‹ Histoire de Charles VChapitre 337 sur 381 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

7. Frères ou cousins très probablement. — Montataire et Villers-Saint-Paul; Oise, arr' de Sentis, c'* de Creil.

8. Arch. nat., JJ. 86, fol. i3j'°, n» 887. — Imprimé par Secousse, Recueil, 95-97 et dans S. Luce, La Jacquerie, 276 278. — Cf. Flammermont, op. cit., p. 182.

Saint-Sauflieu : Somme, arr' d'Amiens, c" de Sains.

4o4 RUPTURE DU DAUPHIN VVEC LES PARISIENS

tout le pays était en révolution*. Les Jacques voulurent les contraindre de rester avec eux, et sans doute aussi d'accepter un commandement. Jean Bernier, de Monlataire, refusa; il fut massacré '2. Pour ne pas avoir le même sort, son compagnon se soumit aux exigences des paysans et les accompagna jusqu'à la lin de l'insurrection. « C'était un homme de valeur, car, après la bataille de Glermont, il fut nommé, par le roi de Navarre, capitaine général de Senlis et du plat pays, et fut ensuite chargé de défendre Noyon )) 3. Chaque village eut son capitaine, obligé le plus souvent de suivre de force ceux qu'il était censé commander*.

Les Jacques agissaient de préférence par petites bandes, détruisant les châteaux, massacrant les nobles et leurs familles, quand ils n'avaient pas eu le temps de fuir^. Cale leur avait vainement recommandé de rester unis, sachant bien que le nombre faisait toute leur force. Ils ne l'avaient pas écouté, et cette désobéissance ne les exposait, pour le moment, à aucun danger. Nul n'osait les attaquer. Partout où passaient les Jacques, ils répandaient la terreur, et les paysans les suivaient avec enthousiasme. « En quelques jours, tous les villages des vallées de l'Oise et du ïhérain s'insurgèrent, et, malgré les ravages de

1. Ils étaient allés à Meaux « en la fin du mois de may ». En rentrant chez eux, ils « trouvèrent les genz du plat païs touz esmeuz à la foie commocion et emprise contre les nobles du dit royaume ».

2. « ... et pour ce que le dit Jehan Bernier, de Montathere, ne se voult aller avec les diz gens, il le mirent à mort, en lui imposant que il estoit traîtres au commun du dit plat païs ». Il y a, dans d'autres lettres du mois de mars i3G5 (S. Luce, op. cit., 333 335), des détails beaucoup plus circonstanciés sur la mort de Jean Bernier, de Monlataire. Le reproche de trahison reposait notamment sur ce fait, « qu'il avoit receu certaines lettres du roy de Navarre, qui furent trouvées sur lui...» (.\rch. nat., JJ. 98, fol. 82, n» 202).

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