‹ Histoire de Charles VChapitre 214 sur 381 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

Ibid., p. i

4. Ibid., p, iG3. — Le plus ancien « Parloir au\ bourgeois » connu était situé au midi de la ville, dans le quartier Saint-Jacques, à la hauteur de la petite rue des Grès, non loin du couvent des Jacobins. Plus tard, il y eut un second « Parloir >> sur la rive droite de la Seine, entre l'église Saint-LeuEfroy et le Ghàtelet (Le Roux de Lincy, Ilist. de l'Hôlel-de-Ville de Paris, p. 1-2, A-5).

C'est le 7 juillet iSSy seulement, qu'Etienne Marcel, prévôt des marchands, et les échevins de Paris, achetèrent de Jean d'Auserre et de Marie sa femme une maison ou hôtel, appelée « Hostel au Dauphin ». C'est la « maison aux piliers », qui avait appartenu successivement au dauphin Guignes Vlll et à son frère Humbert II, et qu'en octobre i356, Charles, duc de Normandie, avait donnée à Jean d'Auxerre, receveur de La gabelle à Paris (Le Roux de Lincy, .\ppendice, p. 4, n» 3. — Félibien, Hisl. de Paris, 111, 27^-277).

5. Journal des Etals, p. i6 : «... et si le Roy nostre sire venoit, — que Dieu veuille ramener prouchainement et dont le peuple auroit la plus grant joye qui oncques leur advenist etc. ».

288 LES ÉTATS GENERAUX DE l356 ET DE I 357

de fait appartenait au plus audacieux. Etienne Marcel le comprit et en profita. Par sa famille, par ses alliances, par la clientèle ouvrière qui recevait de lui le mot d'ordre, il était le maître d'une ville qui comptait déjà plus de 200.000 habitants'. Son affdiation aux deux principales confréries parisiennes, la grande Confrérie de Notre- Dame -, et celle de Saint-Jacques-aux-Pèlerins ^, lui assurait des dévouements absolus et aveugles, ces associations pieuses créant entre leurs membres des liens très forts et une solidarité étroite ^. Vers i35o, il était arrivé aux plus hautes dignités dans l'une et dans l'antre confrérie ^. L'heure avait sonné pour lui d'exercer les fonctions de prévôt des marchands. Il succéda à Jean de Pacy, mais on ne saurait préciser si ce fut en i354 ou en i355 ^. Il est mentionné

1. On peut accepter cette évaluation, provisoirement, mais la question reste toujours ouverte, malgré les recherches de Bureau de la Malle (Mémoires de l'Académie des Inscriptions, XIV, 2° p., p. 36); de H. Géraud (Paris sous Philippe le Bel. Le rôle de la taille de 1292, p. lidb et suiv.); de Leroux de Lincy (Paris et ses historiens aux XIV° et XV' siècles, p. 489).

2. Le Roux de Lincy, Recherches sur la grande confrérie Notre-Dame aux prêtres et bourgeois de la ville de Paris, etc. Paris, i8/|/i, in-S", p. 34-35.

3. H. Bordier, La Confrérie de Saint-Jacques-aux-Pèlerins de Paris, 192 p. (Extrait de : Les Archives hospitalières de Paris, par Henri Bordier et Léon Brièle. Paris, Champion, 1877, in 8", p. 191. L'inllucnce de la maison d'E\reux était très grande dans la confrérie : « Son alliance (d'Et. Marcel) avec ce funeste Charles roi de Navarre et comte d'Evreux. , . . paraît une alliance injustifiable. C'est qu'on n'a pas su que la confrérie était inféodée par une reconnaisssance fraîche encore à la fille de Louis X, Jeanne, comtesse d'Evreux et mère de Charles ».

