pyoissart, IV, 17G
2. Furent exécutés à lioucn : Jean, comte d'Iiarcourt, Guillaume de Mainemares, dit Maubuc, Jean Malet, sire de Graville, CoUin ou CoUinct Doublel, tous les quatre complices de l'assassinat du connétable ; les trois premiers nommés dans les lettres de rémission qui fuient octroyées après l'échec du projet de fuite.
Jean, comte d'Harcourt. Meurtre du connétable ((lliron. des quatre premiers Valois, p. 27 ; Gr. Chron., VI, 8) ; Aoyage de Metz(JJ. 8/i, fol. 225'°-22G, n'/iSa ; aS janv. i355).
Guill. de Mainemares. Meurtre du connétable (JJ. 8-i, n" 22G) ; voyage de Metz (JJ. 8/1, fol. 225"'-220, n" 432.)
Jean Malet, sire de Graville. Meurtre du connétable {Chron. des quatre premiers Valois, p. 27) ; voyage de Metz, ihid.
Colin Doulilel (Gollinet, Colard, Doublel ou Doublet). Meurtre du coiuiétable(C/i/o;i. des quatre premiers Valois, p. 27 ; JJ. 82, n. 5i 1).
Furent maintenus en arrestation, avec le roi de Navarre, Friquet de Fricamps et Gilles de Bantelu, impliqués tous deux dans le meurtre du connétable {Chron des quatre premiers Valois, p. 27 ; JJ. 82, n» i83 et /i45) ; le premier nommé aussi parmi ceux qiii avaient favorisé le projet de fuite (JJ. 84, lac. cit.)
L\ JOURNÉE 1)L" 'i AVRTT. r 350 I /| I
a fallu qiiehiue chose de plus fort, — vrai ou faii\ —, dt^ plus troublant '.
Si sévèrement (pi'onjuge le roi de France, on ne saurait voir en lui un tyran qui recourt au guel-apens et à la trahison pour se débarrasser de ses ennemis. Il était en tout l'homme du premier mouvement, et tel il se montre à nous dans le récit qui va suivre. Il est visible ({u'il agit, en cette circonstance, sous l'empire d'une émotion soudaine, plus ou moins justifiée, qui, réveillant de poignants souvenirs, l'a dominé entièrement. Mais à quoi attribuer ce trouble et cet emportement?
Une fois encore, comme à propos des premiers dissentiments entre le dauphin et son père, on trouvera quelques éclaircissements dans la déposition déjà utilisée de Jean de Fricamps, qui, sur ce point particulier, mérite d'autant plus de créance qu'elle est confirmée, d'une manière assez imprévue, par le témoignage de ^ illani. Je dis : assez imprévue, car toutd'abord lerécitdu chroniiiucur italien parait en désaccord avec les aveux de Fricamps. Ce dernier, pendant sa détention au Ghâtelet, au mois de mai i35G, déclara qu'après l'échec de la tentative faite pour conduire le dauphin hors de France, le roi de Mavarre avait formé un autre projet, plus aiulacieux et plus criminel. Il s'agissait d'enlever Jean H lui-même, au moment où il se rendrait à une abbaye située en Normandie, appelée /î^aMp/v ou Grandpré, pour y servir de parrain à un enfant du comte d'Eu. Vraisemblablement, il n'eût pas été longtemps captif, car ses ennemis se proposaient de le mettre à mort. Mais il fut avisé à temps de ce qui se tramait contre lui, et le complot avorta-, Villani semble reproduire une version différente; en réalité, abstraction faite de quelques erreurs ou confusions
1. Tous ces motifs sont allégués par les clironiqiieurs, qui parlent encore en termes très vagues d'un complot contre le Roi et le dauphin, dont la découverte aurait été due aux révélations dun complice (Grandes Cliron., W, 2G-27; Froissart, IV, 175-176: Ckronog raphia, II. aSO-aSy: Chronique normande, 109 et m, n. i ; Continuatio chronici Richardi Scoti, 99), Villani est peut-être, comme on le verra, celui qui s'est le plus rapproché de la vérité; il a connu, d'ailleurs, toutes les autres explications (un traité vrai ou supposé entre le roi de Navarre et les Anglais, un complot ourdi contre le dauphin) : « Altri dissono che doveano (les conjurés) dare prigione il Dal fino al Re d'Inghilterra. Ma poca fede si diede alluna cagione e allaltra. ma più, che ciô fosse fatto pcr vendetta délia morte dcl Conestabole. »
2. Arch. nat.. J. 618, n' 9. — Secousse, Recueil, p. Oo : « Item, oultre ces choses fu consceu et empensé par le dit roy de Navarre que en un voiaige que le roy Jelian devoit faire en une abbaye que l'en dit Beaupré ou Grantpré en Normandie,