‹ Histoire de Charles VChapitre 115 sur 381 · Froissart, IV · texte numérisé non relu

Froissart, IV

'). Ckron. norm. de P. Cochon, p. 86 : « ... et dit le roy de sa bouche, si haut que tous le Dirent : « Traynés les corps de ches traîtres au gybet ». Et si fist l'en ».

Gr. Chr., VI, 27 : « ... et puis furent tous icii traynez jusques au gibet de Rouen ; et là furent penduz et leurs testes mises sur le dit gibet ».

Contin. chrunici Gaill. de \angiaco, Il 23i : « ... et deinde (priecepit rex) omnes très fsic/ duces ad patibulum suspendi, eorum corporibus cumcatenis ferreis per spatulas forliter alligatis, et capilibus desuper in lanceis appositis et affixis. »

Les Grandes Chron., ibid., ajoutent ce détail : « Et fu le dit roy de France présent el aassi ses di: en/ans et son frère, a couper les testes, et non pas au pendre ».

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son, les fit inhumer avec une pompe religieuse un peu théâtrale, où il avait cherché, moins la réhabilitation des victimes, que la réparation d'une injure personnelle'.

IV. — Les sanglantes exécutions, accomplies sous ses yeux, et dont il n'était pas responsable, inaugurèrent, sous de tristes auspices, le gouvernement du duc de Normandie. Le prestige et l'autorité du roi de France en reçurent une grave atteinte -. Sans doute, il est admis, au moyen âge, que le Roi, de qui dérive toute justice, peut juger en personne et punir un coupable, même de la peine capitale ^. Le règne de Charles Y n'est pas sans offrir l'exemple d'une certaine justice sommaire, (( à la turque », nullement contraire à l'équité ^. Mais rénormilé du crime, et l'évidence du flagrant délit, sont nécessaires pour excuser des dérogations aux formes établies, que connaissent même les législations primitives. Or, rien de pareil ne pouvait être invoqué pour la justification de Jean II. Assurément, le Hoi avait eu, à plusieurs reprises, les meilleures raisons pour sévir contre son gendre ; chaque fois il s'était désarmé en lui faisant grâce. Que lui reprochait-il, en avril i356, qui n'eût été déjà pardonné ou qui méritât un tel éclat? Que reprochait-il surtout aux malheureux, décapités sans jugement, sans un mot d'explication ? On l'avait ignoré le jour de la quadruple exécution; plusieurs mois après l'événement, la lumière n'était pas faite davantage. « Et ne sait-on communément la cause de sa prise », disait, à la fin de cette même année i356, l'orateur des Etats généraux, on rappelant l'arrestation du roi de ?s^avarre ^.

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