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Il ne fut définitivement uni au Dauphiné qu'en liai

IF DAiriIlNE APRKS L\ CESSION 5l

nait aux comtes de Savoie, à l'exceplion de Vienne et de sa banlieue, sauf aussi, à l'ouest et au sud, quelques terres placées jadis dans la sphère d'influence des comtes d'Albon '.

La baronnie de la Tour-du-Pin se trouvait ainsi complètement isolée, et sans communications directes, ni avec le Graisivaudan, ni avec le comté d'Albon.

En revanche, du côté du Briançoimais, le Dauphiné, au lieu do s'arrêter, comme aujourd'hui, à la ligne de partage des eaux, déboidaitsurle versant oriental des Alpes par les trois o vallées dauphinoises » d'OiUx, de Pragelas et de Château-Dauphin, formant le « martjuisat de Césanne », et échangées, au traité d'Utrecht, conire la vallée de Barcelonnette. La baronnie de Faucigny faisait partie de l'héritage d'Humborl II, ainsi qu(^ le pavs de Gex, et le comte de Genevois s'était reconnu le vassal des dauphins. Enfin, sur la rive droite du Hhune, se trouvait la baronnie de la Valbonne — annexe ou prolongement de la baronnie de la Tour-du-Pin, — qui comprenait, outre la Valbonne proprement dite, un grand nombre de châteaux, dans la Dombes, la Bresse et le Bugey.

On conçoit aisément qu'entre voisins, dont les possessions, délimitées d'une façon aussi artificielle, se touchaient par tant de points, les conflits fussent incessants. Les dauphins de la troisième race et les com-

I. G, de Manteyer, Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-10G0). A'otes additionnelles. Paris, Bouillon, 1901, in-S" (Extrait du Moyen âge, même année), p. 294-295 : « I,e comté de la Maison de Savoie, en Viennois et en Sermorens (la région de Voiron) était donc à peu près limité comme suit ; A l'est, par le bassin du Guiers jusqu'à son conlluent avec le Rhône. Au nord, par une ligne passantdu Rhône à la Bourbre et suivant les Avenières, Dolomieu et la Tour-du-Pin, puis par le cours de la Bourbre, dite jadis le Chéruy, jusqu'à son confluent avec le Rhône. A l'ouest, par le Rhône jusqu'à la Gère et à la Suze ; restaient en dehors la banlieue de Vienne, les bassins de la Varèze, de la Sonne, du Dolon et de la Valloire jusqu'au Suzon. Au midi, par la HauteGalaure et le plateau de Chambaran, en remontant de là sur la plaine de Bièvre; enfin, par le chemin coupant la Fure et la Morge entre Rives et Moirans d'une part, Charnècles et Saint Jean-de Moirans de l'autre, en remontant de là au point de séparation le plus voisin entre le bassin de l'Isère et le bassin du Guiers.

« En somme, c'est tout le Aiennois; sauf, à l'ouest, la banlieue immédiate de Vienne avec les bassins de la Van'ze, de la Sonne, du Dolon et de la Valloire, sauf, au sud, la Basse-Galaure, le ^ alclérieux et l'Isère.

M Ces bassins de la Varèze, de la Sonne, du Dolon, de la Valloire, de la Basse- Galaure, du Valclérieux avec la rive droite de l'Isère, forment, de leur côté, la zone d'influence des comtes d'Albon ».

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tes de Savoie se (irent presque constamment la guerre. L'enclave savoisienne du Viennois, — l'une des preuves les plus fortes de l'origine probable des comtes de Maurienne ^, — était la cause habituelle de ces prises d'armes, courtes et peu meurtrières, mais désastreuses, par leur fréquence, pour les habitants du plat pays.

Les Savoyards avaient été, pendant la première moitié du xiv° siècle, les amis et les alliés de la France 2. La cession du Dauphiné était de nature à troubler cette bonne harmonie. Les tuteurs du jeune comte Amédée \ 1 ne pouvaient se dissimuler, en effet, le péril qui naissait de ce changement. Le roi de France était, à tous égards, un voisin bien plus dangereux qu'un dauphin de Viennois ^. 11 n'est pas impossible que l'empereur Charles IV, obéissant à des sentiments déjà connus, et jaloux de faire échec à l'influence grandissante des Valois dans le royaume d'Arles, ait attisé secrètement l'irritation de la cour de Savoie. Quoiqu'il en soit, il eût suffi de peu de chose, à cette époque, pour rallumer une de ces guerres de frontières, dont sont pleines l'histoire de Guignes VIII et celle d'Humbert II. IIeureusement,'des deux côtés, on songeaitplutôt à négocier qu'à se battre. Jean II, récemment couronné, étranger, d'ailleurs, aux querelles locales, voulait la paix, et le pape Clément VI ne négligeait rien pour ménager un accommodement qui, entre Dauphinois et Savoyards, fit taire tous les vieux griefs ^. Un pre-

1. Voy. le mémoire de M. G. de Manteyer : Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-lOGO). Rome, 1899, in-8°(Extrait des Mélanges d'archéol. et d'Iiist,, publiés par l'Ecole franc, de Rome, t. XIX), et les Notes additionnelles, déjà citées dans la note précédente. — r Joignez-y : Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-1000), du même auteur. Grenoble, 1904, in-8°. Extrait du Bull, de la Soc, de Statistique du département de l'Isère.

2. P. Fournier, Le royaume d'Arles, p. /iSd et n. 2. — Voy. aussi aux Arch. nat., le carton J. 5oi, Savoie.

3. P. Fournier, op. cit., iGi-/iG2. — Francesco Cerasoli e Carlo Gipolla, Clémente Vf e Casa Savoia, p. 92 {Miscellanea di Storia italiana, terza série, t. V [xxxvi délia raccolta]. Torino, 1900, in-S").

Amédée VI avait succédé à son père, le comte Aimon, le 24 juin i343, à l'âge de neuf ans et demi. Il eut comme tuteurs le comte Amédée de Genève et son cousin, Louis II de Vaud. Ce dernier mourut en i35o et fut remplacé par Guillaume de la Baume, seigneur de l'Albergement. ce qui détermina la retraite d'Amédée de Genève (Guichenon, Histoire généal. de la royale maison de Savoye, 2' édit , Lyon, 16O0, in fol., I, 4o4. — F. Cerasoli et C. Cipolla, op. cit., p. 91, 97, n. 4.

4. Clémente VI e Casa Savoia, n"' lxi, lxu, lxiv, lxix, lix, lxxi, lxxii, lxxiii, lxxv, Lxxvii, Lxxviii (1 .'55o-i3ji!).

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