‹ Histoire de Charles VChapitre 166 sur 381 · Le hcratit Cliandos, v. loGg-ioyS · texte numérisé non relu

Le hcratit Cliandos, v. loGg-ioyS

2. Réduit évidemment au strict nécessaire. \o\. Villaiii. lilj. \li, cap. \vi ; Miiratori,XI\', col. 4i5 IttG : « L'ordincdelli Inghilesi con le loro scliiere ».Le Prince fait brûler devant son camp tout le gros butin ; la fumée dissimule les mouvements des Anglais, etc.

3. L'interprétation des textes est très délicate. Il est certain, cependant, c[uc, le lundi matin, les Anglaisent été a'taqués en pleine marche, mais pas à l'improviste, que la bataille s'est livrée non loin du Miosson et a eu son épilogue près des Bordes, beaucoup plus au ^ud que les positions occupées de pari et d'autre dans la journée du dimanche.

/(. Plusieurs reconnaissances furent faites le dimanche, par les Anglais comme par les Français (Froissart, V, 37). Le lundi malin encore, le prince de Galles chargea d une mission de ce genre Eustache d'Auberchicourt et le sire de Curton qui, trop imprudents, se firent prendre par les Français (Héraut Cliandos, v. 1 102-1 iig).

5. 11 faut ici citer tous les textes. Je rappelle d'abord la lettre du prince de Galles (Voy. ci-dessus, p. :;28, n. 3) : «Et pur defaule des vilailles etc. ».

Eulogium, III, 224 : « Princcps aulem cum suis tractavit quam viam crga advcrsarios suos suscipcrct fnous sommes au lundi malin/. Erat cnim inter eos nemus densum, pcr undique fossalum, cl super foveam una haia alla spineta, ubi nuUus patebat adilus, sed in uno loco lantum ; dictum fuit quod cuneus Francorum fuit in illo bosco. Fuit ibi una porta qua- vocalur in lingua anglicana lipzet, ubi quinque homincs armali posscnl inlroire fronte erectaetnon plures. Princcps dcxlrarium suum calcaribus urgens sallari fccit ullra foveam et haiam. . F'acto ilatjue congressu, Victoria nulu divine remisit (remansit) Anglis de illo conllictu facto in illo boscagio. Ipsis (Francis) devictis, occisis, caplis et fugatis, apparuerunt principi et sviis exercitus magnus Francorum in tribus inagnis aciebiis divisis (ou divisus), quaplibet acies habens alas suas ».

Le Baker, p. iVj-1'17 : « Talia dicens (princcps), prospexit ^<o/yo(jrs le lundi malin/ quod erat e vicino laleraliter mous quidam sepibus el fossis ad extra redunilus, ad intra vero distinctus, quippc ex una parle pascuus, et ibi dumis condensus ; ex alla vero vineis consitus, et ex rcliqua sacionalis ; in cnjusjugo sacionali coortem Francorum perpcndit residere. Inler nostros et monlem erant ampla profundaque vallis et mariscus, torrente quodam irriguus. Ad salis angustum vadum principis turma cum carriagiis torrcntem prcleri\ il, cgressaque vallcm trans sepes et fossas occupa- \H collcm, ubi inter \irgulla fucililer occultabalur. luci municionc hostibus alcior

LA JOLIO'EE DU |() SEI'TF.MHHE 2ùl

du plateau de Nouaillé? * Peut-être, mais toutedétermination précise est, en soTiinie, conjecturale. La Doteric, entre Beriion et les Bordes, conviendrait tout aussi bien. En efTet, le terrain en avant aboutit à une sorte de crête rocheuse, dominant la valh'e du Miosson, et donne des vues suffisantes sur une croupe, en partie boisée, en partie cultivée, oîi la lutte s'est terminée par la capture du roi Jean. Non loin du « Gué de l'homme )), le Miosson ferme une presqu'île qui porte encore un petit bois et des champs, dont la réunion ctmstituail jusqu'à la findu xviu' siècle le « tèncment » ou « champ d'AlcxantIrc » -. C'est là (pie le roi de France s'était établi avec la plus forte de ses batailles, les deux autres et l'avant-garde étant, sans doute, massées à proximité des Bordes 3. Les .\nglais ne pouvaient et n'entendaient pas prononcer davantage leur marche offensive, le but du prince de dalles étant simplement de protéger l'écoulement de son convoi. Le contact pris, ils s'arrêtèrent dans quelque u grand champ » '», où donnait accès un seul pas.>jage, ménagé pour les besoins de la culture ■•, celte brèche ouverte dans la

inciinibens. Campu.s in quo rcsidcbanl nostra prima secundaquc (s/c ; secunda Icrliaquc) cuilodia disliiigueijalur a planicie qiiain occiipa\ it cxercilus Francus sepe lonf^a siibterfossala, cujus altorum extremiim ileclinavil iii mariscnm prefaluin etc. ».

