‹ Histoire de Charles VChapitre 292 sur 381 · P. Viollet, op. cit., p. i5-i · texte numérisé non relu

P. Viollet, op. cit., p. i5-i

354 I-A DKLIVUANCE DU ROl bE NAVARRE

blées provinciales, a été fort exagéré ou même supposé gratuitement. Quoiqu'il en soit, et pour prévenir un danger éventuel, il n'y aura plus désormais de réunions particulières des trois ordres, mais des réunions plénières pour toute la langue d'oïl, et toujours tenues à Paris. La raison en est que celte ville u est la meilleure et la plus solennelle du royaume », que les députés a es assemblées générales, pourront prendre et avoir meilleur et plus sain avis et délibération des choses pour lesquelles ils s'assembleront, au prolit et honneur d'eux et du royaume, que autre part » K

(( Ainsi Paris, conclut justement M. P. ^'ioUet, prend légalement la tète du mouvement et prétend le diriger. Mais il ne le dirigera, en effet, que s'il a aussi le maniement des fonds votés par les Etals. C'est à quoi pourAoit l'article i8 de l'ordonnance : trois généraux sont nommés à Paris ; ce sont eux qui désigneront, dans les provinces, les élus pour les mêmes subsides (le dauphin donnera seulement la collation royale à ces élus). Un receveur général, à Paris, aura le maniement des fonds, mais il n'en pourra disposer que sur le mandement, c'est-à-dire sur l'ordre des trois généraux. La caisse de la guerre est donc (comme en mars i357) aux mains du parti populaire » -.

VI. — La situation était fort tendue au moment où fut close la session des Etals. L'ordonnance de février i358 prouve que les députés ne renonçaient à aucune des réformes, vainement réclamées depuis d'eux ans. Mais leur volonté, pour s'être affirmée une fois de plus, serait-elle mieux obéie dans l'avenir!^ Malgré la main mise par Robert le Coq sur le Conseil, où, grâce à des épurations successives, il avait fait faire une place de plus en plus large à ses amis, le dauphin y trouvait encore trois ou quatre conseillers dont il écoutait volontiers les avis, et à qui la faction navarraisc prêtait une influence néfaste et un crédit peut-être imaginaire ^. A tort ou à raison, tous les maux dont souffrait le pays leur étaient imputés ; on les rendait, notamment, responsables de l'inertie du prince, accusé de ne rien faire pour arrêter les ravages des compagnies *. Une autre cause d'inquiétude et de

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