Gr. Citron., VI, 30; Journal des Etats, p. aô
2. Gr. Chr., VI, 36-87. — Le duc de Normandie écrivit bien au Pape, mais pour lui recommander l'archevêque de Rouen et se plaindre des exigences des Etats qui voulaient écarter de lui les anciens conseillers de son père. C'est ce qui ressort de la réponse d'Innocent VI, en date du 9 novembre i35(5 (Reg. Vat., 288, fol. 281'°).
Voy. dans le même sens, une lettre du Fape à Pierre de la Forêt, également du y novembre {ibid., fol 282").
3. Simon de Bucy est très connu. 11 ('tait lils d'un « clerc et seigneur en lovs », (]ui portait, comme lui, le prénom de Simon et était, en 1811, procureur du Roi au parlement de Paris (Arch. nat., X'.\ 3, fol. 52"). Simple clerc du Roi, tout dabord, il devint assez rapidement procureur général, puis président et enfin premier président au Parlement. De boime heure, la charge de maître des retiuètes de motel lui avait donné lonlréc aii (!rand Conseil. Vers le même temps (i885), il se fai-
SESSION D*OCT0IiRE [356 255
été premier chambellan de Jean II' ; Nicolas Braque, chevalier et maître d'HôlcI du Roi, précédemment son trésorier, puis maître de ses comptes-; Enguerrand du Petit-Cellier, bourgeois de Paris et trésorier de France''; Jean Poilevilain, bourgeois de Paris, « souverain maître des monnaies n et maître des comptes du Roi* ; Jean Chauveau, de Chartres, trésorier des guerres^. Tous les sept auraient à répondre devant les commissaires des Etats aux accusations dirigées contre eux ^. S'ils étaient reconnus coupables, ils seraient punis; si leur innocence était démontrée, — c'est-à-dire, sans doute, s'ils n'avaient abusé de la faveur royale que pour s'enrichir trop rapidement et outre mesure, — ils n'en
sait aiioljlir et prenait le titre tle clK'xalicr. Conseiller et chancelier du duc de Normandie, il fut, à laNènenient de son maître au tri)nc, retenu du •( grand ol secret conseil », tout en faisant bien spécifier qu'il restait président au parlement de Paris et premier maître des reciuètes de rilôtel (Bihl. de la Ville de Rouen, Collect. Menant, XIll, G'°-- ; tj avril iSôi). Son intluencc ne fil dès lors que s'accroître, et il en profila pour amasser une grosse fortune. — Les renseignements qui précèdent sont presque exclusivement tirés de l'article déjà cité de M. Valois (Le gouvernement représentatif en France au XIV' s., p. 8-io). — Voy. aussi F. Aubert, Le Parlement de Paris. Son organisation. Paris, Picard, i880, in-8', p. 78-82.
1. Robert de Lorris, chevalier, seigneur d'Ermenonville, <( conseiller du Roi » en i3i7 ^'^ chargé dune mission à Avignon, probablement pour les affaires du Dauphiné. Chambellan de Jean, duc de Normandie, puis du Roi lui-même, après son avènement au trône. Comblé de faveurs, comme Simon de IJucy ; disgracié après le traité de Mantes pour n'a\oir pas révélé certaines circonstances du meurtre ilu connétable dont il avait eu connaissance. Dès i355, il était rentré en faveur (N. \ alois, op. cit., p. 7-<|. — Bibl. nal., P. O. 1733, d. 4oGii, Louris).
2. Nie. Braque, fils d'un bourgeois de Paris, Ernoul Braque, anobli sous Philippe VI. Il était chevalier, et aux titres qui lui sont donnés par les Grandes C/ironiques, il joignait ceux de maître d'Hôtel du Roi, de membre du grand et secret Conseil. L'un des plus disqualifiés parmi les Conseillers de Jean II (N. Valois, La revanche des Frères Braque (Extrait du tome X [i883] des Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris et de l'Ile-de-France), p. O-7. Il avait un frère, Amaury Braque, également maître des comptes.
3. Conseiller lai à la Chambre des enquêtes (i3io), puis trésorier de France (N. Valois, op. cit., p. ij. — Aubert, op. cit., p. 371 ; Bibl. nal., P. 0. 2262, d. 50.997, Petit Cellier).
'4. N. Valois, Op. cit., p. 9.
5. Frère de l'évêque de Châlons, mort à la bataille de Poitiers, et de Pierre Chauveau, trésorier de Normandie (Bibl. nat., P. O. 721, d. iG.^gS, Chauvel).
G. Je ne crois pas qu'il faille mettre sur cette liste, avec le premier président S. de Bucy, les deux autres présidents du Parlement, Jacques La Vache et Pierre de Demeville (Gr. Chron., VI, 37, n. i). Le passage de la Chron. norm., où ils sont nommés (p. 118) me paraît se référer à l'épuration du Grand Conseil et du Parlement, qui eut lieu quelques mois plus tard.
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perdraient pas moins tous leurs biens et demeureraient à perpétuité incapables d'exercer aucun office royal'.
Si large qu'il faille faire la part aux passions politiques ou aux haines privées, il est certain que le réquisitoire des Etats était fondé; il dénonçait de vrais coupables. On a pu constituer le dossier des conseillers de Jean II, et l'on n'est pas médiocrement surpris de ce que les pièces originales révèlent sur la plupart d'entre eux-. Que ces bourgeois de (( petit état » ^, ces parvenus, dont Jean II s'était engoué, aient réussi à se pousser par tous les moyens, et que leur avidité ail encore passé leur ambition, nul ne songerait à s'en étonner. Mais les abus de pouvoir les plus manifestes, les malversations, même les crimes ou les trahisons, voilà ce que leurs contemporains leur reprochaient à juste litre. Fréquemment, des lettres de rémission étaient sollicitées et obtenues pour réparer ou prévenir une disgrâce. C'est une figure curieuse que celle de Simon de Bucy, qui mourut en plein règne de Charles V, chargé d'honneurs * ; le type des « chats fourrés » auxquels du Guesclin voulait faire rendre gorge ; quémandeur insatiable, souple et autoritaire à la fois, l'instrument des répressions sanglantes ^ et l'homme nécessaire, car il a été mêlé à tous les grands événements de son temps. Robert de Lorris. le chambellan, est loin d'avoir la même notoriété ; mais ses torts ont été plus graves encore, son rôle plus louche. 11 a trompé la confiance du Roi, et peu s'en est fallu qu'il ne lassât la clé-