Secousse, Mémoires, p. 5G; Recueil, p
3 Matteo Villani, lib. V, cap. lxxv ; Muratori. XIA', 3^8 : «Il Re di Francia sentendo i suoi nemici tornati nell' Isola, si ritorno à Parigi, e dimostrando grande aniore al Re di Navarra, gli accomandô il Dalfino suc niaggiore figliuolo ; i quali d'allora innanzi si congiunsono di fraiernale amore, e di gran compagnia ».
IlO LE DAUPHIN LIEUTENANT DU ROI EN NORMANDIE
nés influences fâcheuses subies par Cliarles V, pendant sa jeunesse, d'égarements passagers, imputables à son âge et plus encore à de mauvais conseils*. Que cachent des allusions aussi vagues? Le dérèglement des mœurs? Peut-être, mais des insinuations sans preuves, — de simples on-dit quelquefois — sont une base bien fragile pour autoriser même des conjectures, en une matière aussi délicate-. Une trop
1. Bibl. nal., nis. fr. ioi53, fol. li V-ô : « Et aussi pareillement n'est à mon propos et ne cjuier faire grant narracion sur les fais de Tadolesccnce du dit roy, et pour touchier la vérité, j'entens que jeunesce par propre voulenté, menée plus per\erse que à tel prince n'apertient, dominoit en lui en cellui temps, mais je suppose que ce pot estre par mauvais administrateurs, car comme jeuncce soit de soy incline à mains mouvemens hors ordre de raison, encore quant elle est conduitte et exortée par mauvais et sanz conscience adnonciateurs, plus tendens à l'adulacion du jeune courage du prince pour leur gré acqueire que à le conduire par pure et deue voye, c'est un grant nieschief et péril entour grant seigneur, car orgueil, qui leur ramenloit leur haulte puissance, et jeunece, qui les instruit à leur singulier plaisir en tous delis.leur ostent la crainte et regart de toute discipline, et par oultrecuidance pevent estre conduis à telle ignorance que ilz présument àeulx estre licite faire folies et clioses liors ordre de bonnes meurs etc. »
2. On a tiré du texte de Christine de Pisan cette conclusion, ù priori assez logique, qu'il y a eu dans la vie de Charles \ k une période de libertinage inconnue des historiens » (A. Brachet, Pathologie mentale des rois de France, p. 53.'i-ô35). Elle a dû commencer i< cliez le dauphin (quoique marié), vers l'âge de quinze ans, à en juger par l'âge des deux bâtards que les contemporains lui prêtent (le bailli de Rouen, Oudard d'Atainville, et le fameux ministre de Charles VI, Jean de Montaigu (Montagu) }> ilhid.).
Pour Oudard d'Atainville, nous n'avons que le témoignage de Pierre Cochon, et ce n'est pas assez, étant donnés ses sentiments bien connus à l'égard de la maison de France : u En ce temps (sous l'épiscopat de Philippe d'Alençon, archevêque de Rouen), [regnoitj le roy Charles de Vallois, lequel envoya à Rouen i bailly nommé Oudard d'Atainville. Aucuns disaient qu'il estait son Jil: de hast » {Citron, nnnnande,
Le greffier du parlement de Paris, Nicolas de Baye, relatant dans son journal — à la date du 19 octobre i^og — la disgrâce et la mort de Jean de Montagu, grand-maître de l'Hôtel de Cliarles \ 1, insinue la même chose à son endroit, mais en une phrase singulièrement entortillée et peu claire : « Ce jour, au vespre, ont esté apportées nouvelles à Troyes que messire J. de Montagu, chevalier et grant maistre d'ostel du Roy nostre sire par avant notaire et secrétaire d'icellui seigneur, homme de basse corpulence, maigre à peu de barbe, legier et apert,hatif en langage, ynel, subtil et diligent, aagié de l ans et plus, filz de messire Gerart de Montagu, au temps de son trespas et po avant chevalier et par avant notaire du Roy, et filz comme l'en disait, lequel messire Jehan par affection ou soulTrance ou simplece du Roy et des seigneurs de son sanc royal, avoit esté élevé en telle auctorité et eminence qu'il avoit en son temps gouverné toute la maison du Roy et de la Royne et de Monseigneur le dauphin etc.». La phrase continue, pénible et obscure, pendant près d'une page encore {Journal de A/c de Baye, édit. Alex. Tuctcy, Soc. de l'Iiist. de France, t. I.
