Contin. Chron. G. de Nangiaco, II, 2C
It. « Nam bigas aptatas posuérunt superius in capite magni vici, qui ascensum habet aliqualiter monluosum », dit simplement Jean de Venette. Influencé par je ne sais quelles réminiscences d'histoire ancienne, S. Luce traduit : « Des chariots, hérissés de faux tranchantes, furent places dans la partie supérieure des rues montueuses de cette cité (dans une seule rue). »
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renl dissimules dans les maisons ; leur mission était de charger les assaillants avec vigueur et à l'improviste. Aux fenêtres, ils mirent des femmes (jui devaient inonder les ennemis d'eau bouillante. Tous ces préparatifs étaient terminés, lorsque les nobles attendus se présentèrent à la porte de Paris. \ grands cris ils demandèrent, de par le régent, qu'on leur ouvrît les portes, que les clefs de la ville et la ville elle-même fussent promptement remises entre leurs mains. Ils mentaient, car ce n'était pas sur l'ordre du prince qu'ils agissaient ainsi; ils n'avaient obéi qu'à leur témérité et à une folle présomption. Les bourgeois bien parés, ayant à leurs cotés quelques nobles qu'ils avaient eu soin d'appeler à leur secours, ouvrirent les portes et laissèrent les gentilshommes entrer librement. Fiers de leur succès, croyant déjà tout tenir, ceux-ci entrèrent avec un orgueilleux dédain. Les épées nues, ils s'avancèrent jusqu'au milieu de la rue, et là, ne voyant personne qui leur résistât, se mirent à crier, comme on le fait à l'attaque d'une ville.
Dès qu'ils entendirent ces clameurs, ceux qui avaient la garde des chariots leur imprimèrent un vigoureux élan et les poussèrent sur la pente. Incapables de résister au choc, les agresseurs s'abattaient lourdement sur le sol. C'est le moment que choisirent les hommes, cachés dans les maisons, pour s'élancer au dehors et frapper leurs ennemis à terre. A cette vue, ceux qui les suivaient et qui continuaient à entrer par la porte lâchèrent pied ; l'eau bouillante versée des fenêtres avait achevé leur déroute. Les morts furent nombreux. Les survivants furent contraints de s'enfuir, couverts de confusion. De retour à Meaux, ils racontèrent leur lamentable échec, qui les rendit un objet de risée. « Quanta ceux qui sont restés sur la place, termine Jean de Venette, ils ne feront plus de mal aux gens de Senlis. »
Vers le milieu du mois de juin, le dauphin était revenu à Meaux ', où il avait retrouvé saines et sauves^ après quelle alerte! — sa femme, sa fille et sa sœur Isabelle. 11 ne fit qu'y passer. Sa résolution était prise de rendre le blocus de Paris effectif ; il se rapprocha donc de la capitale avec son armée qui grossissait de jour en jour. Vainement des négociations étaient nouées par la reine Jeanne, pour rétablir la paix entre le régent et les Parisiens, pour prévenir une rupture avec son ne-
I. Gr. du oit.. NI, 117. Le samedi 23 juin, il (( estoit environ Meaiils ».
/jïB RUPTURE DU DAUPHIN AVEC LES PARISIENS
veu de Navarre '. Le soulèvement des Jacques, en exaspérant les haines, avait diminué les chances d'un arrangement pacifique, et la révolution parisienne ne devait avoir son dénouement tragique que quelques semaines plus tard. La journée sanglante du 22 février portait toutes ses conséquences. Jean de ^ onette avait raison, quand, après avoir relaté le meurtre des deu.v maréchaux et celui de Régnant d'Acy, il ajoutait : {( Mais hélas! pourquoi faut-il que ces crimes aient été commis! Je ne saurais dire les maux épouvantables qui en sont provenus. Que d'hommes tués à cette occasion, que de villages dévastés - ! »