INQUIÉTUDES DU ROI
licndant la nuit ' , tout lui était un sinistre présage, tout lui seml)lait possible de la part de tels ennemis, quoique sa fierté se refusât à croire que jamais ils en vinssentàtoutoser. Onlui parla de fuir; il en était tenté: mais où? comment ? avec quel secours? Les commissaires écossais offrirent de seconder son évasion ; un jour même quïl chassait, Lauderdale lui fit dire qu'ils étaient tout près avec cinquante chevaux; que, s'il voulait les rejoindre;, ils partiraient en toute hâte pour le nord *. Mais les résolutions subites étonnaient le Roi : quel asile d'ailleurs que lÉcosse qui l'avait déjà livré, où il n'aurait plus aucun moyen de repousser le joug presbytérien et le covenant! Il refusa. D'autre part, le conseil lui vint de s'embarquer et de se retirer à llle de Jersey, où la facilité de passer sur le continent forcerait tous les partis à le ménager. Mais il comptait encore, d'après leurs secrètes promesses, sur la bonne volonté des officiers; il se flattait que leur froideur n"était quobligée et apparente, qu'au prochain rendez-vous de farmée ils dompteraient les agitateurs, rétabliraient la discipline et reprendraient avec lui leurs négociations. Il ne voulait pas sortir d'Angleterre avant cette dernière épreuve ^ Cependant lidée de la fuite lui devenait de plus en plus familière et pressante : on lui raconta qu'un prophète
1 Mémoires de Herbert, p. 88.
• Burnet, Mcmoirs of the Hamiltons, p. 324.
s Mémoires de Berkley, p. 197. — Mémoires de Wftrwick, p. 2CC^ 202. — Memoirs of the Ilamilloiis , p. 326, — Mé--novcs de Ludlow, t T, p. 243-244.