‹ Histoire de Charles IerChapitre 78 sur 151 · NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS ENTRE LE ROI

conibaltiis et ne demandent plus qu'à vivre en paix. Le Roi lui-mènic en écrivit à la Reine avec quelque conûance. Bientôt^ et [m-mi les émigrés peu nombreux qui l'avaient suivie à Paris, ou s'étaient réfugiés en Normandie, à Rouen, à Caen, à Dieppe, ce nouvel espoir devint le sujet de tous les entretiens. Deux hommes surtout s'appliquaient à le répandre, laissant entrevoir qu'ils en savaient plus qu'ils n'en disaient, et que nul ne pouvait comme eux rendre au Roi, dans cette occurrence, des services importants. L'un, sir John Beri-iley, s'était vaillamment défendu dans Exeter, et n'avait rendu sa place que trois semaines avant la fuite du Roi au camp des Écossais; l'autre, Ashburnham, n'avait quitté Charles qu'à Newcastle et par nécessité, pour échappera la haine du Parlement : tous deux intriganls, vaniteux et hâbleurs, Berkley avec plus de courage, Ashburnham plus fm et plus accrédité auprès du Roi. Ils avaient eu l'un et lautre, Berkley par hasard , Ashburnham par ordre de Charles lui-même, quelques relations avec quelques-uns des principaux officiers, assez pour se croire en droit de s'en vanter et en mesure de les mettre à profit. La Reine accueillit sans balancer toutes leurs assurances; et par son ordre, vers le commencement de juillet, à quelques jours d'intervalle, tous deux partirent pour aller s'offrir au Roi et à l'armée en qualité de négociateurs '.

1 Mémoires de Berkley, p. lGl-103, dans ma Co!/ec/»oi». — Ci*» rcndon, Hisl. of Ihe rebcU. . t. VIII. p. 310-314.

ET L'ÂPvMKE (juillet 16-17). ?05

A peine Bcrklcy avait débarque qu'un Cavalier de ses amis, sir Allen Apsley \ vint à sa rencontre^ envoyé par Crom-vvcll^ Lambert et qucliues autres, pour l'assiu-cr qu'ils n'avaient point oublié leurs conversations avec lui après la prise d'Exeter, ni ses excellents conseils, et qu'ils étaient tout prêts à en profiter; qu'il se pressât donc de venir. A ce message, fier de se trouver plus important qu'il ne s'en était flatté lui-même, Bcrkley, ne s'arrctant qu'un moment à Londres, se rendit en hâte au quartier général, alors à Reading. Il n'y était que depuis trois heures ; déjà Cromwell s'était excusé de ne pouvoir lui foire sur-le-champ sa visite ; et le même jour, à dix heures du soir, Berkleylevit entrer avec Ilainsborougb et sir Hardress Waller. Tous trois protestèrent de leurs bonnes intentions pour le service du Roi, Rainsborongh sèchement, Croinwell avec elfiision : « Je viens, « dit-il, d'assister au plus touchant spectacle, l'entrevue « du Roi avec ses enfants; non, personne n'a été plus 0 trompé que moi sur le compte du Roi; c'est, jeu suis « sûr à [)résent, le meilleur homme de ses trois royau- « mes; nous lui avons, nous, des obligations infinies; « nous étions ruinés, toutà fait ruinéssiàNewcastle i] « eût accepté ks propositions des Écossais. Que Dieu c mesure ses boutés à mon égard sur la sincérité de « mou cœur envers Sa Majesté! » D'ailleurs, à l'en croire, les officiers étaient tous convaincus que, si le Roi ne rentrait en possession de ses justes droits, nul homme

i Frcre de mislriss Ilutchinson.

Page 1