Evidemment, des détails sont à rejeter, des confusions ont pu être faites par les chroniqueurs avec les faits de la veille ou des phases ultérieures de la bataille, mais il est difficile de no pas voir, dans ces deux récits, que le mouvement des Anglais a commencé par l'occupation d'une nouvelle position.

1. Le colonel Babinet place les Anglais à Bernon, dès le début, c'est-à-dire, pour lui, dès le samedi soir. — Bernon, lieu dit de la commune de Nouaillé, à 700 m. de la Cardinerie et à i.5oo m. du Miosson.

2. Arch. départ, de la Vienne. Fonds Nouaillé, Carton 8, n" 8, 19, 21 ; 76(d., Liasse ij. — L. Rédet, Dictionn. topogr. de la Vienne, \° Alexandre. — Le « Champ d'Alexandre » n'est plus connu aujourd'hui sous cette appellation. Le bois qui, très anciennement, portait le même nom fneinus Alexandri) est encore dit : Bois Boulet, comme au xviu' siècle.

3. Du lieu dit T'ineneuce (cadastre) entre la Doterie et la crête rocheuse dont il est question, on s'explique bien une phrase, assez énigmatique de Le Baker : « Inter nostros et montera erant ampla profundaque vallis et mariscus torrente quodam irriguus ». De là, ainsi que du chemin du Miosson, suivi par l'avant-garde anglaise, les positions françaises et anglaises apparaissaient comme séparées par une portion de vallée comprise dans une boucle de la rivière, entre le « Gué de l'homme » et le « Gué de Russon », par où l'on monte au Bois Boulet et à l'ancien Champ d'Alexandre.

h- Citron, normande, iiA : « Les Englois... estoienl embatailliez en un grant champ de vignes ».

5. Le Baker, p. 1^7 : « In superiore parte sepis, a declivo bene remota (il s'agit de la i>enle qui descendait au .Miosson/ fuit teraesis quedam patula vel hyatus, quem

haie de clôture, que menlionnent toutes les chroniques '. Us étaient donc, comme précédemment « en très fort lieu », au milieu des vignes et des broussailles, leur gauche descendant jusqu'au marais du Miosson, leur droite appuyée à Bornon ou à la Doterie. Déjà Warwick était arrivé dans la vallée du Miosson et une Traction au moins de l'avantgarde avait passé sur la rive opposée-.

Cependant, les Français n'ont pas tardéà s'apercevoir que les Anglais abandonnent leurs premières positions. Manifestement, ils quittent la place ; ils fuient. Si on les laisse faire, ils vont se dérober, comme le duc de Lancastre dans une circonstance récente 3. L'avant-garde, à qui on avait laissé ses chevaux, est aussitôt envoyée en reconnaissance ^. Elle élait sous les ordres de ses chefs habituels, le connétable et les deux maréchaux, et, suivant l'usage, on y avait incorporé tous les chevaliers étrangers, — allemands, savoisiens -^ ou autres — , aux gages de

bigarii fecenint in auluinpno...)) Ce dernier détail esl de ceux qui ne s'invenlent pas ; il vient d'un témoin oculaire. Cf. le texte de VEulo(jiuin déjà cité : « ... ncmus densum, per undique fossatum et super foveam una liaia alla spineta, ubi nullus palebat aditus, scd in uno loco tantum etc. ». La Chron. norin. dit seule, si je ne me trompe : « ... en un grunt cliami) de vignes, clos de haies, oh il avait iiluscurs brèches... » (p. 1 1^).

1. Le Baker, ;/;((/. ; «... aqiuj (liyalu) remota jactii lapidis stclit nostra tercia turnia, cui cornes Saresburiensis prcsidebat )).

2. Ibid. « Declivum marisco iiicumbcntcm tenuit cornes Warcwycensis, dux et moderalor agniinis primi »,

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