‹ Histoire de Charles VChapitre 164 sur 381 · Chron. des quatre premiers Valois · texte numérisé non relu

Chron. des quatre premiers Valois

3. Poème du héraut Chandos, v. 889-917. Les détails donnés dans le texte ne se trouvent que là et pourraient en conséquence ne pas inspirer grande confiance. Il faut remarquer cependant que, précisément au sujet de ces conférences, le poète se réfère deux fois à la source qu'il a utilisée, à cette chronique en prose, non encore déterminée :

« Et, ensi corne dit le stille » (v. 8O7). <( Com j'ay oï en mon recort... » (v. 887). ^4. Froissart, V, 29 : « Le dimence, tout le jour, entendirent-il parfaitement à leur besongne, et le passèrent au plus biel qu'il peurent, et firent fosser et haiier leurs arciers autour d'yaus, pour estre plus fort ». 5. C'est naturellement la \ersion des chroniques anglaises. Eulogium, 111, 228 :

L\ .lOLRNEE DL ÏÇ) SEPTEMBRE

V. - La nuit vint sur ces entrefaites, et à l'aube du jour suivant, — lundi, If) septembre, - le cardinal de Périgord tenta une dernière dcniarcbe, fjui éclioua comme la première. Découragé, il reprit le chemin de Poitiers, tandis (piau mépris du droit des gens plusieurs chevaliers de sa suite restaient dans le camp français, pour combattre les Anglais *.

I! était alors sept heures et demie du malin en\iron -. La trêve con-

« Tola illadiclraclalninl de pelitioiie principis cl de pace firmaiida jcd panim profiiit. ÏSam FraïKi in (juautuiii puleraiit diï-tiileriint ul et cunciis illoriiin augaieiilarelur. Eodem eniiii die qvio traclaijant de pacc venerunt in subsidiuin régis Franci.e mille homines annali el quingcnti, et pediles ad magnum numeriim De c.rlcro Franci de pacc tepide traclabanl et fictc, quia videbant exercitum illorum semper augmcnlare ».

Scalacronica. p. i-'t : « .. Mais rien n'en pris à airccle (effel), mais ceo ne fusl fait, cora aparaunl fusl, mais (si ce n'est) pur laslcr le purpos de ly prince, et pur aloigner la bosoigne au damage dudit prince en défaut de vitail el autres estolTcris et en encressement (accroissement) de lour puair que louz jours en vindrenl... » Le Prince dit brièvement : « . . lequiel Irelé ne prist nul exploit... n Des deux cùlés, on était mécontent de rinlervenlion du cardinal : « Cliescun disoit en son [)arti :

« Cil cardinal nous ad Irai. »

« Car certes il n'avoit bon gré « Nonqucs grâce de nul coslé ».

(liéraul Chandos, yao-ysi, 920-927.) Th. Gray est plus juste pour lui : « ... tout en fist le cardynalpur bien. » /loc. cit.)

1. Froissart, V, 2ij-3o. — Scalacronica, p. 17') : « La trctice fust proioigné toute la nuyte ; lendemain au soleil levaunt reveint ly cardynal touz jours curions à deslourber le balail, en prcssaunt longs trewis (trêves) en queux pooit eslre trelé final pesé. Ly prince luy disoil touz jours qu'en ceo qu'il avoitpoair lise acordcroit volunliers, et ceo ne passcroil-il my. Le cardynal disoit que i! reirroit au roy de France et ly Icsseroil savoir eu le hour à quoi il le j)uroit altreire. Qi tost remaunda au prince qe la besoigne ny aloit en autre gisc, mais (si ce n'est, but) qe chescun en feist soun meiliour ».

Le cardinal revient au « soleil levant », parce que c'était l'heure à laquelle expirait la trêve conclue la veille.

2. Lettre du Prince : « ... lanqelc demein entour myc prime. . « C'est la vraie leçon du manuscrit, quoique le mot mye se lise difficilement. Mch.-Harris Nicolas a imprimé : un prime, ce qui n'a pas de sens. Ma lecture est confirmée par celle de M. Riley, qui a donné une traduction anglaise de ce document: « ... and nntil the morrow, about half Prime... » Une note explique les deux derniers mots : « Half past seven A. M. » [MemoriaLs of London, etc., p. 287 et n. !^). Je croirais volontiers qu'il était un peu plus tard que 7 h. 1/2, Pr/»ie, dans l'usage du xi\' siècle, désignant toujours une heure oi!i le soleil est levé depuis longtemps, et non point, d'une façon précise et invariable, 6 heures du matin (Guslav Bilfinger, Die M itielaller lichen Horen, etc., p. 3i, i3-i^).

32(S LA BATAILLE DE Pr)ITlERS

sentie la veille par le roi de France était expirée. Dans la nuit, le prince de Galles avait tenvi un conseil de guerre '. 11 avait été reconnu que l'innmobilité n'était plus possible, les vivres faisant défaut. L'armée française, abondamment pourvue de tout, voyait son effectif s'accroître d'heure en heure. Bientôt peut-être, profitant de sa supériorité numérique, elle envelopperait si bien la position anglaise, que toute issue serait fermée à ceux qui l'occupaient. Mieux valait risquer une lutte inégale que de subir une capitulation déshonorante-. Le parti qui prévalut est indiqué par le Prince lui-même en des termes qui sont loin d'avoir toute la clarté désirable.

« Et pour défaut de vivres, écrit-il, aussi bien que pour autres occasions, accordé était que nous devrions prendre notre chemin en côtoyant par devant eux, en telle manière que, s'ils voulaient la bataille ou traire devers nous, en un lieu qui n'était pas très grandement à notre désavantage, nous les préviendrions, et ainsi fut fait ; sur quoi la bataille se prit, etc.^ »

Il s'agissait évidemment de continuerla marche dans la direction du sud, interrompue la veille, et la manœuvre ne laissait pas que d'être périlleuse, car c'était prêter le liane aux Français. La retraite devait donc s'efTcctuer sans précipitation, par échelons, en gardant ou en prenant un point d'appui sur le terrain qui allait être abandonné. Le

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