Froissart, ^", 38. — Scalacronica, p
2. D'après les sources anglaises, la bataille du Roi marchait contre la position anglaise, lorsqu'elle fut chargée par le prince de Galles. Le corps à corps se serait même produit aux abords de la position, mais il doit y avoir là quelque confusion avec l'attaque conduite par le dauphin, la seule, qui, au début, tout au moins, ait été menée vigoureusement et à fond. H faut remarquer aussi que la bataille du Roi fut également attaquée en queue ou en flanc, soit par le captai de Buch qui aurait simulé une fuite, soit par le comte de Warwick, revenu de la poursuite des fuyards (Chandos, v. 12^8 et suiv. — Le Baker, p. i5o-i5r. — Scalacronica, p. 174 : «... ove la batail le Roy qi descenduz estoit à pee, qi ala chevalerousement pur assembler sur la batail le prince etc. »). .^
3. C'est à propos de l'attaque de flanc dirigée contre la bataille du dauphin, que Froissart (^', 38) signale la marche en avant des archers anglais : « Au voir dire, li arcier d'Engleterre portèrent à leurs gens moult grant avantage et trop esbahirent les François ; car il traioient si ouniement et si espessement que li François ne savoient au quel lés entendre que il ne fuisent consicvi dou tret, et loutdis s'avançaient il et conquéraient terre ».
de beaux faits d'armes qui, sans atténuer le désastre, sauvèrent l'honneur, bien compromis par les défaillances dune partie de l'armée '.
Les Français laissèrent beaucoup de morts illustres sur le champ de bataille 2; il en faut nommer au moins un ici : le duc Pierre de Bourbon, le père de la dauphine ^. Le nombre des prisonniers fut considérable aussi '\ Si, dans cette journée, quelques Anglais, comme James Audley, se signalèrent par une folle bravoure, les Gascons firent, moins bruyamment, d'aussi bonne besogne. Leurs instincts guerriers eussent suffi à les entraîner au plus fort -de la mêlée, mais, par surcroît, la fortune leur offrait une aubaine inespérée, qu'ils ne laissèrent pas échapper. La plupart des prisonniers de marque tombèrent entre leurs mains et ne recouvrèrent la liberté qu'en payant d'énormes rançons. Presque tous furent rachetés pour le compte du roi d'Angleterre. Il s'en fallut de peu que le roi de France lui-même ne fût pris par les Gascons ; du moins, revendiquèrent-ils pendant un certain temps cette capture, et l'un d'entre eux mit une singulière obstination à faire valoir ses droits personnels.
Peu à peu, le cercle des ennemis s'était resserré autour de Jean II, à mesure que ses défenseurs tombaient l'un après l'autre. Le Roi continuait à lutter bravement, mais sans espoir. Serré contre lui, son plus
1. Froissart, V, 47 : « Et y fu (à la bataille) H rois Jehans de France de son costé très bons chevaliers; et, se la quarte partie de ses gens l'euissent ressamblé, la journée euist esté pour yaus, mais il n'en avint mies ensi. Toutesfois li duch, li conte, li baron, 11 chevalier et li escuier qui demorèrent se acquittèrent à leur pooir bien et loyaument.et se combatireut tant qu'il furent tout mort ou pris. Petit s'en sauvèrent de chiau, qui descendirent à pied sur le sablons datés le roy leur seigneur ».
Les Grandes Chron., VI, 32-33, disent sans ménagement : « ... et pluseurs des dites batailles de la partie du lloy de France, tant chevaliers, comme escuiers, s'en fouyrent honteusement et villainement ». Elles attestent la bravoure du Roi, « qui si vassaument se porta comme chevalier peust faire ». On retrouve la même note dans la plupart des chroniques françaises (Jean le Bel, II, 2 35 ; Contin. Clironici Guill. de .Xangiaco, II, 2^0-2^1 ; Contin. de Richard Lescot, io3).
2. 11 est impossible de reproduire ici les évaluations divergentes des chroniques. D'après les sources anglaises, il y aurait eu de 2.000 à 3. 000 morts de toute condition.
3. Gr. Clir., VI, 33 : « Et là furent mors, de la partie du dit roy de France : le duc de Bourbonnois etc. ».
4. Les chroniques françaises disent nettement ou insinuent qu'il y eut du côté des vaincus plus de prisonniers que de morts. D'après les sources anglaises, c'est le contraire qui serait vrai. Le nombre des prisonniers aurait été de 2.000 euNiron, pour 2.4oo à 3.000 morts.