‹ Histoire de Charles VChapitre 2 sur 381 · Voy. ci-dessus p. iv, n. i · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus p. iv, n. i

6. OFuiTCS com/)/<"<es, Paris, Firmin-Didot, t. lll, i853, p. q66 : « Cependant Charles son nis (de Jean 11). justement surnommé le Sage, réparait les ruines de son pays par la patience et par les négociations. »

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ait concfiiis une sorte do popiilarilé. Kn l'jCA), lAcaclFiiiic française mit son éloge au concours, et à voir le nombre des concurrents, comme la notoriété de quelques-uns d'entre eux. on ne saurait douter (|ue le sujet ail été bien accueilli. Le 20 juillet 1767. le prix lut, à runaniniilé, décerné à la llaipe*; un homme obscur, l'abbé Ménard, obtint l'accessit. ^lais beaucoup d'autres avaient concouru'^, c[ui. quoique frustrés de toute récompense, firent imprimer leurs essais ; l'abbé Maury, notamment ^, et Jean Sylvain Bailly, le futur maire de Paris ''. llien déplus pauvre que ces « éloges », dont le seul mérite est de montrer l'idée que le public lettré se formait de ( liarics V. Idée très fausse, car « un sage sur le trône » élail, au \i\'' siècle, tout autre chose que le roi «philosophe»-' ouïe roi ((sensible », cher aux écrivains du xvui" siècle ; idée très confuse aussi, car pour tracer le portrait d'un monarque accompli, les concurrents s'étaient beaucoup ressouvenus de Louis XII ou d'Henri IV. Visiblement, Charles V est. pour eux. une sorte de (( père du peuple », préoccupé de réduire les charges de ses sujets el. |)ai' une fortune rare, réussissant à faire leur boidieur. en dépit des calamités, qu'entraînent après elles les gueires. même les plus heureuses.

Tout a été renouvelé, au xix' siècle, en matière d'études his-

T. Œuvres coinpl.de Voltaire, mêmeédit., t. X, i8(h. Lettre ai'i. Paris, 21 juillet 17G7. D'Alembert à Voltaire. — Eloge de Charles V, roi de France. Discours qui a remporté le prix de l'Académie française en 1767, par M. de la Harpe. Paris, V" Regnard I17G7), 1-39 pages.

2. Même lettre : « 11 (La Harpe) avait vingt-ueuf concurrents etc. ».

3 Eloge de Charles V, roi de France, surnommé le Sage, par M. l'abbé Maury. Paris, V" Ducliesne, 17C7, iri-S".

ti. Eloge de Charles V dit le Sage roi de France [par Jean-Sylvain Bailly]. S. 1. n. d., ni nom d'imprimeur.

b. i< Ce que Platon souhaitoil pour le bonheur du monde... la France l'a vu, un Sage sur le trône .. », écrit l'abbé Ménard (Eloge de Charles V, roi de France. Discours qui a obtenu l'Accessit, au jugement de l'Académie fronçoise, en 1767. Paris, V" Regnard, 1767, 1-36 pages).

IMRODICTION

toriques : les méthodes, les sources, les inslruments de travail. Les histoires générales de France en oui grandement hénéficié. Ceci ne s'applique point à Sismondi. venu trop tôt et qui se rattache, en réalité. à l'ancienne école, quoique, par les préjugés et les tendances, il se sépare nettement de ses devanciers. Aucun historien n'a été aussi dur pour Charles V. Ce roi. qui non seulement vit enfermé « dans son cabinet », mais s'y cache, s'y dérobe, en quelque sorte, effraye par le mystère dont il s'entoure. Vindicatif, haineux, il demeure une énigme pour la postérité, d'autant plus que les chroniqueurs contemporains semblent l'ignorer et n'en parlent, pour ainsi' dire, jamais. Et cependant les résultats de sa politique ont été si considérables, ils sont d'une telle évidence, qu'il faut bien confesser que cet homme impénétrable « ne fut pas un homme ordinaire » '.

Quelques-unes des meilleures pages de Michelet, des plus vibrantes, se rapportent aux règnes de Jean II et de Charles V. Elles ont été écrites, comme les six premiers volumes de Vllistoire de France, avant la sinistre vision de la cathédrale de Reims, qui eut des conséquences si imprévues et si regrettables ^. Le moyen âge n'était point encore « cette mer de sottises », dont la seule vue secoua l'historien d'une « hilarité violente », lorsqu'au sortir de la Révolution française, étudiée avec passion, et au moment d'aborder le xvi'' siècle et la Réforme, il jeta un coup

1. J. C. L. Simoiidc de Sismondi, t. XI. Paris. 1828, in-8°, p. 2-5. 7, 12^1 126, igo-

If)ij, KJl) 203.

2. J. Michelet, lUsI. de France, Paris, 876, iti 8", t. I, préface, p. xxxv-xxxvi.

G. Monod, Les nmitres de l'histoire : Renan, Taine, Michelet. Paris, Calmann-Lévy, i8r)4, in-8°, p. 206 : « Entre la composition de VHistoire de France au moyen âge et celle de l'Histoire de la Révolution française, un profond changement s'était opéré dans le génie de Michelet. Il avait perdu de son calme, de sa mesure, de son impartialité scientifique ; il avait pris parti d'une manière passionnée dans les plussra>es questions politiques et sociales ; sa pensée et son style se ressentaient de Tallure fiévreuse, hachée, qui donnait tant d'originalité à sa pensée. »

IMUODLT.'IION

(rci'il sur le passé '. La v lciiil)le lele ». ({u'il se \aiil(' (lavoir faite, n'élail pas cômmcnccH' (|Liaii(l Miclielel cul à juger Char les V. Sans cheiclierà labaisscr Id-ux rc. ni la personne du Koi. il (lisceina el mil en relief les eùlés moins nobles de son earaetère : le goût de la chicane, la penle à la dissimulation, la suhli lité ergoteuse ; mais, en somme, il fut équitable à son endroit '^. Charles V mérita doublement son surnom de Sage : par son amour de la science,— ce fut un savant. « un lettré^ », — et par sa politique patiente el astucieuse. — il fut « le héros de la patience et de la ruse » '*. Tout pesé, son règne a été fécond el réparaleui-. Plus lard, résumant en quelques mois les difïéi'enles pailies de son œuvre, influencé peut être par des publications récentes ^, Michclet fut [)lus sévère pour Charles V, auf|uel il contesta son plus beau titre de gloire, en ne lui reconnaissaid qu'une « pe tite sagesse négative » ''.

1. Op. et loc. cil. : << . . Après Louis XI, j'ccrixis la Révdiiiliun (i8'|5 it>53). On fut -surpris, mais rien n'rtait plus sage. Après maintes épreuves... je fis la lieiKnssonw

avec des forces cniitu{)lées. Quand je rentrai, (|ue je me retournai, revis mon Moyen Age, cette mer superlîc de sottises, une hilarité violente me prit, et au xvi*. au xvn' siècle, je fis une terrible fête. Rabelais et Voltaire ont ri dans leur tombeau. »

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