Héraut Chandos, v
(c Ensi devisèrent la nuyl ».
2. Froissait, V, aij : « Au voir dire, il iie ressongnoietit point tant le bataille que il faisoient cej:juc on ne les tenist en tel estât, ensi que pour assegiés et alTamés x.
3. Voici le texte même de la lettre : « Et pur defaute des vitailles, si bien pur autres cnchesons, acordé estoit qe nous devericns prendre uostre chemyn en cosleant par devant eux en tien manere qe, s'ils voiloient la bataille ou trere devers nous, en lieu qe n'cstoit mye très graundemenl à noslre desavauntage, qe nous le preiudreins, et ensint estoit fait; sur quoi la bataille se prist, etc. »
Le sens des mots : nous le preiudreins est très obscur. 11 se peut qu'ils signifient tout simplement: nous prendrions, nous accepterions la bataille. Il ne faut pas oublier que la lettre du prince n'est connue que par une transcription dans un registre du Guildliall, et qu'au milieu du xn" siècle la langue française est cvtraordinairement déformée en Anglelerre. M. Riley a compris ce passagecomme jel'ai fait moi-même : (' And for default of victuals, as well as for otlier reasons, it was agrecd that vve should take our way, flanking them, in such manner that, if they wished for batlle or lo dran towards us, in a place that was not very much to our disadvaiitage, vve should be the first ; and so forlhvvith it was done. Whereupon battle was joinod, etc. » We should be the fi rsl est un peu à double entente. Nous les préviendrions sur la position ou en attaquant les premiers :'
LV JOinMCE DL' 19 SEPTEMBRE 239
chemin, près duquel les Anglais s'claicnt arrêtés, Iravcrsait le Miosson au (' Gué de l'homme » et conduisait, par les Koches-Prémarie, au hourg de kl Villedieu, siège dune commanderic de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem '. Une fois ce pas franchi, et si elle parvenait à retarder suffisamment la poursuite des Français, l'armée anglaise était hors d'atteinte et maîtresse de ses mouvements -. On remarquera que le prince de Galles ne fait aucune allusion au jiassage du Miusson. In seul chroniqueur, le héraut Chandos, — qui n'est pas [)our Poitiers un témoin oculaire'' — , parle de la « rivière », que lavant-garde avait déjà traversée quand l'action s'engagea. Le Baker de Swynebroke, qui n'est pas toujours aussi clair, a quelques mots singulièrement justes, et qui lui viennent de bonne source, sur ce cours d'eau, coulant au milieu d'une vallée large et profonde, à travers des prairies marécageuses '*. C'est bien le Miosson qu'il a voulu désigner, et si, en général, les chroniqueurs n'ont pas mentionné ce ruisseau, c'est qu'il n'était pas, pour une armée, un obstacle très sérieux, lors même qu'il n'eût pas été guéable au point oîi il fut franchi par les Anglais ■'.
Le prince de Galles avait réglé l'ordre de marche de la façon sui-
I. Une très ancienne roule — romaine peut cire — conduisanl à Pcrigucux passait par la Villedieu. Un sentier menait à travers bois du Miosson aux Rochcs-Prémarie (Renseignements fournis par M. Alf. Richard, archiviste de la ^ ienne).
La Villedieu ; Vienne, arr' de Poitiers, ch.-l.dcc". — Les Roches-Prémarie; Vienne, arr' de Poitiers, c°° de la \ ille-Dieu, c"' d'Andillé.
Gué de l'homme. Autrefois Gué de l'oulme, de l'oume : probableuuMit de l'orme.
3. Le général Kôhler a bien compris, par l'examen de la carie, l'importance de la Villedieu : « Die Stellungvon Mauperluis gab ihm (dem Prinzen) die Freiheit der Bewegung wieder. Seine Lage war jedoch immer ooch einc sehr schwicrige. Der Mangel an Lebensmitteln hatte sich seit einigenTagen in bedrohlicher Wcise eingestellt und es wârc fiir die Franzosen ein leichtes gewesen durch die Besetzung von Ville-Dieu und dersclnvierigen(?) Uebergànge iiber derMiosson ihm den Riickzug von Neuem zu verlegen. Verstandern die Franzosen ilir Handwerk nur cinigermassen, se konnten sie ihn vollkommen aushungern ».
3. « Mais à ce que j'oy conter « (v. iSôg) : « Et à ce que je entendis » (v. 1874) : « Si com j'oy en mon recort » (v. iSgg). Cf. Babinet, op. cit.. p. 186, et l'introduclion de Fr. Michel, p. xiv. — S. Luce a donc eu tort d'écrire : « Ce qui est certain, c'est qu'aucune chronique française ne mentionne cette particularité d'une importance capitale : elle a été révélée par un héraut d'armes anglais qui assistait à la bataille » (Du Guesclin, p. 170).
4. « ... ampla profundaque vallis et mariscus torrente quodam irriguus » (Chronicon, p. 147).
5. Un pont, utile aux grandes eaux, y a été construit il y a quelques années, en 1896, si je ne me trompe.
vante ^ : en tète, le convoi "^, escorté par le comte de Waruick, qui devait commander l'avant-garde; en queue, le comte de Salisbury avec Tarrière-garde ; au centre, le gros de l'armée, dont le fils d'Edouard III s'était réservé le commandement, et destiné à supporter ou à fournir le principal efTort de la jjataille.
Le mouvement commence 3. Rapidement, le Prince a occupé, sur sa droite, un emplacement, choisi et reconnu d'avance i, qui commande sa ligne de retraite et permet de mieux voiries positions ennemies. 11 a fallu en chasser les Français, mais ceux-ci, trop peu nombreux, n'ont pas fait une longue résistance^. S'agit-il ici de/>e/7io/i, l'un des points culminants