‹ Histoire de Charles VChapitre 278 sur 381 · II. Ibid · texte numérisé non relu

II. Ibid

CÉRÉMONIE EXl'IATOIRE DE ROUEN 3'|3

H avait fait son entrée dans la capitale du duché le lundi, 8 janvier, avec une suite nombreuse « de gens armés et non armés ». Les uns étaient venus avec lui ; les autres, habitants de Houen. étaient allés à sa rencontre '. Les Grandes Chronùjacs noient que. ce même jour, des (( ennemis », qui ne sont point autrement désignés, bridèrent un très bel « hôtel », que le duc de Normandie avait à trois lieues audessous de Rouen, à Couronne, aujourd'hui fîrand-Couronne -.

Le mercredi suivant, i i janvier, des serviteurs du roi de Navarre furent envoyés, de bon matin, au gibet de Rouen pour « dépendre » et ensevelir les corps des suppliciés, que le roi de France avait fait décapiter, dans les circonstances tragiques qu'on n'a pas oubliées ''. On ne tronva plus les restes du comte d'IIarcourt, qui avaient disparu depuis longtemps, enlevés vraisemblablement par des membics de sa famille.

Trois « rendues » ou « sœurs » de « la Madeleine », c'eslà-dire de l'hôpital de Rouen, ensevelirent dans trois cercueils les corps du seigneur de Graville, de Maubue de Mainemares et de Colin Doublel, qui étaient encore pendus au gibet, les tètes séparées du tronc. Un quatrième cercueil, vide, figurait la dépouille du comte d'IIarcourt '♦. Trois (( chaires » ou « chaises à dames » avaient été amenées pour l'enlèvement des corps ^. Sur l'une, on plaça le cercueil vide; sur une seconde, celui qui contenait les restes du comte de Graville; sur la troisième, les deux derniers cercueils.

Un peu plus tard dans la matinée, « environ tierce », le roi de Navarre, à cheval, escorté d'une foule nombreuse, partit de Rouen pour se rendre au lieu où s'élevait le gibet. Cent valets, ayant chacun un écusson aux armes de Charles le Mauvais, portaient cent grandes tor-

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