LE TRAITE DE VALOGNES IO
Les vents contraires s'opposèrent aux projets d'Edouard III. Il fut impossible à ses escadres de prendre la mer. A grand'peinc, piit-il luimême gagner Portsmoiilli, où il attendit, pendant plus de deux mois, et une occasion favorable pour mettre à la voile, et l'appel de son allié, le roi de .Navarre '. Celui-ci vint bien à Cherbourg, au commencement d'août, avec une armée forte de 3.000 combattants, recrutée dans ses Etats espagnols. Même, il fil mine de commencer les hostilités, et ses bandes, se répandant rà et là en Normandie, y causèrent quelf[ues dégâts-. Mais cette oITcnsivc était peu sérieuse; il n'entendait pas la pousser à fond, et elle constituait tout au plus un procédé d'intimidation à l'égard du roi de France. Depuis longtemps, il négociait avec Jean 11, soit directement, soit par l'intermédiaire du Pape, qui, non content de prodiguer les avertissements et les remontrances au roi de Navarre, faisait en sa faveur les démarches les plus pressantes 3. La réconciliation entre le beau-père et le gendre semblait si nécessaire, que tout le monde s'y employait : les (( deu.v reines o, dont le rôle a déjà été mis en lumière, le duc d'Orléans, le duc tle Bourbon, le dauphin lui-même ''. La paix se lit enlin une seconde fois par le traité de Valognes (10 septembre).
lieux de la marine de vostrc hnilliape cl du ressort vous facicz faire lantost et sanz delay les fouyers acoiistiimez à faire en tel cas, afinquc.se les diz anemisdesccndent 011 vouloient descendre à terre, l'en en puisse avoir congnoissance. et faites aussi crier pnl)lir[uemcnt par les licii\ acoustumez de vostre dit bailliage et duditressort que toutes manières de gens, soient nobles ou autres, de quelque estât et condicion qu'il soient, se mettent en arroy et pourvoient d'armes, chascun selon son estât et prestement, afin d'eulz traire tous appareilliez et ordenez devers le capitaine qui pour la garde et delTensc du pais est ou sera ordenez etc. » On aura reconnu, dans les dernières lignes, la formule usitée pour la proclamation de l'arrière-ban.
1. Boliili Parliainentorum. II, aO'i : « ...et h'adrescea (le roi d".\nglcterre) hors de l'eavve de Thamise devers les isles, mes totes voies le vent se monstra contralr à lui, si que a grant peine il vient à Portesmiithe, et y demora grant pièce tant que certeins novels viendrent que le dit roi de Navarre, entrelessé la dite alliance contre son promesse et serment, leust devenuz l'Yaunccys et adherdant audit adversaire nostre Seigneur le Roi. »