AVEC L'ARMÉE ET CROMWELL
gex, la jarretière; des avantages de même nature étaient indiqués pour leurs principaux amis. Cependant deux royalistes, le juge Jcnkins et le Cavalier sir Le^vis Dives, prisonniers à la Tour avec Lilburne, l'entretenaient sans cesse du traité déjà conclu, disaient-ils, entre les généraux et la cour, lui en racontaient les conditions, échauffaient ses méfiances, et l'excitaient à les propager. Soupçonné, un tel marché portait le trouble dans le parti ; accepté, il assurait au Roi l'appui des chefs, ou les laissait eux-mêmes sans appui *.
Les deux généraux ne pouvaient se méprendre à ces manœuvres : ils avaient entouré le Roi de leurs espions; le colonel Whalley, qui le gardait avec son régiment, était le cousin et la créature deCromwell; les moindres incidents de la vie du Roi, ses promenades, ses entretiens, les visites et les démarches de ses conseillers, les indiscrétions de ses serviteurs, leur étaient exactement transmis *; et plus d'une fois ils se plaignirent que des bruits venus de Hamptoncourt, et répandus comme à dessein, les missent hors d'état de servir le Roi dans l'armée, en y ruinant leur crédit. Ireton surtout, d'un esprit plus dur et moins indifférent au mensonge, en conçut tant d'humeur qu'il fut tenté de rompre les négociations. Elles continuèrent pourtant; bientôt même la conduite piiblitiue des généraux parut confirmer les
» Mémoires de Berkley, p. 169.— Whitelocke, p. 271;
• Voyez dans Rushworlh (part. IV, t. II, p. 795) une lettre où Whalley rend compte de la manière dont le Roi passe son ten)p3, et de tout ce qui survient à Hamptoncourt.