Grandes Chron., VI, 27. — P. Cochon, p
3. P. Cochon, Chron. nonn., p. 85-80 : ■< Et là vint le roy Jclian, Karlles sou filz, le conte ie Tancarville, à grant quantité de gens d'armes, et aussi le roy, très fort armé ; et estoit à un get de caillou loing du compte (sic) de Harecoiirtet de ses compaignons pour les bien veoir en fâche ; et les gens d'armes arrengiés à destre et à senestre ; et la rue bien large de trois tanches de lé ; et le roy à i bout parmy ; et disl le roy : « Faites délivrer ces Iraitfrjes ».
i. P. Cochon, p. 80.
LA JOUR>rÉE DU 5 AVRIL i356 i55
On fît donc agenouiller le comte, les ycuv bandés, la tête reposant sur le billot, et, détail horrible, le bourreau — un bourreau improvisé — dut sv reprendre à six fois pour détacher le chef du tronc '. Les trois autres compagnons du comte eurent le même sort -. Un seul obtint de ne pas mourir sans confession : Colin Doublel, auquel on n'avait pas de trahison à reprocher, .nais qui méritait la mort pour avoir levé la main contre le Uoi. Jean 11 avait déclaré durement que les traîtres devaient mourir sans confession ^.
Les corps des suppliciés furent traînés jusqu'au gibet de Rouen, où on les suspendit avec des chaînes, leurs têtes au-dessus, plantées sur des fers de lance ^. Ces misérables restes — un seul cadavre excepté, celui du comte d'Harcourt, qui disparut de bonne heure, — demeurèrent pendant près de deux ans exposés à tous les outrages. Au mois de janvier i358, Charles le iMauvais, récemment sorti de pri-
1. P. Coclion, p. 80 : « Et pour l'aire bref, le Ironc (le billot) lu mis jus de\aiit le conte, et fti apenouUié encontre, malgré lui, et le col dessus, le» yculz benJés ; cl le bourrel l'rappc sur le col de sa doleure... et oui six horionz cncbicsquc la leste pcust chair à terre ».
Le bourreau fut ce Pierre Hetrouwe, ilil Artcxclle, de Molinglieni, enfermé dans la prison de Rouen pour avoir commis jusqu'à tnjis homicides, et auquel Jean 11 accorda, au Pont de l'Arche, en avril i35(3, des lettres de rémission, dont la teneur est assez significative : « ... nobis in parlibus Nurmannie existcntibus,supervenerunt certa magna nova, pro quibus ad dictam villam llotliomagensem acccssimus, et ibidem cuin verilate reperta jussimus certain coinpleri jusliciani, pro qua dictas prisionarius evocatusjussa sibi ex parte nostra complevit, propter quod nos attenlis hiis el longa ac aspera prisionis delencione etc. » (Arch. nat., JJ. 8'i, fol. 264", a'',oo4.)
Kervyn de Lettenhove a eu connaissance de ce texte, mais il n'en a tiré parti que pour faire une supposition assez singulière : « Le nom d'Arteveldc acquil-il dans diverses provinces de France une telle notoriété cpi'on le donna aux fauteurs de troubles? Je rencontre au mois d'avril i355 (c'est l'époque de Marcel?), une charte de rémission pour un prisonnier de Rouen : Pelrus Betromoe, dictas Artevelle ». (Froissart, Chroiiiqaes, XX., p. i32, x" Artevelde.)
2. Gr. Chroii., VI, 27. — Froissart, Chron.,l\', 180. — Chroii.norin., de P. Cochon, p. 80 : « Et, après ce fait, tous les trois autres furent tost délivrés »,