G. Picot, Hisl. des Etats Généraux, I
h. Gr. Chron., VI, SS-Sg. — Journal, p. 25-26. On trouve dans ce dernier document quelques renseignements de plus que dans les Grandes Chroniques sur les démarclies faites auprès des Etals par de grands personnages de l'entourage du daupliin.
SESSION d'octobre i356 25g
de céder à la nécessité, puisqu'il fallait absolument obtenir un subside '. 11 fut donc décidé, à la demande des trois Etats, que le lundi' suivant, 3i octobre, les députés se réuniraient en assemblée plénière dans la chambre du Parlement, pour qu'on put « oyr tout ce qu'ilz vourroienl dire publiquement » -.
Le dauphin, déjà ému et courroucé de ce qu'il avait entendu aux Cordeliers, ne put se résoudre à subir un nouvel affront et à le subir en public. Ne sachant comment s'y soustraire, il imagina de s'adresser à d'autres conseillers que ceux qui avaient été consultés les jours précédents. On peut supposer que c'étaient les conseillers habituels de son père, tenus jusqu'alors à l'écart à cause de leur impopularité. Mis au courant de la situation, ils déclarèrent qu'il était impossible de subir les exigences des Etats, d'autant plus que l'aide offerte était manifestement insuffisante '^ Elle ne permettait pas de solder 3o.ooo hommes d'armes, mais huit ou neuf mille, tout au plus, en comptant un demi florin à l'écu par homme et par jour '». Leur raisonnement parut si décisif, qu'il convainquit les conseillers de la première heure, présents, eux aussi, à l'entretien et qui, la veille, peut-être, s'étaient résignés aux concessions les plus humiliantes. Ils changèrent d'avis et poussèrent le dauphin à la résistance. Mais comment résister ? Dans quelques heures, — on était au 3i octobre, — allait s'ouvrir la séance
1. Ce revirement est bien marqué dans le Journal, par la double démarche des princes, qui essaient tout d'abord d'obtenir des Etats des conditions moins dnres, et qui reviennent ensuite déclarer, par l'organe du duc de Bretagne, que le conseil donné par les trois ordres est « bon, juste, loyal et raisonnable ».