ministres presbytériens, MM. Marshall et Caryll, célébraient solennellement leur culte à Holmby, quoique Charles refusât toujours d'y assister ^; ses serviteurs les plus affidés avaient été éloignés de sa personne *; toute tentative de correspondance au dehors , avec sa femme, ses enfants ou ses amis, était sévèrement réprimée^; à grand'peine même un des commissaires du Parlement d'Ecosse, lord Dumfcrline, obtint la permission de l'entretenir'"'; enfin, il avait naguère '' adressé aux Chambres une réponse détaillée aux propositions qu'il en avait reçues à Newcaslle, et plus de quinze jours s'étaient écoulés sans qu'on parût décidé à la prendre en considération. Après tant et de si importunes rigueurs, un rapprochement semblait difficile. Cependant la nécessité pressait; si le Roi pouvait se plaindre des presbytériens, il savait du

1 Old Parliam. Hist., t. XV, p. 97.— Whitelocke, p. 233.— Clarendon, Ilist. oftherehell., t. VIII, p. 293.

* Les 19 février et 8 mars 1647.

8 Parliam. Hist., t. III, col. 557-559. — Mémoires de Herbert, p. 11, dans ma Collection.

* Ihid.,^,. 13-16.

5 Rush\7orth, part. IV, t. T, p. 453,482. — Mémoires de Herbert, p. 12.

« Le 13 mai 1647. Rushworlh,part. IV, t. I, p.4S3. 1 Le 12 mai. Parliam. Hist., t. III, coL 577-581.

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moins qu'ils ne voulaient point sa ruine. A Holmby même, malgré cette étroite surveillance, on lui rendait les honneurs accoutumés de la royauté ; sa maison était tenue avec splendeur, le cérémonial de la cour exactement observé ; de la pai't des commissaires, tous presbytériens, qui résidaient auprès de lui, rien ne manquait à la convenance et au respect. Aussi vivaient-ils en trèsbonne intelligence : tantôt le Roi les invitait à raccompagner dans ses promenades; tantôt il jouait avec eux aux échecs ou aux boules, toujours attentif à les bien traiter et recherchant leur conversation *. A coup sûr, pensait-on, il ne pouvait méconnaître que les ennemis des Chambres étaient aussi les siens, ni refuser le seul moyen de salut qui lui fût offert. Les Lords volèrent* que Sa Majesté serait engagée à venir résider plus près de Londres, dans son château d'Oatlands; les Communes, sans se joindre à ce vote, laissèrent percer les mêmes désirs ; la correspondance avec les commissaires qui gardaient le Roi, surtout avec le colonel Greaves, commandant de la garnison, devint active et mystérieuse : déjà , à Westminster et dans la cité, on s'entretenait de l'espoir que le Roi se réunirait bientôt à son Parleînent, quand, le A juin, arriva tout à coup la nouvelle que, la veille, il avait été enlevé de Holmby par un détachement de sept cents hommes, et que l'armée le tenait en son pouvoir.

* Mémoires de Herbert, p. 10-13.

" Le -20 mai. Parliam. Hisl., t. III, col. .^.81.

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