LE TKAITl'; I)F. V VLOCNES I I I
grande facilité à éconlor les conseillers « sans conscience d, (jui le dallaient et abusnienl de son inexpérience? Peul être encore, et plus vraiseniblablemcnl. Mais ([110 lui onl-ils suggéré, où s'est il laissé conduire par cu\'.' ^"ur ce priint, les cliioniqueurs sont muets et, pour trouver la contirmalion de ce (jue CInistine de Pisan indique avec une obscurité voulue, c'est à d'autres souicos (piil faut puiser.
La pire iniluence que le daupbin ail pu subir claitcellede son beaufrère, le roi de Navarre. 11 est possible qu'elle se soit exercée sur lui dans des circonstances antérieures ; elle parait avoir été prédominante à l'époque où nous sommes parvenus, c'est-à-dire dans les derniers mois de l'année r35ô.
Peu après la conclusion du Iraiié de \alognes. — le 17 ou le 18 septembre, — Cbarles le Mauvais vint trouver le daupbin au cbàleau du VaudreuiH, (pie celui-ci liabilait de|)iiis plusieurs semaines -, ajirès avoir donné, au début de son séjour en Normandie. la préférence au cbàleau de De\ille. le manoir des arcbe\équ(s do Rouon. <ilué aux portes de la capitale normande.
Paris, i885, p. 290-292). Tout ce que Nie. de IJayn dit ili's alliances prcsfiuc royales des filles de J. de Monlaifïu, de son laslc, de son insolencc^cn ()arlemenl. il arrivait parfois (lu'il « n'oslast son chaperon de sa Icsle non pas devant le Uoy ») lend. semble l-il. à jnslilîer l'insinnalion du début. On aura reman[ué rainbiiruité du passa-re principal, où l'on a peine à démêler s'il s'ai^il de Gérard de Monlaijru ou de son (ils. Lucien Merlet, auteur d'une Iiii>ijnii>ldc de Jean de Monlagu, tjniud nuittre de France / I3r,0-I'i()'j), publiée dans la liibl de l'I-lc des Cliarles (3' série, t. III [iS.ii], p. 2'47-;;8'i), a depuis loiiLrtemps examiné cette question, et voici quels sont ses conclusions : 1» Jean 11 de Monlaii^u, l'aîné nacpiit an plus lard en i.S'iq ou i35o. Le futur Charles V n'a\ail donc que onze ou douze ans au moment de la naissance du (iratid-Maitre. 11 est superllu de souligner l'importance de ce rapprochement ; 2° La beauté de Blette de C.assinel, la mère de Jean do Monlaigu, aurait été pour quelque chose dans la frrande fortune de son mari et de son fils ; malgré la dilTércncc d'âge ([ui les séparait, elle serait parvenue à inspirer de l'amour au dauphin. Celui-ci aurait même affiché publiquement ses sentiments, « en faisant représenter sur ses armes, suivant la galanterie du temps, un rébus de Cassinel, qui était un K, un cygne et une aile » (op. cit., p. 202-253). Les assertions de L. Merlet, touchant les relations qui ont pu exister entre Charles V et la mère do Jean de Montaigu, ne sont justifiées par aucune preuve par aucune référence (il se fondait sans doute sur la généalogie manuscrite de Simon delà \otte,qu'il a utilisée pour son travail», de sorte que tout contrôle et toute discussion sont impossibles.
1. Gr. Chr., VI, 17. « Et ala le dit roy de Navarre par devers le dit dauphin ou chaste! du Vau-de-Hueil. la ou il estoit, environ le xvii ou le xviii' jour de septembre ensuyvant ».