‹ Histoire de Charles IerChapitre 74 sur 151 · S L'ARMÉK ENLÈVE LE ROI · texte numérisé non relu

S L'ARMÉK ENLÈVE LE ROI

Le 2 juin, en effets comme le Roi, après son dîner, jouait aux boules sur les gazons d'Altliorpe^ à deux milles de Holmby, les commissaires qui l'accompagnaient remarquèrent avec surprise, parmi les assistants, un homme inconnu portant l'uniforme du régiment des gardes de Fairfax. Le colonel Greaves lui demanda qui il était, d'où il venait, ce qu'on disait à l'armée; l'homme répondit avec une rudesse un peu hautaine, et comme assuré de son importance, quoique sans bravade. Bientôt circula autour du Roi le bruit qu'un corps nombreux de cavalerie se dirigeait sur Holmby : « En « avez-vous entendu parler? dit Greaves à l'inconnu. « — J'ai fait mieux; je les ai vus hier tout près d'ici, a L'alarme fut vive; on retourna sur-le-champ à Holmby; on fit quelques dispositions pour résister à une attaque; la garnison promit de rester fidèle au Parlement. Vers minuit, un corps de cavalerie arriva, en effet, sous les murs du château et en réclama l'entrée. « Quel est le « commandant? » firent demander les commissaires : — «Tous commandent, » répondit-on. Cependant un homme s'avança, le même qu'on avait vu quelques heures auparavant sur les gazons d'Althorpe. — « Je « m'appelle Joyce, dit-il, cornette dans les gardes du « général; j'ai à parler au Roi. — De quelle part? — De « la mienne. » Les commissaires se mirent à rire. — « Il n'y a rien là de risiblc : je ne suis pas venu pour « prendre vos avis; je veux voir le Roi sur-le-champ. » Greaves et le major général Brown, l'un des commissaires, ordonnèrent à la garnison de se tenir prête à faire

DE IIOLMBY (2 jcin 1017). 180

feu; mais les soldais avaient causé avec les arrivants; les herses tombaient, les portes s'ouvraient; déjà les cavaliers de Joyce étaient dans la cour du château, sautant à bas de cheval, prenant la main à leurs camarades, disant qu'ils venaient, par ordre de rarmée, mettre en sûreté la personne dn Roi ; car il y avait un complot pour l'enlever, l'emmener à Londres, lever d'autres troupes, susciter une seconde guerre civile; et le commandant de ce château, le colonel Greaves, était, ajoutaient-ils, près d'accomphr cette trahison. A ces paroles, les soldats s'écrièrent qu'ils ne se sépareraient point de l'armée; Greaves disparut et s'évada en toute hâte. Après quelques heures de pourparlers, les commissaires reconnurent qu'il fallait renoncer à tout espoir de résistance. Il était midi. Joyce prit possession du château, posa partout des sentinelles, et, pouf donner un peu de repos à sa troupe, se retira jusqu'au soir.

11 revint à dix heures, demandant qu'on le menât enfin vers le Roi. « Le Roi est couché, lui dit-on. « — Peu m'importe, c'est assez attendre; il faut a que je le voie; » et, un pistolet à la main, il se fit conduire à l'appartement que Cliarles occupait. « Je suis facile, dit-il aux gentilshommes de sera vice, de déranger le sommeil de Sa !\!ajesté; mais a je ne sais qu'y faire; j'ai besoin de lui pailer, et cela « sur-le-champ. » On lui demanda s'il avait l'autorisation (les commissaires. « Non, j'ai mis des gardes à « leurs portes, et mes ordres virniieut de gens (jui ne

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