‹ Histoire de Charles VChapitre 153 sur 381 · i5-iG · texte numérisé non relu

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3. Froissart, IV, loetsuiv. — Eu i3^6,lecomte de Derby idevenu leduc de Lancasln; après la mort de son pèrej lit, en parlant de Bordeaux, une chevauchée, au cours de laquelle il s'empara de Poitiers. Il avait convoqué, pour cette expédition, les seigneurs gascons. Or, parmi ceux qui vinrent, nous trouvons plusieurs des combattants de Poitiers. « A la semonse et mandement dou dit conte vinrent li sires de Labret, li sires de Lespare, li sires de Rosem, li sires de Moucident, 11 sires de Fumiers, li sires de Courton, li sires de Longuerem, messires Aymeris de Tarste et pluiseur aultrc. »

4. Froissart, V, 1G-17. — « ...où esloient pris, dit le prince de Galles, les countes de Soussoire et de Junhy, le s' de Chastillion, et tout [Aaiii d'autres pris et morte, parties de tour et des nostres ». Bartli. de Burghersh précise davantage : « et là furent prisls le counte de Assure, le counte de Junye, et le mareschalle de Burgoyne, que veignent al liost le roy du (sic) Fraunce, et là lurent mortz et pris ccxl hommes d'armes ». Ce chiffre de 2',o a été reproduit par Knighton (II, 88) et par Robert d'Avesbury, p. .',71.

5. Jean de Noyers, comte d'Ai'xcrrc, fut fait prisonnier par Raymond ou Ramon, vicomte d'Orlhe. 11 fut racheté par le [>rince de Galles, pour le compte du roi d'An-

LE COMBAT DE LA CIIAUOTRin 3O9

la Chabolrie, — où Jean II avait couché la nuit précédente, — que la rencontre eut lieu *. Anglais et Gascons mirent une telle ardeur à [loursuivre les fuyards, qu'ils se laissèrent entraîner par eux juscjuà Chauvigny, à trois lieues du théâtre de l'engagement. Il en résulta que le prince de Galles, oblige de s'arrêter pour attendre et rallier ses gens, ne put aller plus loin ce jour-là -. Son armée passa la nuit dans le petit bois, près duquel le combat avait commencé, et où elle eut beaucoup à souffrir du manrpic d'eau 3.

Le lendemain, dimanche i8 septembre, le Prince se remit en route de grand malin, car il avait perdu la veille un temps précieux. Une fois de plus, comme au départ de Ghatellerault, il affirme que son désir était de combattre : (( Nous prîmes, dit-il, notre chemin tout droit

glcterrc, au prix de Bo.ooo florins (P. W. O., Issue Rolls. 3u Edw. III, Micliaelmas, membr. 17 et •.î;; 33 Edw. III, Miihaelmas,'m. 35 (i5 nov. 1857, 1 '1 mars i3.ï8).

Jean de Chalon, corale d'Aiixerrc, fut pris par Bertrand de Montfcrrand, Douet de Grayan et Gaillard de Saint-Germain, auxquels le prince de Galles le racheta pour la somme de 17.000 florins payables en ([uatrc termes. Le comte de SufTolk avait aussi des dmils sur ce prisonnier; il reçut de ce chef, et pour le compte du mi d'Angleterre, la somme de 3. 000 llorins jP. R. O., Diplomatie Documents, E\chcquer, n° loolj. Bordeau.x, 5 mars 1307, Original. — Issue llulls, 32 Edw. III. Micli., membr. i et 17 ; 6 oct. et i5 nov. 13.Ï7).

1. Lettre de B. de Burghersh : (( Hem, le samadi proclieyn ensuaunt vient ledit prince a un cbastellc appeliez CItabutorie en Peiton'e, là oh le rny de Fruunce nvoil caché le nul devaunl, et là furent [)rists le counte de Assure etc. »,

La Chabolrie, simple ferme ou habitation rurale, faisant partie du hameau du Breuil-l'Abbesse.

2. Lettre du Prince : «... et puis les poursuievrcnt nos gentz tanque à Chavcny.bien à treis lieus loyns, pour quoi il nous convienoit logger cel jour à plus près de celle place que nous poiens pour recoiller noz gentz w. Le moine de Malmesbury {Eulogium, 111. 222) dit également que le prince passa la nuit près de la Chabolrie. « Princeps vcro... hospitare se fecit in illa silva ubi facta fuit discussio ». Cette manière de v(Mr est contraire à la version de Froissarl, qui fait arriver le prince de Galles dès le samedi soir sur les positions qu'il dc\ait occuper le lundi, le jour de la bataille; mais si, pour ne pas ébranler l'opinion traditionnelle, on a récusé purement et simplement le témoignage du moine de .Malmesbury (Babinet, op. cit., p. 109, n, i), il est impossible d'opposer la même fm de non-recevoir à l'assertion du Prince. Enfin, une chronique importante, la Scalacronica de Thomas Gray, presque inconnue en France, est en parfait accord avec le prince de Galles et avec VEulogium, Th. Gray, après avoir relaté la rencontre de la Chabotrie, en donne la date avec une précision inaccoutumée :« ...cest journée estoit le samady, le xvii jour de septembre, le disme semain (la dixième semaine) de cest veage », et ajoute immédiatement : « Le dymange suaunt, le prince se trey devers Payleris » (p 170).

3. Ëuloyium ibid. : « ... ubi (in illa sil\a| bac nocle exercitus ejus magnam passus est penuriam ob aquœ detectum ».

devers le Roi i. » Ceci est la version officielle, assez différente de la réalité, mais flatteuse pour l'amour-propre national, et qu'après la victoire il était facile de faire accepter en Angleterre. Pour s'avancer avec autant d'assurance, il aurait fallu que le prince de Galles sût, dès les premiers pas, où était le roi de France. Or, il ne l'apprit qu'un peu plus tard, et cette découverte contraria et modifia son plan primitif.

En effet, au lieu de marcher sur Poitiers, comme Pont écrit des chroniqueurs anglais 2, il s'en éloignait quand les renseignements fournis par ses éclaireurs le contraignirent de s'arrêter et de faire front ; il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup-d'œil sur la carte ; elle parle plus clauement que toutes les chroniques. L'opinion traditionnelle, d'après laquelle le Prince se serait efforcé d'échapper à son adversaire, demeure donc la plus vraisemblable 3. Elle n'a rien en soi qui puisse entacher la réputation militaire du fils d'Edouard lll K II n'est pas niable que depuis Monllouis, près de Tours, il avait constamment, et très sagement, battu en retraite. Brave de sa personne, ardent même, il savait pourtant peser les risques d'une aventure et ne pas s'y obstiner.

Quoiqu'il en soit, à deux lieues environ au sud-est de Poitiers, entre le hameau de Beauvoir et l'ancienne voie romaine conduisant à Limoges, ses éclaireurs lui signalèrent lennemi. L'armée française tout entière était en vue, prête à engager la lutte •^. Des ordres avaient dû

1. «... et reiidcmeyn (le dimanche) prismes nostre chcmyn tout droit devers le Roi et mandasmcs noz descovrcres qui tro\ereiit lui od son poair etc. ».

Eulo'jiuin, p. 222 ; « Die Dominica, lioc est xviii die mensis seplembris, summo mane, princeps iter suum direxit ad Poylers ctc » Même version dans la Scalacronica, p. 173 : « Le dymange suaunt, le prince se trey devers Payteris... »

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