EXPLOSION DU PARTI POPULAIRE
recherchaient également, qu'il se joindrait à celle dont les conditions seraient pour lui meilleures, et qu'il croyait traiter plutôt avec les presbytériens écossais qu'avec l'armée : « Du reste, ajoutait-il, je suis seul au « fait de ma situation ; sois tranquille sur les concessions « que je pourrais faire; je saurai bien, quand il en sera a temps, comment il faut se conduire avec ces drôles-là, « et au lieu d'une jarretière de soie, je les accommoa derai d'une corde de chanvre. » Les deux généraux se regardèrent, et, toutes leurs méfiances ainsi confirmées , repartirent sur-le-champ pour ^Yindsor, désormais sans incertitude sur leurs desseins envers le Roi comme sur les siens K
Il étîiit temps que leur conduite cessât d'être embarrassée et douteuse : la colère des enthousiastes éclatait et jetait l'armée dans la plus violente confusion. Le 9 oclobre, au nom de cinq régiments de cavalerie, parmi lesquels figurait celui de Crom.well lui-même , les nouveaux agitateurs rédigèrent, sous le titre de Silualion de rarmée *, une longue déclaration de leurs méfiances, de leurs principes, de leurs vœux. Le 18, ils la présentèrent officiellement au général; et le 1" novembre, un second pamphlet, intitulé Accord du peuple ', fut adressé à la
' Le fait se passa dans le courant du mois d'octobre. — Voir les Eclaircissements et Pièces hisloriques joints aux Mémoires de sir John Berklev,p. 231-240. — Clarendon, State-Papeis, 1. 1, Appendice, p. XXXVIII.
* Case of the army.
' An Agretment of Ihe jpeople for a firm and présent peace on the
DANS I.'AHMÉE (novembre 16-17). 23S
nation entière, au nom de seize régiments. Dans l'un et l'autre, les soldats accusaient les officiers de trahison, les Chambres de concussion, exliortaient leurs camarades à se joindre à eux, et demandaient que le Parlement actuel fût bientôt dissous; qu'à lavenir aucune personne, aucun corps ne partageât avec la Cliambre des Communes le pouvoir souverain ; qu'elle fût élue de deux en deux ans; que le droit de suffrage fût également réi)arli sur le territoire en raison de la population et des taxes; que nul membre ne put être immédiatement réélu, nul citoyen emprisonné pour dettes, ou contraint au service militaire, ou exclu des emplois pour sa seule religion ; que le peuple, dans les comtés, nommât tous ses magistrats; que les lois civiles, égales pour tous, fussent réformées et refondues en un seul code; enfin, que certains droits , surtout la liberté de conscience, fussent déclarés inviolables et supérieurs à tout pouvoir humain '.
A cette explosion des idées et des espérances populaires, le trouble des chefs fut extrême : plusieurs, et les plus sensés, bien qu'ennemis de la cour et des presbytériens, regardaient la royauté et la Chaml)re haute comme si puissantes, si profondément enracinées dan?
ground of comtnon right : « Accord du peuple pour établir une prompte et solide paix sur la base du droit commun. »
1 Rushworth, part. IV, t. Il, p. 845 , 859.— Whitelocke, p. 276, 277. — Godwin , 2îist. of the commonwealth , t. II. p. 4-15--150. — ÈcJaircissements et Pièces historiques places îi la suite des Mc:ncirci '.de Hollis, p. 296.