Ibid
U. Ibid. : (( Et le merquedi ensuyvanl, xi' jour du dit mois d'avril, le dit régent se parti de Provins et ala en l'abbaye de PruUi, et de là à Montereul-ou-1'orc d'Yonne ».
Preuilly ; Seine-et-Marne; arr' de Provins, c°° de Donnemarie, c" d'Egligny. — Siège d'une ancienne abbaye cistercienne.
5. Bibl. nat., P. O. i433, d. 32/J/18, du Glesclin, n° 3. Publ. par S. Luce, Hist. de Bertrand du Guesclin, p. 53G. Pièces justif., n° xiv. — « Arrivé à Provins, le jeudi 9 avril, le régent en serait parti le mercredi 1 1, s'il fallait ajouter foi au témoignage du rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 102), dont le récit est d'ailleurs presque toujours, en ce qui concerne les faits et gestes du régent pendant cette période, d'une exactitude vraiment merveilleuse. La date de notre mandement prouve que le régent était encore à Provins le 12 avril » (S. Luce, op. cit., p. 282, n. 2).
6. Octave Morel, La grande chancellerie royale, p. 299 et suiv. L'acte est rendu : « Par le Conseil ouquel estoient etc. ». Donc il a été commandé au notaire (J. Blan chcl) par le (Conseil demeuré à Provins après le départ du régent.
l'occupation du cHVTr.AU m: montereau 383
sur les ailles du diocèse d'Avranches, l'arriéré des gages dus à Bertrand du Guesclin, capitaine de Ponlorson, et à ses hommes d'armes Vraisemblablement, le clievalicr breton avait mis une certaine vivacité dans ses réclamations. 11 était fort soucieux des intérêts de ses compagnons de guerre, et jamais il ne manqua de les soutenir avec une extrême énergie. Rien cependant n'autorise à croire qu'il soil venu en personne jusqu'à Provins, accomplissant ainsi un voyage de quatrevingts lieues, (jui ferait grand honneur, en effet, à son zèle et à son activité, s'il l'avait lécllement entrepris'. Les termes du mandement allégué n'ont point le sens précis qu'on leur a prêté; les mots : <( et que pour ce le dit chevalier ne retourne plainli: (plaintif) à nous », sont une pure formule, et rien de plus, d'où l'on aurait tort d'inférer que les réclamations, auxquelles il est donné satisfaction, ont été présentées de vive voix.
II. — En quittant Provins, le régent avait un plan arrêté, comme la suite le montra, et dès les premiers pas il s'y conforma avec beaucoup de décision. Il se porta tout droit sur Montereau, situé à la jonction de deux grandes routes lluviales.au conlluent de la Seine et de l'Yonne "-. Montereau et sa chàtellenie faisaient partie du douaire de la reine Blanche. Le château était gardé par un che\alier, Jean du Plessier, dit ïaupin'', qui avait ordre de ne le rendre qu'au roi de France ou à la reine elle-même, qui l'avait institué capitaine. H ne put en refuser l'entrée au régent, mais il ne céda qu'à la force, protestant, de la façon
1. s. Luce. Hist. de Bertrand du Guesclin, [). aSa-aSS : « Comment les soiuloycrs de Pontorson n'auraient-ils pas adoré un capilainequi no reculait pas devant im voyage de Bretagne à Provins pour réclamer l'arriéré de leur solde? Mais aussi qui ne voit que, si l'on entreprend une chevauchée de quatre-vingts lieues pour obtenir le payement des gages de ses compagnons d'armes, c'est qu'on ne leur permet pas de vivre sur le pauvre peuple ? »
2. Montereau-faut Yonne ; Seine el-Marne, arr' de Fontainebleau, ch.-l. de c". — Sur la forme primitive de ce nom (M. in furca Yonne, M. en fourc d'Yonne, c'est-à-dire à la fourche ou au confluent de l'Yonne avec la Seine), voy. H. Slein, Recherches sur la topographie gcïtinaise, Paris, Picard, 1890, in-S», p. 18-22. — Extrait des Annales de la Soc. histor. et archéol. du Gâtinais (1890).
3. Gr. Chr., VI, 102 : « Et ala devant le chastel le quel gardoit, de par la royne Blanche, un chevalier appelle monseigneur Taiipin du Plecié... ». — Dans une quittance ou récépissé du 28 mai i358, il se nomme lui-même : « Jehan du Plessier, dit Taupin » (Bibl. nat., Clairambault, LXXXVl, n° i33).
384 KtPTURE DU DAUPHIN AVEC LES PARISIENS
la plus expresse, qu'il entendait sauver son honneur et tenir son serment '.
Le prince coucha une seule nuit au château. Quand il repartit le lendemain matin, il commit la garde de la forteresse à ce même Taupin, dont les scrupules s'étaient calmés et qui avait prêté entre ses mains un nouveau serment-. Par Montereau, le dauphin commandait le cours de la Seine et celui d'un de ses principaux affluents. Dans le même temps, il faisait occuper, par surprise, une solide position sur la Marne. De Provins, il avait envoyé à Meaux le comte de Joigny avec une soixantaine d'hommes d'armes. La ville de Meaux proprement dite n'avait aucune importance militaire, mais le m Marché », véritahle camp retranché, enfermé dans une boucle de la Marne, permettait d'intercepter tous les bateaux qui descendaient la rivière, à destination de Paris. Le comte de Joigny se saisit du Marché et s'y maintint malgré les protestations du maire, Jean Soûlas, qui avait comploté de livrer la place à Etienne Marcel et aux Parisiens. Le coup manqua, par suite de l'arrivée du comte de Joigny, qu'on n'attendait pas 3. Le régent était désormais en mesure, sinon d'affamer Paris, au moins d'en entraver le ravitaillement par la haute Seine et par la haute Marne. De plus, le Marché lui ofTrait pour sa femme, la duchesse de Normandie, pour sa fille Jeanne et pour sa sœur Isabelle, un refuge qu'il pouvait croire inviolable, mais qui n'était cependant point à l'abri de toute insulte^.