‹ Histoire de Charles VChapitre 54 sur 381 · I.K DAI PTIINK APRÈS LA CESSION · texte numérisé non relu

I.K DAI PTIINK APRÈS LA CESSION

Dès le commencement de la domination française, on avait adjoint à Henri de Villars, sur sa demande ou pour ne pas lui laisser un pouvoir sans contrôle, un autre ecclésiastique, très mêlé aussi aux négociations qui avaient précédé la cession du Dauphiné : l'archidiacre de Lodève, liérenger de Montant, maître des requêtes do lllôtel du Roi '. Les attributions de ce clerc, mal détinies à l'origine, ne tardèrent pas à être limitées à l'objet qui convenait le mieux à son caractère et à son passé judiciaire. Il eut la haute main sur tout ce qui concernait l'administration de la justice-; il fît fonction de chancelier et en porta le titre 3. Ce fut donc lui qui succéda à François de <( Fredulphcs » ou François de Parme, le chancelier d'IIumbert II ^.

Après Henri de \ illars, les lieutenants du daiqjhin furent exclusivement des hommes d'épée. Avmar de Poitiers, disgracié à la suite d'événements dont il sera bientôt parlé, fut remplacé par Guillaume de Vergy, sire de Mirebeau, d'une famille bourguignonne ^.

Les premiers trésoriers furent étrangers au Dauphiné. Bertrand du

1. Guiffrey, p. 107. — Arch. de l'Isère, B. agOa, fol. Go7*''-GoS (12 nov. i35o). Lettre du roi Jean à Henri de Villars, archevêque de Lyon, dans lesquelles il dit avoir ordonné par de précédentes « quod cUlectus et fidelis consiUarius [nos(er\ magister Berengarius de Monte alto, archidiaconus Lodovensis, vobiscum pro Delphinatus Viennensis regimine remanehit ».

GuifTrey, p. 212 (actedu 21 août 134/4) : « ...dominum Berenguarium deMontealto, archidyaconum Lodoveusem, magislrum requestarum hospicii regii... ».

2. lO mars i353. Lettres d'Henri de Villars, archevêque de Lyon, conférant un pouvoir absolu pour l'administration de la justice à Bérenger de Montant, archidiacre de Lodève. (.\rch. de l'Isère, B. agiia, fol. 598-098 v°.)

3. Archives de l'Isère. Premier compte de Philippe Gilier, trésorier du Dauphiné (19 déc. iSôS-i"' nov. 1357), fol. 3o. « A Mons. Berengier de Montaut, arcedeacre de Lodève, conseiller, chancelier de nostre dit seigneur, le quel par avant qu'il cusl le dit office de chancelerie a\oit et prenoit de gaiges in florins par jour, t-i comme l'on dit, sur ses diz gaiges de conseiller à li poicz, c'est assavoir par sa lettre du premier jour de septenibre CCCLVl, w florins etc. »

k- .\vant d'être fait chancelier, il avait été « juge des appeaux du Dauphiné », « maître rationnai » ou auditeur dos comptes : (( ... dileclum et fidelem consiliarium nostrum dominum Franciscum de Fredulfis, de Parma, mililem et juris ulriusque professorem, judicem majorem appellationum Dalphinatus et magistrum rationalem magne curie dalphinalis... » dit Humbert II, dans un acte de i3i5 (Arch. nat., JJ. 82, fol. 265-26G v% n° Sgi). 11 fut créé chancelier, après la mort de Jacques Brunier, en octobre i348 {Afemorabilia H. Pilati, dans Valbonnais, II, 020).

5. A partir du 25 octobre i.i56 (.\rch, de l'Isère. Premier compte de Ph. Gilier, fol. -9 v°)-

5o LE PREMIER DVUPHIN DE LV MAISON DE FRANCE

Clos, auquel ce titre est donné en i353 ', était depuis plusieurs années « le maître de la chambre aux deniers » de Cliarles de France, et il cumula pendant quelque temps les deux offices '^. Philippe Gilier, fait trésorier de Dauphiné en i355 3, était un poitevin, dont l'histoire est des plus curieuses et sera racontée dans l'un des chapitres de cet ouvrage.

Ce n'est point ici le lieu d'exposer, même d'une façon sommaire, comment les anciens domaines d'Humbert II furent administrés sous les dauphins de la maison de France, qui respectèrent en général et n'avaient nul intérêt immédiat à modifier des usages traditionnels. De semblables recherches, pour être de quelque utiHtc, demandent à ne pas être écourtées, et elles seront mieux à leur place dans une étude d'ensemble sur les institutions du règne de Charles V. Il est légitime, au contraire, d'anticiper un peu sur les événements, en parlant dès à présent du traité de i355, conclu avec la Savoie, qui rectifia et fixa d'une manière à peu près définitive les limites du Dauphiné.

Le Dauphiné, tel qu'il était constitué au moment de la donation d'Humbert H, était à la fois plus et moins étendu que la généralité de Grenoble, d'oîi sont sortis trois de nos départements actuels V Le Valentinois en était encore indépendant ^. Presque tout le Viennois apparte-

1. Arch. de Tlsère. Premier compte de Pli. Ciilier, fol. 33 v» : « A Mons. Sauvestre de [la] Servelle, aumosnier de Mons. le dilc de Normandie, dalphin de Viennois, que deu 11 estoit de ii' florins que Mons. li avoit donné en octobre CGCLIII, dont Bertrant du Clos, lors trésorier du Dnlphiné, li poia . . . cxii florins ».

2. Arch. nat., KIv. 7 (Compte de Nie. Braque, trésorier du duc de Normandie), fol. 6 : « De Mons. le duc (de Normandie), de certains deniers quele Roy nostre sire li avoit envolez à Lyon pour en paier le viex dauphin, ii" vi' escuz, les quelz furent bailliez à Bertran du Clos, maistre de la chambre aus deniers de Charles Monseigneur, dauphin de Viennois, le xxi jour de juillet CCCXLIX etc. ». Dans un compte d'Et. de la Fontaine, argentierdu roi de France (i" janv.-i" mai i353), il est qualifié « trésorier » du dauphin, mais on n'en saurait conclure que ses attributions eussent changé (Arch. nat., KK. 8, fol. 169).

3. Le 29 décembre (Arch. de l'Isère. Premier compte de Ph. Gilier, fol. i).

4. L'énumération des pays cédés se trouve dans les actes des divers transports ; la voici daprcs le traité de i3/i9 : « Dalphinatum nostrum Viennensem, nostrosque ducatum Campisauri, principatum Brianczoncsii, marchionatum Cesane, comitatum Vienne, comitatum Albonis, comitatum Graisivodani, comitatum Ebredunesii et comitatum Vapincesii, ac baroniam Turris, baroniam Vallisbone, baroniam Fucigniaci, baroniam MeduUionis et baroniam Montisalbani etc. » (GuifFrey, op. cit., p. aaO) .

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