‹ Histoire de Charles VChapitre 294 sur 381 · Secousse, Mémoires, p · texte numérisé non relu

Secousse, Mémoires, p

MKLUIHI. Di; lŒGNALI I) ACY Kl DUS DEL \ MVUKCIIVI X 307

riélé lui avail valu la clicnlèic royale '. Il s'clail fort cnriclii pai Tcvercice de sa profession, s'il est vrai que ses gains annuels se soient élevés à la somme de ((iialrc mille llorins'-. Comme beaucoup d'aulrcs, il a\ail eu des mar(iucs répét('cs tic la laveur du Moi.

Il est possible (pi'il ait eu vent do ce «pii se Iramail conlre les conseillers du dauphin. Toujouis esl-il (|ue « vers l'heure de tierce », -- 9 heures du matin probablement — , il se rendait du Palais à sa maison, située dans la (]ité, près de Saint-Landry ^, lors(pie,à la hauteur de l'église de la Madeleine, il rencontra la foule amoutée '*, qui le reconnut et l'accucillil par des cris de mort. La boutique d'un pâtissier était à sa portée^ ; il s'y jeta en toute hàle, mais, comme aucune autre issue ne s'ouvrait devant lui, il fut bientôt rejoint par ses ennemis et tomba percé de mille coups, sans avoir proféré une parole. Son corps resta longtemps sur la place, « en la vue de chacun », mais à la fin ses gens s'enhardirent, et, comme Ihôtel de leur maître était lout [jroche, ils \ portèrent son cadavre •"'.

Le premier sang versé ne pouvait rpTcxciler la mnililude et la rendre plus féroce". Lntraînée [)ar Marcel, elle envahit le Palais. Le

1. \'oy. sa notice dans ['llisl. des avocats au l'uiicment de Paris, p. 332-335. Son nom de famille était Legrand, el d'Acy, un simple surnom, lire de son lieu d'origine (Reginnldiis .^fagni. de Aciaco).

2. Arcli. nal., \'a 37. foi. a33'°(33 janv. 13711). — llisl. des avocats, p. a38.

3. Elle lui avait clé donnée par IMiilippc de Valois en juillcl i3'i<). Voy. Vrch. nat., JJ. 77, fol. 2o'i-20-'r% n° 33j. Donuin factum mapislro Hcj^inaldo de Acyaco cujusdam domus in civitale Parisius situalc. « ... La maison qvii fu feu Jehan de \ ivicrs, preslre, séant en la Cité de Paris, en la paroisse de Sainl-Landri .. laquelle maison nous est de nouvel advenue comme cspavc ou aubainne ».

i. Gr. Chron., ¥1,86-87 '• ^' El environ heure de tierce, un advocal de l'arlcm&nl, appelle maistre Régnant d'Acy, en aient du palays en sa maison qui esloit près de Sainl-Landry, fu lue près du mouslier de la Magdalcine, etc. ». — Saint Landry ; église située sur le quai de la Cité, à peu près à l'angle nord-est de rilôlel Dieu actuel. — Sainle-Marie-Madekiiie ; ancienne synagogue transformée en église à la fin du \u° siècle ; rue de la Lanterne, au coin de la rue des Marmousets.

5. Ibid. : « ... en l'oslel d'un pâtissier, là où il se bouta quant il vit que l'en le vouloit tuer ; et ol tant et de tclcs plaies que tantost il mourut sanz parler ».

6. Ibid., 8y : « Et jà (le soir du même jour) estoit levé le corps dudit maistre Regnaul d'Acy, el avoit esté mis en son hoslel par ses gens, car il avoit esté tué près de son dit hoslel. Mais toutesvoies fu-il longuement là où il avoit esté lue, en la veue de chascun, avant qu'il eusl esté levé ».

7. J'ai suivi la version des Grandes Chroniques et celle du continuateur de R. Lescot (p. 120), en plaçant le meurtre de Regnaul d'.\cy avant celui des deux maréchaux, qui eut lieu, comme on va le voir, dans la chambre même du dauphin. Le récit de Villani est concordant (lib. VIII, cap. xxix ; Muratori, XIV, 485) : « E in-

358 LA DÉLtVHAA'CE DU ROI DE NAVARRE

prévôt, accompagne d'hommes en armes, monte jusqu'à l'appartement du dauphin, qui se trouvait à l'étage supérieur, nouvellement construit, au-dessus de la galerie des merciers*. Le prince était dans sa chambre à coucher, avec quelques-uns de ses officiers, notamment Robert de Clermont, son maréchal de Normandie, le fils de Jean de Clermont, tué à Poitiers, et Jean de Contlans, maréchal de Champagne. L'un et l'autre passaient, avec plus ou moins de fondement, pour inspirer au dauphin des résolutions contraires aux vœux des Etals et à l'intérêt de la population parisienne-. Dans une circonstance récente, Robert de Clermont avait soulevé bien des colères, en allant arracher de l'église de Saint-Merry, où il s'était réfugié, le meurtrier de Jean

narizi vi giugncssono (au Palais Royal), trovarono nella via un' avvocato, ch' cra dcl consiglio dcl Dalfmo, c di prcscnle ruccisono ».

