‹ Histoire de Charles IerChapitre 85 sur 151 · L'ARMÉE SE MÉFIE DES · texte numérisé non relu

L'ARMÉE SE MÉFIE DES

chargé de l'affaire de Lilburne, avait suscité mille petits incidents pour qu'on le retînt en prison *. Lilburnc le dénonça formellement aux agitateurs, en énumcrant tous les emplois dont lui et les siens s'étaient emparés *. Les agitateurs à leur tour demandèrent aux Chambres la liberté de Lilburne ^, à Fairfax celle de quatre soldats détenus seulement, dirent-ils, pour quelques paroles injurieuses et menaçantes contre la personne du Roi '\ Il fut même question entre Lilburne, ^Yildman et quelques autres, de se défaire de Cromwell par l'assassinat ^ Aucune tentative n'eut lieu; mais soit à cette occasion, soit par quelque autre cause, le conseil même des agitateurs devint suspect aux soldats : le heulenant général y avait, disait-on, des créatures qui l'informaient de tout. Pour échapper à ce péril, plusieurs régiments nommèrent, sous le titre de nouveaux agents, des agitateurs plus sûrs, chargés de surveiller les traîtres et de servir la bonne cause, n'importe en quel lieu et à quel prix. Quelques officiers supérieurs, quelques membres des Communes, Rainsborough, Ewers, Harrison, Robert Lilburne ®, Scott, se portèrent les chefs de l'insurrection; et la faction la plus violente, ainsi séparée du Conseil général des officiers et des Chambres,

* Biographia Britan-j h l'article Lilburne, t. V, p. 2950, note IL « I6id., p. 2949, noteEE.

» Rushworth, part. IV, t. II, p. 790.

» Ihid., p. 808, 811.

5 Mémoires de Hollis, p. 232. — Mémoires de Berkley, p. 193.

* Fr6re de John et colonel d'un régiment d'infanterie.

RELATIONS DE CROMWEI.L AVEC LE ROÎ. 231

commença à proclamer hautement ses maximes et ses desseins *.

L'inquiétude s'empara de Cromwell : il voyait l'armée désunie, les royalistes et les presbytériens é[)iant le moment de profiter de ses discordes, lui-même attaqué par des hommes d'une volonté intraitable, jusquelà ses alliés les plus fidèles, ses plus utiles instruments. De jour en jour les intentions du Roi étaient plus suspectes : a J'ai mon jeu à jouer, » avait dit Charles à Jreton, qui le pressait de s'unir ouvertement à eux-; et toujours assidus auprès de lui , lord Lauderdale et lord Lanerk lui promettaient l'appui d'une armée écossaise, s'il acceptait enfin leur alliance. Déjà, disaiton, les bases du traité étaient convenues; et même en Ecosse, où le crédit de Hamilton l'emportait sur celui d'Argyle, des troupes marchaient vers la frontière *. De leur côté, les Cavaliers anglais, Capcl, Lanjxdale, Mtisgrave, préparaient sous main une insurrection : « Soyez «( assuré, avait dit le Roi à Capel, que bientôt les deux 0 nations seront en guerre ; les Écossais se promettent 0 le concours de tous les presbytériens anglais : que nos « amis se tiennent donc prêts et en armes; sinon, que < ce soit l'un ou l'autre parti qui triomphe, nous au-

1 Vers le commencement du mois d'octobre 1647. — Mémoirei de Ludlow, t. I, p. 241. — Journals of the Ilouse of Lords, 16 et 17 novembre 1647.

* Mémoires de mistriss Ilutcliinson, t. H, p. 135.

3 Clarendon, Hiat. of Ihc rebell. , t VIII, p. 3-13. — Rushworth, part. IV, t. Il, p. 786, 810.

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