Gr. Chron., VI
2. Rey. Vatic, ^38, loi. 237'° (Avifïnon. u) orlobrc i3.j(;). Lcllrcs aux cardinaux de Tallcyrand et Nie. Capoeci : « ... id idem injniiximiis ut in casu (juo I)eo propitio contingcrct te super negolio pacis lue promotioui couimisso alitpiem utiliter subire Iractalum, carissiml in Cliristo filii nostri Caroii, régis Navarre iilustris, ul videlicet in pace includeretur hujusmodi, memor esses... Et quia negotium hoc mentem nostram intentia cotidiana solicitudinis defatigat etc... »
Même registre, fol. 238'° (Avignon, 28 nov. i35(j). Aux mêmes. « Ante discessum tuum et postf[uara discessisti a nobis pcrpendisti plene in negociis carissimi in Christo filii noslri Caroii, régis Navarre iilustris, nostram verbe et lilteris voluntatem, que cum incremento temporis, suadenle carilatc quam ad eundem rcgem gerimus, et nccessariis etiani exposcentibus causis, crcvit et crescit. Et ideo sub compendio super hujusmodi negociis transeuntes, volumus ut pro fine bono eisdem imponeiido negociis sicut menti nostre fervenler inesse ac utilitati publiée patenter expedirc cognoscis, des opem et operam cum omni studio, industria et diligentia efQcacem ».
3. Grandes Chroniques, M, 37-38. — Continuation de la Chronique de Richard Lescot, io5. — UActe d'accusation insiste naturellement beaucoup sur ce point (art. ôa, 53, 68). Le Journal des Etats le passe, au contraire, complètement sous silence. Il laisse, il est vrai, percer l'intention de placer le dauphin sous la tutelle des trois ordres, mais, sans doute à dessein, il ne s'exprime à cet égard que d'une façon vague. Il semble que les députés se fussent contentés d'un remaniement du « grand et secret Conseil », où un certain nombre d'entre eux auraient été appelés à siéger.
Cette question sera reprise un peu plus loin à propos de la deuxième session des
I Etats (février-mars 1307).
258 LES ÉTATS GENERAUX DE l35G ET DE 1^5']
mais on ignore sur quoi portaient d'autres requêtes, u grosses et pesantes », qu'il dut subir *.
Le duc de Normandie, sans laisser paraître ni étonncment, ni colère, répondit que «volontiers» il délibérerait avec son Conseil surla communication qui venait de lui être faite ; mais il désirait savoir quel serait le prix des concessions qu'on attendait de lui, quel subside il obtiendrait en relourde son acquiescement aux vœux des Etats. La réponse des élus fut que les Etats étaient dans l'intention de faire payer aux gens d'église, avec l'agrément du Pape, un dixième et demi de leurs revenus pendant un an ; les nobles devaient être soumis au même impôt. Quant aux gens des bonnes villes, ils « feroient pour cent feux un homme armé ». C'était là une aide « merveilleusement grande », et qui suffirait à l'entretien de 3o.ooo hommes d'armes pendant un an ^. Le montant de cette imposition se serait donc élevé, à peu de chose près, à 5.O0O.0O0 de livres, comme le subside déjà octroyé en i355 3.
Quoi qu'il en soit, le dauphin, après avoir entendu les requêtes des Etats, s'était retiré pour délibérer avec son Conseil sur le parti qu'il aurait à prendre. Il devait faire connaître sa réponse le lendemain, dans l'après midi. Enconséquence, ilréunitau château du Louvre plusieurs princes de son lignage et quelques autres chevaliers. 11 leur exposa la situation et leur fit connaître les demandes formulées par les Etats. Evidemment, de pareilles prétentions furent jugées inadmissibles. Le lendemain, au lieu d'envoyer aux Etats une réponse catégorique, comme il l'avait annoncé, le dauphin essaya de négocier avec eux, pour les amener à se montrer moins exigeants, notamment sur les points qui formaient l'objet de leurs trois principales requêtes (destitution des conseillers du Roi, mise en liberté de Charles de Navarre, formation d'un conseil souverain de vingt-huit membres). Ces requêtes touchaient l'honneur du Roi, et le duc de Normandie n'oserait jamais, sans l'autorisation expresse de son père, prendre des engagements aussi graves ''. Les élus furent intraitabies. Les princes et les chevaliers, que le duc avait appelés auprès de lui, conseillèrent alors