I A NAISSANCE ET LE HAPTK ME "J
H. — Le fils de Jean de France, dont la naissance causa d'autant plus de joie que l'atlonte de la lainillc royale avait été une première fois trompée '. rerut au baptême le nom de Charles -. C'était celui de son bisaïeul, Charles de Valois, et de son grand-oncle paternel, Charles dAlenron, le frère de Philippe VI 3. Le comte d'.Vlençon fut-il son parrain ? On l'ignore, mais il est très légitime de le supposer '». Il se pourrait aus^i (pie, suivant un usage fréquent au moyen âge, Charles ail eu un scconil parrain"', [)ar exemple Charles de Bohème,
de l'excculioii du Irailc (l'raiicroil, 7 déc. i333 ; Poissy, i.j ff'vrior i33'i. — Arch. liai., J. '|33, n. '( et ô). La cession était plus ou moins hal>ilenicnl dissimulée : les terres abandonnées au roi de France devaient lui être remises en gage jusqu'au paiement d'une somme de 3oo.ooo marcs d'argent fin.
1. Christine de Pisan, Le livre desfaiiel bonnes meurs, Man. fr. 101 53, fol. \" col, i : « ... à grant joyc reccus, comme de ses parons premier né... »
La Chron. paris, anon. mentionne, au mois de juin I33ô, une première grossesse de la duchesse de Normandie, et une grossesse déjà fort avancée, puisque l'on avait commencé au jardin du Palais certains préparatifs en vue de sa « gésine ». Op. cit. p. iCi'i, n" jC5 : (( l'^u cosl an, en la scpmaine dc\ant la feste de la Nativité Saint Jehan Bapt'ste, commcncha l'en, au jardin du palaiz de Paris, à faire traillez, préaux et pa\illoiis, aussi comme l'en avoit fait en lahhaie de Mauhuisson ; cl fut ce fait du commamlcment du roy, pour la (jesine de dnme Bonne, fume Mons. Jehan de France, et pour le dcmourer aussi du dit Mons. Jehan ». La reine de France étail, peu de temps auparavant, accouchée à labhayc royale de Maubuisson, d'un enfant a mortné » (Même chron., p. iG3, n° aO'i). La grossesse de sa belle-fille aura eu probable ment le mjmc dénouement. On remarquera l'evtrème jeunesse du roi Jean qui, né le 26 avril i3i9, n'avait que i\ ans dans les derniers mois de l'année i33/i, au moment de la conception de ce premier enfant. Voy. Brachel, Pathologie mentale des rois de France, Paris, llaclietle, if)o3, in 8", p. -'17O.
2. L'auteur du Songe du Verger a donné de ce nom une élymologie très aventurée, dans le goût des anciens : « A toi, roy de F"rance, nous fuions et recourons comme au plus Ires crestian cl très soverain prince des Crestians, qui aimes Dlex et sainte Eglise, iiui es une vraie lumière de pais et de justice, et ce divise et senefie le nom que tu portes, car entre lez roys de France qui eurent en nom Charles tu es le V°', et en latin Karolus interprelalur quasi clara lux, Charles est interprété clere lumière. . » (Britisli Muséum, King's man. 19 C. IV, fol. 2 v°. — Cet exemplaire du Songe du Verger a appartenu à Charles V). La science étymologique était ahjrs très complaisante, car on pouvait voir autre chose encore dans le nom de Charles : (( La lloyne, est-il dit dans le Songe du Vieil Pèlerin, adrcça ses paroles au jeusne roy (Charles VI), qui est appelle, selon la intcrprctacion de son nom en latin, chiere lumière ^^ (Bibl. nat., Fr. 9200, fol. igS'").