‹ Histoire de Charles VChapitre 195 sur 381 · Gr. Clir., VI, 3(j · texte numérisé non relu

Gr. Clir., VI, 3(j

3. Ils ont donné leurs raisons dans l'Acte d'accusation, n"" 72-78, et je cite le passage tout entier, car il y a évidemment quelque chose à retenir de cette argumentation : « Les quelles olTres sont moût petites, ne n'estoient à accepter pour pluseurs causes : l'une, car en vérité elles ne sont pas de si granl value comme il convient pour le fait de la guerre; l'autre, car elles ne sont pas si prestes comme il est besoing pour le fait présent de la guerre ; la tierce, car en vérité l'execucion en est aussi comme impossible, ou au moins si fort, que elle vaudroit pou ou nient. Et ce appert assez par le moïen et le darrenier subside, de quoy l'en n'a pas peu lever le vintisme ; l'autre, car ce engend[re]roit sedicions, descors, divisions et rebellions ou peuple ; et seroit fort ou impossible de savoir le vaillant de chascun, si comme il appert par les autres subsides; l'autre, car les condicions que il demandoient sont impossibles et non faisables de droit. »

73. « Item, que les yens d'église demandoient quittance et remission du disièmejà accordé, et ainsi appert que il ne accordoient que demi-disième ».

'i. Gr. Chron., Yl, Sg-.'io. Les Etats sentirent jusqu'à un certain point la force de l'objection {Jouriud, '(4).

aÔO LES ÉTATS GÉNÉRAUX DE l356 ET DE l357

des Etals, et une foule nombreuse, avide d'entendre l'évèque de Laon, se pressait déjà dans la Chambre du Parlement.

On suggéra au dauphin un expédient qui, le tirant provisoirement d'embarras, ne tranchait rien et laissait l'avenir plein de menaces. Le prince se trouvait alors dans la Cité, u à la pointe du Palais». 11 appela auprès de lui les meneurs des Etats : Raymond Saquet, archevêque de Lyon * ; Jean de Craon, archevêque de Reims, et Robert le Coq, évêque de Laon, pour les gens d église ; Waleran de Luxembourg 2, Jean de Gonflans, maréchal de Champagne 3, Jean de Picquigny, gouverneur de l'Artois '*, pour la noblesse; Etienne Marcel, prévôt des marchands, Charles Toussac, échevin de Paris, et quelques autres députés des bonnes villes ^. Tout récemment, étaient arrivés à Paris des messages du roi de France et de l'Empereur. Le duc de Normandie communiqua aux députés les nouvelles qu'il avait reçues de son père et de son oncle, en leur demandant si elles n'élaient pas de nature à faire difl'érer de quelques jours la séance annoncée. Tout le monde s'accorda, avec plus ou moins de sincérité, à dire qu'un délai s'imposait 6, et la séance fut renvoyée au jeudi suivant, 3 novembre. Le duc d'Orléans et plusieurs conseillers du dauphin accompagnèrent les députés jusqu'à la Chambre du Parlement. Le duc harangua le peuple assemblé et lui fit entendre pour quelles raisons il n'était pas possible de donner aux membres des Etats une réponse immédiate. Il ne se contenta même pas de quelques vagues allusions, et la foule put croire qu'elle était mise au courant des secrets d'Etat '.

Le dauphin obtenait ainsi un répit momentané; de plus, un germe

1. Ou mieux : Raymond Sacchetti, car il était trunc famille noble de Florence, et apparenté peut-être à un conteur italien bien connu. Franco Sacchetti. Membre du Conseil du Roi et conseiller au parlement de Paris (i33i-i33G). Evêque de Thérouanne ; archevêque de Lyon, i3d5; mort en i358.

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