‹ Histoire de Charles VChapitre 113 sur 381 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

6. Chron. des quatre premiers Valois, SG-Sy : « Et ainçois qu'ilz fussent mis hors du chastel pour les decappiter, le roy Jehan se saizy de toutes les clefz des portes de la cité et les fist toutes fermer. Et avec tout ce fist dire par les rues que chascun fermast son huis et que nul ne yssist hors de son hostel n.

7. P. Cochon, Chron. nonn., p. 85 : «... et yssirent par la grosse tour du chastel, et montèrent contremont Bouvereul et tournèrent au bout de Bouvereul, au quemin qui aloit droit au gybet... » Le gibet est resté à Bihorel jusqu'à la Révolution.

8. Ibid. : «.. et, quant il furent ou milieu de la cavée, se retournèrent à val, ou

l54 CHARLES DtC DE NORMANDIE

Le roi Jean, à jeun depuis la veille, — en raison du Carême, — n'avait consenti à prendre quelque nourriture qu'après s'être assuré que tous les coupables étaient arrêtés *. Il ne tarda pas à rejoindre les condamnés et leur escorte ; il était accompagné de ses deux fils, le duc de INormandie et le comte d'Anjou, de son frère, le duc d'Orléans, du comte de ïancarville, et d'une suite nombreuse -.

Arrivés au « Cbamp du pardon », c'est-à-dire au lieu du supplice, les voitures s'arrêtèrent. Les liommes d'armes se rangèrent à droite et à gauclie de la route, qui, en cet endroit, était large de trois longueurs de lance. Le roi de France, armé de pied en cap, se plaça au milieu de la cbaussée, entre les deux rangs ouverts, à un jet de pierre du comte d'Harcourt et de ses compagnons, de manière à les voir bien en face. (I Faites délivrer ces traîtres, dit-il » ^. On fit descendre de sa charrette le comte d'Harcourt, et l'on mit en place le billot qu'on avait apporté. Quand le malheureux vit qu'il lui fallait mourir, le désespoir le prit : {( Ah ! sire duc, criait-il, et vous gentil maréchal d'Audrehem ! Pour Dieu, que je parle au Roi, et je m'excuserai bien, et je lui dirai telle chose dont il retirera profit ainsi que son royaume. » Le duc de Normandie et le maréchal s'approchent alors du Roi : « Sire, disent-ils, pour Dieu qu'il vous parle ! et mieux vous en serez. » Ils se heurtent à un refus infiexible : u Faites délivrer ces traîtres», répèle le Roi ^.

camp nommé le Camp du Pardon, où l'en vent les grans chevax à la faire dudit />«;•don ; et là furent les trois chartcez ». Il existe encore une rue dite du Champ-dapardùn {ibid., n- 5). La foire du pardon était l'une des trois foires franclies annuelles.

1. P. Cochon, p. 85 : « Quant touz les prisonniers du disner furent tous f)ris et emprisonnés, le roy se bouta en une clianibrc, lui et ses gens, cl là se disnereiit, que le roy estoit tout jeun... »

Villani, loc. cit. : « E in quelle stantc il Re di Francia fece metterc in sîi una carretta il conte di Ricorti e 1 quattro (corr. : tre) cavalieri Normamli per fargli dicapitare, innan:i ch' e' volesse desinare... »

Ce détail n'est pas oiseux, car il fait mieux comprendre qu'elle devait être la surexcitation nerveuse du Roi qui, en proie à une vive émotion, sans nourriture depuis la veille, après une nuit écourtée, venait de fournir une chevauchée de 5o à Go kilomètres.

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