‹ Histoire de Charles IXChapitre 35 sur 73 · LATINISTES · texte numérisé non relu

LATINISTES

L'emploi de la langue française se répand et devient plus général, mais les controverses religieuses maintiennent encore la langue latine, vu que par elle on se fait comprendre des savants et des prêtres de tous les pays.

Notre énumération de latinistes, car nous ne pouvons guère présenter autre chose, vu le défaut de sources, vu surtout notre incompétence, comprendra les noms suivants :

Jean Garet, de Louvain, auteur d'un traité de Verâ Prœsentiâ, de la vraie présence du corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l'Eucharistie, imprimé à Paris en 1562, chez Fremy.

Finançais Balduin, auteur connu et qui apparaît avec autorité, au moins à partir de 1563 : auteur d'un travail profond sur la composition de l'histoire universelle et sur ses rapports avec la jurisprudence \

Andréas ^, dont un volume {['Exemplorvm memorabilivm^ ce que l'on appelle vulgairement un Selectœ dans le sens classique moderne, a paru en 1569, à Paris, dans le format in-12.

' De Institvtio7ie liistoriœ vniversœ et eius cvm ivrisprvdentia coniunctione , Paris, chez Wechel, in-l», 1561. Dédié au roi de Navarre Antoine de Bourbon, et précédé d'une lettre au cliancelier Michel de l'Hospital.

" Né à Evora en Lusitanie (Espagne). Il ne faut pas le confondre avec le ministre protestant Jacques André^ né dans le Wurtemberg, latiniste et hébraïsant.

Jacoh Prœvostemi, auteur d'un recueil de discours grecs et latins à l'usage des élèves du collège de Calais (1570) ; un anagrammiste contemporain retourna le nom patronymique de ce latiniste de façon à former Avrevs poeta^ et cela eût pu nous autoriser à le classer parmi les poètes.

Jean de Serres, ministre calviniste, retiré à Lausanne après la Saint-Barthélémy, et frère d'Olivier de Serres; il a composé en 15 livres : Commentariorum de statu religionis et reipublicœ in regno Galliœ, qui a paru de 1571 à 1573. C'est un ouvrage sérieux, composé par un bon esprit qui est rentré au service diplomatique de la France sous Henri IV.

Mentionnons encore un professeur d'hébreu , Cinq- Arbres (Quinquarboreus) , parce qu'il a mis en latin des psaumes, plusieurs extraits d'Avicenne, et qu'il a publié dans cette langue sa Gramjnaire hébraïque ; ses débuts remontent au règne de Henri II.

En poètes latins écrivant sous le règne de Charles IX, nous pouvons rappeler :

Vida (Marc-Jérôme)*, évêque d'Albe sur le Tanaro, poète à la fois exact et élégant, auteur de poésies sur la vérité chrétienne, sur l'art poétique, sur les vers à soie, sur les échecs, auteur également d'églogues et de poèmes divers, dont les œuvres ont été réunies à Lyon- en 1561 : très-loué et très-blàmé, et poète de talent, quoiqu'il soit exagéré de le placer, comme on l'a fait, immédiatement après Yirgile.

On réimprimait alors en France, à titre de curiosité sans doute, mais aussi parce que plus de personnes que de nos jours lisaient le latin, des poètes latins de la décadence, par exemple Juvencus, Sédulius et Arator, dont Jean de Tournes

• Mort en 1566.

- Un volume in-32 de 575 pages imprimées en caractères italiques.

a donné un petit recueil en 1 560 \ Mieux valaient, au point de vue moderne, les réimpressions des auteurs classiques, telles que celles de la traduction d'Hérodien en latin par Ambrogini, ditPoiitien, précepteur de Léon X, dont l'imprimeur Plantin d'Anvers'^ gratifia le public en 1566.

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