LES DERNIÈRES POURSUITES
Les mécontents avaient-ils prémédité un attentat ou se propcsaientils tout au moins de peser sur la volonté du prince? L'excitation des esprits pou^ait faire concevoir quelques craintes. Aussi, lorsque le mardi. 3o octobre, le régent prit le chemin de l'IIôtel-de-Ville, ses partisans se joignirent à lui, en grand nombre, pour déjouer par leur présence toute tentative coupable'. Arrivé sur la place de Grève, le prince monta les degrés de la croix (pii s'élevait sur l'un des côtés de la place, et de là s'adressa au peuple. Il dit que ceux qui avaient été emprisonnés étaient des traîtres, alliés au roi de Navarre. Parmi les assistants, il se trouva, comme à point nommé, un jeune homme, Jean d'Amiens, pour déclarer que le régent disait la vérité. Il en avait acquis la preuve dans un voyage récent fait auprès du roi de Navarre. Les protestataires de la veille, décontenancés, n'osèrent plus parler de la délivrance des prisonniers. Jean Blondel lui-même s'excusa et pria le régent de lui pardonner, ce que celui-ci fit volontiers 2. Après quoi le daupliin se retira, non sans avoir donné des ordres pour que les commissaires chargés de l'instruction la reprissent sur de nouvelles bases. Mais la matière était si obscure, les choses si secrètes, que l'on dut interrompre la procédure. Le 28 novembre, quatorze prévenus étaient mis en liberté, puis successivement tous les autres ^.
J'ai suivi le récit des Grandes Chroniques qui seules nous ont conservé ce curieux épisode. 11 est facile de lire entre les lignes et de sup-