Grandes Chroniques, VI, 1G
3. Tous les textes des registres du Vatican relatifs à cette afTaire ont été cités ou indiques par le P. Denifle, La Désolation des églises, monastères et hôpitaux en France, etc., t. IF, i" p., p. loi 107.
4. Secousse a publié toutes ces lettres, qui sont très curieuses, dans le supplément de son Recueil de pièces, p. 565-576. — Lettre des deux reines, du 7 juin <( ...et pour vostre plus grant seurté nous avons pourchacié dever le Roy que nostre très cher neveu et filz le Dalphin se fait fors avccques nous de toutes les choses conte-
Edouard III, voyant (|i]"il avait été joué, rentrait à Londres '.Il réussissait, à la fin d'octobre, à passer sur le continent , mais cette campagne tardivcaboutif pour lui à un nouvel insuccès. Descendu à Calais, il se contenta de pousser, sans résultat utile, une pointe jusqu'en Picardie. Quoique les deux armées française et anglaise eussent pris le contact, toute rencontre fut évitée^. Le roi d'Angleterre se déroba brusquement, une diversion, opérée avec assez d'à-propos par les Ecossais, à l'instigation du roi de France, l'ayant rappelé dans son royaume^. L'année eut été absolument mauvaise pour lui, si, au commencement de septembre, son fils aîné n'eût enfin trouvé des vents propices et fait voile pour la Guyenne. C'est le corps de débarquement qu'il amenait à Bor-
nues oti la copie ci-ciiclosc et en ces lettres aussi... » {op. cit., p. 57/1). Document édite de nouveau par M. Henri Moranvillé. d'après l'oriffinal (Bibl. nat., nis. lat. 1)071, n° 21) dans la Bibl. de l'Ecole des Charles, t. \LIX [18S8]. p. <,i3-(j'i. Le texte d'une autre lettre des mêmes reines, datée du 3 juin, s'est également conservé (Bibl. nat., Fr. 26000, n" 33(j. — Secousse, op. cit., p. 56ij). I. Holuli Parliamenloruin, loc. cil.
3. Gr. Ctiron., VI, 18. — Robert d'Avesbury, De gcstis mirabilibus régis Edumrdi tertii, édit. Edw. Maunde Thompson, Rolls, London, 1889, p. /|27-/|3i. — Chronicon Henrici Knighlon., édit. Jos. Rawson Lumby, Rolls, t. II, 1890, p. 82, 83. — Chronicon Galfridi Le Baker de Swynebroke, édit. E. Maunde Thompson, London, in-8", p. 125-12(3. — Thomœ Walsinghani quondain Monachi S" Albani historin anglicana. édit. Henry Tliomas Rilcy, London, i8G3, Rolls, t. I. p. 280.
Cette courte campagne, qui commença le 2 novembre et était lerniinéc le 11, le jour de la fête de saint Martin, est présentée sous un jour très différent par les chroniqueurs français et par les chroniqueurs anglais. Jean H, qui avait fait « crier » l'arrière-ban, s'était posté avec son armée à Saint-Omer, ce qui n'empêcha pas Edouard 111 de s'avancer jusqu'à Hcsdin. Le vide avait été fait devant les Anglais, qui souffrirent beaucoup du manque de vivres. Leur marche en fut arrêtée du coup ; une prise d'armes des Ecossais les contraignit à la retraite.
Le dauphin était à « l'osl de Picardie » et y exerça un commandement ; des pièces nombreuses mentionnent des chevaliers ou des écuyers « sovis son gouverne ment » (Bibl. nat.. Clairambault, t. LXV, n" d et 05 ; 27 octobre et 7 novembre i355; — t. XCV, n" 57 ; 1 1 novembre i355; — t. C\, n° 8 ; 17 novembre, m. a.) 11 vint ainsi à Amiens et à Saint-Omcr, et comme c'était pour la première fois, il y signala son passage, son « joyeux avènement », en usant du droit de grâce qui lui appartenait en pareil cas (Arch. nat., JJ. 8'i, n°' 38ii et 3(j(j. fol. i(j7"-i98 et 210).
3. Les Ecossais avaient rompu la trêve conchic avec Edouard 111 et envahi l'An glelerre avec l'aide d'Yon de Garencières, « lieutenant du roi de France es parties d'Ecosse ». Sur l'expédition française conduite par le sire de Garencières, voy. Charles de la Roncière. Uisloire de la marine française, t. I. Paris, Pion, 1899, in-8°, p. 5o5-5o6. D'importants subsides avaient été versés aux Ecossais, à Bruges, le i5 septembre i355, notamment une somme de /|0.ooo llorins à l'écu. (Clairambault, t. LX, n" 6 et CIX, n" i4i.)
LE TRAITE DE VALOGXES I OQ
deaux, qui, grossi des contingents gascons, devait ouvrir pour Jean H l'ère des désastres, avant de lui porter le coup décisif.
Le traité conclu à Valognes, le lo septembre i355, entre le roi de Navarre et les « députés » de Jean II, c'est-à-dire Jacques de Bourbon", comte de Ponthieu, et Gautier d'Athènes, est très long * ; il touche à toutes les questions pendantes depuis cinq ans et que le traité de Mantes avait imparfaitement résolues. Il pose en principe que Charles le Mauvais devra faire sa soumission au roi de France et solliciter son pardon. Comme preuve de cette soumission, un châtelain royal et deux personnes de sa suite seront reçus dans chacun des six châteaux normands, dont les capitaines ont refusé d'ouvrir les portes à Jean 11. La réconciliation publique et solennelle entre les deux rois aura lieu suivantuncérémonial et dansdes termesarrêtés à l'avance. Elle seraaccompagnée de tous les serments propres à en garantir la sincérité et la durée. Une amnistie générale est accordée à Charles le Mauvais, à ses frères et à tous ses partisans ; elle est étendue aux conseillers de Jean II disgraciés pour leur participation au traité de Mantes, notamment à Robert de Lorris que, par une inconséquence assez singulière, on venait d'employer aux négociations de Valognes 2.
V. — Quelle que fût la portée réelle de ce traité, il causa une grande joie à Jean II. II faisait échouer définitivement le projet formé par Edouard 111 d'une descente en \ormandie ; il semblait destiné à pacifier la province, à y supprimer toute cause de discorde et d'agitation. Les résultats obtenus ou escomptés enchantèrent à ce point le roi de France, qu'il en témoigna une vive affection au roi de Navarre, et, bien imprudemment, lui recommanda son fils aîné, le dauphin. A partir de ce moment, dit Villani, les deux princes eurent l'un pour l'autre une amitié fraternelle et furent souvent ensemble 3.
Leur intimité pouvait remonter plus haut. Christine de Pisan parle à mois couverts, avec un manque de précision regrettable, de certai-