I. Or. Cliron.. \[, ~'i
a. Chron. des quatre premiers Valois, p. 87 : « Moult fut blâmé le roy Jehan de l'occision des diz seigneurs cl moult en fut en la malivolencc des nobles et de son peuple et par especial de ceulx de Normendie ».
3. Paul Viollel. Ilist. des institut, politi'iues... de la France, t. Il, Pari>, iSçjS, in-8",
p. 2IO-2l3.
'4. Uibl. nal., Fr. ioi53 {Le livre des fais et bonnes niLCurs), fol. i5'' : « \int une fois, nostre roy estant au cliastcl que on dit Saint Germain en Laye une femme vesvc devers lui à forant clamour et lermcs, refincranl justice d'un des scr>iteurs des ofTices de la courl, lequel par conimandomcnl avoil lngic en sa maison, et cellui avoilcfforciée une fille que elle a\oit. I-e roy moult ayrc du cas lait et mau>aisle fislprendrr, et le cas confesse, et alant le fist pendre sanz nul respit à un arbre de la foresl ».
5. Journal des Etats généraux réunis à Paris au mois d'octobre I3ô(j Paris, L. Laro^e, i((oo, in 8", p. 33 (Extrait de la .\ouvelle Hevue histor. de Droit français et étranger, juillcl-aoùt njnol.
L\ JOURNÉE 1)1 5 VVRIL l356 IJ-
Guillauinede Mach;uU, iulicssanl au prisonnier son Cjiiforl d'ami, exprimait la même idée :
« Je te di que la renommée « S'espent par toute la contrée (( Que po de gent scevent la cause « Dont tadetencion se cause » *.
Le secret d'Etat — si secret il y a eu — avait été bien gardé, et à entendre les dénégations répétées du principal accusé, comme à voir l'embarras et le mutisme de l'accusation, le soupçon venait aux contemporains — il vient à l'historien — ({u'au fond il n'y avait, dans ce drame inexpliqué qu'une lamentable méprise ou l'assouvissement d'une vieille rancune.
Une fois de plus, de même qu'après la mort de Raoul ilc Brienne, l'acte de Jean II était qualifié de cruelle justice, et par là on reconnaissait le droit indéniable du Roi de s'ériger en juge, tout en blâmant l'usage qu'il avait fait de ce droit. Philippe de Navarre, dans une lettre de défi, qui sera citée au chapitre suivant, a prononcé le mot le plus dur qui ait été dit à cette occasion. 11 dénonce la « tyrannie -> du Roi qui a puni de mort des innocents, « sans aucune accusation ou condamnation juste ». Le grand, le vrai coupable, Charles le Mauvais, continuait à être l'objet d'une sympathie incompréhensible. Son emprisonnement le rendit populaire; des complaintes, que chantaient même les enfants, auraient été composées en son honneur 2. Sa captivité, loin de servir les intérêts du roi Jean, lui suscita des embarras, qui, s'ils ne furent pas la cause du désastre de Poitiers, en aggravèrent singulièrement les conséquences.
I Bibl. nat.. Fr. 8^3, fol. iSa".