‹ Histoire de Charles VChapitre 215 sur 381 · Gr. Chron., VI · texte numérisé non relu

Gr. Chron., VI

2. A supposer que les anciens usages, consignés dans une ordonnance de i4iô, fussent suivis au xiv' siècle, le prévôt des marchands et les échevins auraient été élus pour deux ans, mais auraient été rééligibles à l'expiration de leurs fonctions (F. Lecaron, op. cil,. Mémoires de la Soc. de l'hist. de Paris, t. VIII, p. 207-208).

3. Ordonn. des rois de France, III, 47 (i3 janvier i356). — D'après Sauvai, qui paraît avoir puisé à bonne source les renseignements qu'il donne sur les travaux exécutés, pendant la prévôté de Marcel, pour mettre Paris en état de défense, les quatre échevins auraient été, le i5 octobre i35G : Charles Toussac, Pierre Bourdon, Jean Belot et Philippe Giffart (Hist. et antiquités de la ville de Paris, I, 38-3()). Pli. Giffart aurait donc remplacé, — sans doute aux (dections du i6 aoiit i356, — Bernard Cocalrix, décédé, démissionnaire ou non réélu.

290 LES KTATS GÉNÉRAUX DE l356 ET DE l357

parfois cruelle, et ne reculant pas devant le meurtre prémédité. Dans son long duel avec le dauphin, il a oppose à la dissimulation qu'il se plaignait de rencontrer chez son adversaire*, beaucoup de rudesse, même de brutalité. Charles V ne l'a jamais oublié, et ses souvenirs de jeunesse lui ont suggéré de tristes retours où, bien à tort, on a vu une sorte de scepticisme, indifférent au bien et au mal-. L'alliance du prévôt avec le roi de Navarre était fatale ^. Elle a perdu Marcel ; tôt ou tard, elle devait provoquer contre lui ime réaction, l'acculera la trahison, ou tout au moins, et même en adoptant le système de ceux qui se sont constitués ses défenseurs, à cette fin équivoque sur laquelle plane encore tant de mystère. Les fautes de Marcel sont, au demeurant, celles de tous les hommes, que la faveur populaire élève et laisse retomber avec une capricieuse inconstance. Lequel a jamais eu un programme, une idée directrice I' Lequel n'a pas vécu d'expédients, au jour le jour, poussé, ballotté en sens contraires, incapable de maîtriser ceux qu'il se flattait de diriger? Artevelde. Rienzi, Marcel ont été, comme les tribuns de tous les temps, à la merci des événements et à la remorque de la foule, qui les avait pris pour cliefs.

1. « La ('("/'a-uc ^olenté de motiseigncur le duc », dit il dans une lettre du 11 juillet i358, conservée aux archives d'Ypres, et plusieurs fois reproduite d'après Kervyn de Letterihove, qui l'a publiée le premier [Bulletin de V Académie royale... de Belgique, t. XX [i853], p. ijô-io'i); mais Kervyn avait lu à tort la > josne volente »,cc qui n'offrait guère de sens, ou en tout cas un sens beaucoup moins intéressant.

2. Michelet, Histoire de France, III, 3i/i : « Le peu que nous savons de Charles V, de ses jugements, de ses paroles, indique, comme tout son règne, une froide et douce sagesse, peut-être aussi quelque indifférence au bien et au mal ». Et en appendice (n° aGi), l'historien cite un passage du Livre des fais et bonnes meurs, que je reproduis d'après le man. fr. ior53, fol. 77'°-78 : « Comme souventes fois avenist que le roy Charles s'esbasloit et desrenoit avccques ses familliers, entre les autres propos, chut à parler de dissimulacion, et disoient les aucuns que dissimuler estoit un rain de traïson « Certes, ce dist adonc le Roy, les circonstances font les choses bonnes ou mauvaises; car en tel manière peut estrc dissimulé que c'est vertu; et en telle manière vice; scavoir : dissimuler contre la fureur des gens pervers, quant il est besoing, c'est grant sens; mais dissimuler et faindre son courage, en attendant opportunité de grever aucun se peut a^ipeller vice ».

3. Mais elle n'est pas aussi ancienne qu'on l'a cru quelquefois. Et Marcel n'a pas été, dès i35G, un agent navarrais ; longtemps il agit de son propre mouvement, comme chef d'un parti bourgeois. Ce n'est qu'après la délivrance du roi de Navarre, qu'il commence à lier partie avec ce prince, et c'est seulement dans l'été de i358

■qu'à bout de ressources, sa popularité ruinée, il se jette dans les bras de Charles le Mauvais. — Voy. sur cette question de très judicieuses observations de M. Alfred Coville, et la critique des idées du P. Denille, qui fait d'E. Marcel un conspirateur navarrais [Le Moyen Age, 1900, p. 023-537).

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