D'après Froissart {Chroniques, V, 1J7), l'avocat aurait été tue le dernier, au moment où il s'enfuyait du Palais, envahi par les bandes de Marcel. C'est aussi ce que raconte Jean de Venettc (II, 2/ig), et il est certain qu'ainsi présentée la suite des événements paraît se dérouler plus logiqvicment. L'envahissement du Palais a déterminé un sauve-quj-peut général. R. d'Acy est du nombre des fuyards; il est massacré en cherchant à regagner son domicile. Mais il n'est pas de logique qui puisse prévaloir contre le témoignage très formel des Grandes Chroniques. Jean le Bel était mal renseigné sur la journée du ai! février i358. Il parle de deux chevaliers mis à mort : l'un était Robert do Clermont; « l'aultre, dit-il, ne sçay je nommer, mais il csloit chevalier en loys » (H, 253). Froissart l'a nommé, mais en se trompant lourdement : " ... et le chevalier de lois, Monsigncur Symon de Bussy... » (V, 97). Quelques manuscrits seulement donnent la bonne leçon : « maistrc Regnault d'Acy, avocat ». L'erreur, quoique relevée depuis longtemps, s'est perpétuée jusqu'à nos jours (G. Ducoudray, Les origines du Parlement de Paris, Paris, Hachette, lyoa, in-i", p. i33 et n. iî).

Les autres Chroniques ne permettent pas de préciser la succession des événements. Toutes défigurent plus ou moins le nom de Régnant d'Acy. (Contin. Chron. Guill. de Nangiaco, 11, a/19 : II. de Arsoyc ; — Chronogr., 11, aOâ : R. de Arsiaco; — Chron. des quatre premiers Valois, (38 Gr» : maistre d'Arcy .

1. Gr. Chron..\l, 87 : « Et tantost après, le dit prcvost et pluseurs en sa compaigiiic moulèrent en la chambre de monseigneur le duc ou palais, .sur les merceries, et là trouveront le dit duc, etc. ».

Cont. Chron. G. de N ,11, 248 : « ... ad thalamum suum (ducis Normanniip) ascenderunt... » Ecrivant le 3i août :358 à son beau-frère, le comte de .Savoie, le régent reproche à Etienne Marcel et à ses complices « d'avoir tuez et murtriz, devant nous, en noslre chambre, ou palais à Parts, aucuns bons et loyaulx chevaliers de nostrç Conseil ».

Contin. de Richard Lescol, 120 : « ... thalamum domini ducis introierunt ».

2. Lettre d'Et. Marcel à la municipalité d'Ypres (11 juillet i358) : « ... pour la quelle chose et aucunes autres aucuns mauvais de ses conseillers en très bien petit nombre en ont esté justement mis à m,ort, qui en ce et en pluseurs autres grans mauls le norrissoient et entroduisoient » (Arch. de la ville d'Ypres. — Document plusieurs fois publié. Voy. chap. \).

MEinTFtE nr: nEf;>AiT d'acy i:t des r>F.ix "markciialx 369

Baillcl. L't''vc(inc de Paris a\ail rc'pondii à colle violaliun de l'iiiimunilé ccrl<''siasli(|iie en excommuniant le maréchal •. La rancune de la foule ne lui pardonnai l pas les propos blessants qu'il aurait lonus pendant qu'on menait le prisonnier au Chàtelet'-.

D'après Jean le Bel et Froissarl •'', dont le récit me parait, pour une fois, plus vraisemblable que celui des Grandes Chroniques '•. le prévôt, s'adressant brusquement au dauphin, le somma en ter. nés très vifs de s'occuper « des besognes ilu royaume et d'\ mettre conseil n, de manière que le royaume, qui était son héritage, fut si bien gardé que les compagnies cessassent de le piller et de le dévaster. Le duc riposta, sur le même ton, cpi'il le ferait volontiers, s'il avait pour cela les moyens matériels nécessaires, c'est-à-dire d<' l'argent. C'était îicpii percevait à son protil les impositions du royaume qu'il appartenait d'agir ; qu'il agît donc s'il le voulait '. In dialogue ainsi engagé ne pouvait se prolonger. Les deux maréchaux firenl-ils mine d'intervenir dans le débat ; y eut-il des regards d'intelligence échangés enlrc eux et le dauphin ? '^ On ne sait. En un pareil moment, il a sulli d'un mot', d'un geste de Marcel^,

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