4. Le Roux de Lincy, op. cit., p. 34-35 : « Beaucoup de membres de la grande confrérie Notre-Dame, sinon tous, avaient adopté le parti d'Etienne Marcel; c'est ce qui résulte des lettres d'abolition accordées à la ville de Paris, par le dauphin, le 10 août i358 » [Ord. des rois de France, IV, p. 347). Au nombre dès mauvaises actions que le prince pardonne aux bourgeois, figurent celles-ci : « de porter fermellez d'argent mi-parti d'émail vermeil et azur, au dessoubs [desquels] avoit escrit à bonne Jîn, et chaperon de drap des dictes couleurs, en signe d'alliance de vivre et mourir avec le dit prevost contre toute personne ... de faire par manière de monopole une grande compaingnie appellce la Confrérie Nostre-Dame, « laquelle il avoient fait et faisoient plusieurs sermens, convenances et alliances, sans l'autorité et licence de rtous ».

5. Dans la Confrérie de Notre-Dame tout au moins, dont il fut « pré\ùt » en i35o (ÀTch. nat., S. 882', fol. 43, 86). A Saint-Jacques-aux-Pèlerins, il ajsparaît comme l'un des membres les plus assidus; « il fut notamment un de ceux qui i-eçurent et ouïrent les redditions de comptes qui eurent lieu le dimanche 18 déc. i356, et le dimanche 5 novembre i357 » (H. Bordier, op. et loc. cit.).

6. Arch. nat., X'* i3, fol. 234"°; 18 mai [iSaa] : « ... inter Johannem de Paciaco, prepositum mercatorum... »; X'* i5, fol. 174, 21 janvier i354 : « ... lite mota in pailamento nostro inter Johannem de Pacyaco, prepositum mercatorum ex una

LES ORIGINES d'Etienne marcel 289

pour la première fois aACc le litre de prévôt, à l'occasion de la réunion des Etals de i355 ', et, ce qui est singulier, c'est que de (355 à sa mort (3i juillet i358), il fut certainement réélu, sans que cette réélection, importante en raison des circonstances, ail laissé le moindre souvenir 2.

Le (( corps de ville 0, si celte exjjression convient au xrv* siècle, fut renouvelé partiellement, au moins une fois, dans le môme laps de temps; mais ici encore règne une très grande incertitude. Au début de l'année i35G, les quatre échevins sont : Pierre Bourdon, Bernard Cocalrix, Charles Toussac et Jean Belot'* ; des deuv derniers seuls, on sailqu'ils furent, juscpi'à la lin, les collaborateurs d'Etienne Marcel. On peut affirmer la même chose de Gilles Marcel, le (( clen^ de la marchandise », ou le secrétaire de rilùlel-de-Ville, qui n'était pas, comme on la cru, le frère, mais simplement un cousin du prévôt.

Quelle que fût, d'ailleurs, la composition de l'échevinage, à celte époque, Etienne Marcel domine son entourage el concentre sur lui seul toute l'allention. En est-il mieux connu ? Il faudrait, pour le comprendre et le juger, savoir ce que ne révèlent ni les chroniques, ni les pièces officielles, encore moins explicites. On voit bien ce qu'il a fait, mais qu'a-t-il voulu faire et où Icndail-il ? L'énigme subsistera sans doute toujours. Certains traits de sa nalure apparaissent avec assez de netteté. Ce fut évidemment un homme d'action, cl par là s'explique son influence sur le peuple de Paris, quoiqu'il ne fût pas orateur comme l'échevin Charles Toussac ou le roi de Navarre, ni même comme le dauphin. Ses actes témoignent d'une énergie inflexible,

parte et Reginaklum de Charniaco es altéra... ». — Cf. II. Frcmaux, op. cit., p Z!\. « C'est à cette dernière date (i.354), qu'étant sorti de cliarge (J. de Pacy), il fut remplacé par Etienne Marcel, resté en fonctions jusqu'en i358 ». Je ne serais pas aussi affirniatif. J. de Pacy a pu être élu en i35i (lO août) et être maintenu en charge jusqu'en i3d5.

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