‹ Histoire de Charles VChapitre 74 sur 381 · Gr. Citron., VI, l'i · texte numérisé non relu

Gr. Citron., VI, l'i

3. Ibid. : « ...Ou dit mois de noAcmbre, se parti le roy de Paris et ala en Normandie jusqucs à Caan ». — Arch. nal., JJ, 8/i, n° 25, fol. 19 v* 30. Lettres de Jean 11 : « Datum apud Lcxovias mense novcmbris anno Domini millcsimo, CGC" quinquagesimo quarto. » La présence du roi à Caen est attestée par plusieurs actes de sa chancellerie, datés de l'abbaye de .Saint-Etienne. — Même registre du Trésor des Chartes, n" ^17, fol. 33 v°-3/i (7 décembre) ; n" /|8, fol. 3'» (8déc.) ; n" 8^ fol. .'17 v° (5 déc.) ; n" 83, fol. ^i7''''-.'i8 ('4 décembre, etc.) L'un de ces actes est plus particulièrement explicite : <> Johannes etc. Nos ad débite consideracionis reduccntcs examen oncra et expensas (pie et quas abbas et conventus monaslcrii sancti Stephani Cadomcnsis sustinuerunt in advenlu et mora nostris ad diclum monasterium cl in ipso, ubi moram fecimus per no>eni dierum spacium et amplius hiis diebus etc. » (n° 82).

[). Gr. Chron., ibid.

mandic était en efFcrvescence, et prèle à passer sous la domination de Charles le Mauvais *. On a imaginé « la conspiration des trois cents gentilshommes », qui, sans l'opposition de quelques grandes villes, eût allumé la guerre dans la province "-. Je ne sais trop ce qu'il faut penser de ce complot, dont la première idée a pu être suggérée par des événements postérieurs de plus d'une année, qui provoquèrent, en effet, une très vive agitation en Normandie. Nous verrons, dans le chapitre suivant, quel accueil reçurent les impositions ordonnées par les Etats Généraux de la langue d'oil en i355 et quelles furent les conséquences de l'emprisonnement du roi de Navarre.

En 1354, la province était plus tranquille qu'on ne la supposé. Godefroy d'IIarcourt avait profité du traité de Mantes pour assouvir sa vengeance contre le capitaine de Cherbourg, Nicolas de Chiffrevast, mais redoutant, malgré son audace, l'orage qu'il avait attiré sur sa tète, il paraissait surtout préoccupé de retarder une condamnation inévitable et d'entraver l'action du parlement de Paris, en faisant traîner la procédure en longueur ^. Ses neveux, le comte Jean d'IIarcourt et son frère Louis, s'étaient ostensiblement rapprochés de Jean II '*.

Quoi qu'il en soit, à la fin de i354 et au commencement de l'année i355, toute l'attention de la cour de France devait se concentrer sur les conférences d'Avignon. Jean 11 s'était l'ait représenter par son chancelier, Pierre de la Forêt, archevêque de Rouen, le duc de Bourbon et d'autres membres de son Conseil ^. Le chef de la mission anglaise était le duc de Lancastre, accompagné de l'évèquedeNorwich.de Michel de Northburgh, évêque élu de Londres, de Barthélémy de Burghersh et deGuy de Bryan. Au moment où les plénipotentiaires français et anglais se réunirent, Charles le Mauvais sortit d'Avignon avec toute sa suite, mais il y revint à la dérobée, et, pendant plus de deux semaines, eut de fréquentes entrevues avec le duc de Lancastre. Les deux princes se voyaient la nuit, tantôt dans la demeure du cardinal d'Arras, tantôt dans celle du cardinal de Boulogne *^.

1. Chronique \orinande de Pierre Cochon, édit. Beaurcpaire. p. 8i.

2. Gustave Dupont, Histoire du Colenlin et de ses iles, II, 338.

3. Lcopold Dclisle, Hist. de Saint-Sauveur-le-Viconite, p. 73-78. — Dupont, Hist. du Colentin, II, p. 33.'i-337.

'4. Gr. Chron., p. i3.

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