Ibid
3. Léon Le Grand, La veuve d'Etienne Marcel. Ix. S. Luce, Examen critique, p. 28 et n. 2.
5. Douët-d'Arcq, Comptes de l'Argenterie, p. 83 : « Estienne Marcel et Jehan de Saint Benoit, drapiers, pour lO aunes d'un brun royé de Gant etc. », p. 86 : a Jehan de S. Benoit et Estienne Marcel, pour un roié entier et le tiers d'un, etc. », Jean Marcel, l'un des oncles d'Etienne, avait épousé en premières noces Marie de Saint-Benoît, fdle de Tliomas de Saint-B., drapier et échcvin de Paris (H. Fremaux, p. 1C-17).
G. Voy. les Comptes de l'Argenterie, de Douët d'Arcq, et aux Arch. nat., tout le registre KK. 8, dont une partie seulement a été i3ul)liée.
7. Les Flamenc ou Flamant, notamment, si nombreux et si influents à Haris. 11 y avait aussi des Louuain. Charles Toussac, changeur et bourgeois de Paris, l'un des échevins d'Etienne Marcel, avait épousé Marguerite, fille de Simon de Louvain (Arch. nat., X'c g, n°' 6 et 7).
a8G LES ÉTATS GÉNÉnACX DE l356 ET DE 1 307
n'est point impunément qu'un homme de sa trempe a vécu au « siècle des Artevelde »^, et qu'il a eu sous les yeux, à quelques journées de marche de la capitale du royaume, le spectacle troublant d'une vie communale intense.
Quand parvint-il aux charges publiqu.es? On l'ignore, mais tout l'y appelait. Il comptait dans sa famille plusieurs échevins-, peut-être même un prévôt des marchands 3, car l'histoire municipale de Paris est encore pleine de lacunes et ne permet pas d'être plus afïirmalif. Cette histoire se confond, on le sait, avec celle du haut commerce parisien *. La (( marchandise de l'eau », ou, comme on le disait plus brièvement la u marchandise », — c'est-à-dire le groupement en une puissante association des principaux marchands de la cité, — a été le berceau de l'échevinage^. Le « prévôt des marchands » n'est autre que le (( maître » ou le chef de la hanse parisienne. 11 a pour assesseurs les quatre échevins, et, pour compléter son conseil, les vingt-quatre (( prud'hommes » qui, depuis 1296 et plus ou moins régulièrement, l'assistent dans sa tâche d'administrateur et de juge 6. La royauté a favorisé une évolution qui, sans secousse, sans l'octroi d'aucune charte commu-
1. Léon VanJcrkindcrc, Le siècle des Van Artevelde, etc. Bruxelles, 1879, in-S°.
2. Pierre le Vieil, son aïeul, Garnier Marcel, son cousin-germain, furent échevins. Son oncle, Jean Marcel, le fils aîné de Pierre le Vieil, eut, pour première femme, Marie de Saint-Benoit, fille d'un éclievin, Thomas de Saint-Benoît.
3. Pierre le Vieil, suivant une conjecture de M. H. Fremaux ; mais le fait n'est nullement établi.
ti. Frédéric Lecaron, Les origines de la municipalité parisienne [Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris, t. Vil, p. 79-i7i4; t. VIII, p. 1G1-261).
5. F. Lecaron, op. cil. (Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris, t. VII, p. m).
11 importe dénoter, carie mémoire de F. Lecaron pourrait autoriser une confusion, que « la hanse parisienne n'était pas une batellerie, une association de fautes ». Elle « avait pour objet non pas l'exploitation commerciale du fleuve, mais la police de l'eau sanctionnée par des dispositions pénales qu'appliquait le Parloir aux Bourgeois, juridiction composée de marchands de l'eau. — Les précautions prises par la hanse parisienne avaient pour but de donner au trafic des marchandises, sur une partie déterminée de la Seine, une sécurité et une rapidité indispensables
au commerce et à l'approvisionnement d'une ville telle que Paris Le
caractère de police de l'eau résulte enfin du droit de confiscation reconnu à la juridiction des marchands de l'eau Nous nous croyons pour toutes ces raisons
autorisé à définir le mot aqua par : tout délit commis sur l'eau à rencontre des droits de la hanse. Les mercatores aque étaient les juges compétents pour en con naître : des justiciers de l'eau » (Emile Picarda, Les marchands de l'eau. Hanse parisienne et compagnie française. Paris, Bouillon, 1901, in-8°. — i3'i' fascicule de la Bil)l. de l'Ecole des Hautes-Etudes, p. lA 16).
6. F. Lecaron, op. cit. {Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris, t. Vil, p. ii3).
LES OIUGINES d'ÉTIENNE MARCEL 2S7
nale, a fait passer aux mains des bourgeois les plus riches el les plus intluents la part d'autorité que, dans le gouvernement intérieur des villes, elle abandonnait aux habitants*. Elle trouvait, d'ailleurs, sou avantage an monopole des marchands parisiens, puisqu'elle partageait avec eux le produit des amendes et des confiscations qui t'-taient la sanction de leur privilège-. Armés d'un pouvoir de surveillance et de contnMe sur toutes les branches du commerce parisien, investis en matière de voirie, de travaux publics, comme pour la répartition des tailles, nécessitées par l'exécution de ces travaux, d'attributions assez larges 3, juges en matière commerciale et même en matière civile dans les limites étroites de la compétence du m Parloir aux Bourgeois » '\ le prévôt des marchands et les échcvins prennent une part de plus en plus grande à l'administration de Paris. Les « métiers » sont dans leur dépendance, avec toute une population ouvrière, disciplinée par le régime corporatif: cohue inerte, mais qui, mise en mouvement, peut devenir redoutable.
L'avènement des Valois et les besoins d'argent, multipliés par la guerre, accrurent l'importance de l'échevinage, en lui donnant l'occasion de faire ses conditions à une royauté bcsoigneuse. Celle-ci, néanmoins, était beaucoup trop forte pour avoir rien à craindre d'une révolution bourgeoise. 11 fallut un désastre militaire inouï, avec toutes ses conséquences, — le Roi prisonnier et, à sa place, un prince sans expérience et sans prestige, — pour ébranler un loyalisme encore intact au lendemain de Poitiers^ el pour ouvrir une ère de conflits aigus. Le pouvoir