Il dut venir s'installer au Vaudreuil le 3 août
112 T.E DAIPHIN LIELTENA^iT DU UOI EN NORMANDIE
Le Vaudreiiil, dont le nom esl celui d'une piltoresque vallée, arrosée par le cours inférieur de l'Eure, a pu être appelé, en raison de ragrément de sa situation, une des « perles de la Normandie » '. Son histoire était riche en souvenirs. Les Mérovingiens y avaient eu un palais, ou plutôt une villa, que les crimes de Frédégonde ont rendue fameuse. Les ducs élevèrent sur le même emplacement une des principales forteresses de la province, souvent en butte aux attaques des Capétiens. Sous Philippe-Auguste et ses successeurs, le Vaudreuil, déchu de son importance mililaire, continua cependant à recevoir la visite des rois. Jean II eut de bonne heure, avant son avènement, l'idée d'en faire l'une de ses résidences favorites. A peine était il monté sur le tione qu'il donnait des ordres pour une restauration complète du château -.
De i35o à i353, les travaux sont poussés activement, sur tous les points à la fois ; maçons, charpentiers, menuisiers, verriers, sont à l'œuvre. On refait le pont 3, on construit des galeries neuves''. Les lambris sont renouvelés ^, des verrières posées un peu partout, notamment dans la grande salle et la « chapelle de la reine » '"'.
1. l'aiil GoiiJDii, llistoiri' de la cJialellenic et hnule-jasLice du Vaudreuil {Recueil des travaux de la Sociélé libre de l'Eure, 3° série, t. VII [iSGo-iSGi], p. 295-^92).
2. Cela est certain pour les peintures dont il confia l'cxécutioii à Jean Coste, le 29 septembre i35o, neuf jours seulement après le sacre : «' ...cum nos, circa feslum beati Michaelis ultime prcleriluni fucrint très anni elapsi, manda\erimus pcr nostras literas magistro Jolianni dicte Coste ut ad castiuni nostriini Vallis lluellii accederot etc. » (Arch. nat., J,I. 81, n° 678. — Lettres du 2/1 mars i354. n. s. Document plusieurs fois, mais très incorrectement publié. — Bihl . Ec. des Chartes, 2° série, t. III, i84fs p. 334-337. — P. Goujon, Hist... du Wiadreuil, p. tioG, n. io).
Le fait d'une restauration d'ensemble n'est pas douteux, comme le prouvent d'autres textes encore inédits.
3. Bibl. nat., Fr. 26 000, n» 20G ( i(j fév. i3ô3). Quittance de « Guillaumo Roufrcville », charpentier, à Nicolas du Bois, vicomte du Pont de l'Arche, de :!o I. t. « Sur sa tache du f;rant pont du chastel de V'alderenil, laquelle tache se monte vi'^" livres en la manière c[ue contenu est en roulle ». Voy. pour ce travail une lettre adressée au vicomte du Pont-de l'Arche par un certain Guillaume Millet, qui parait intervenir comme entrepreneur ou architecte {ihid , n° 2o5, (( le vendredi après la S' N'alentin l'an mil CCCLII », lô févr. i353).
/l. ]bid., n^- 2 1 1 (4 mars i353). Quittance de a mestre Jehan Taverne, cherpentier », à Nie. du Cois, vicomte du Pont-de l'Arche, de 10 I. t., à valoir « sur sa tache du paveillcn et des galeries du chastel du Valderueil «.
l). Ihid , n"2i3 (5 mars i353). Quittance de « .lelian le Bel, Inuhicr % à N. du Bois, de 7 1. t. « sur sa tachcdu chastel de Valderueil à cause du lambroys (ou lambrpy>) du dit chastel... ».
6. Ibid., u' 192 (27 nov. io.Vj). (hilltance de (iilles de Paris, verrier, au vicomte du
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La décoration inlciieure du château avait été confiée à Jean Coste ^, un des (( primitifs » français dont le nom serait le plus digne de mémoire, s'il était démontré qu'il est l'auteur du portrait de Jean II, conservé à la galerie Mazarine -. Malade et peut-être affaibli par l'âge, quand il reçut les commandes du Roi 3, le maître éprouva de nombreux déboires. Jean H s'élait-il montré trop pressé? Jean Coste avait-il négligé des précautions élémentaires? On ne saurait le dire. Toujours est-il qu'il avait peint ses premières fresques sur des murs pourris d'humidité, peut-être sur des enduits trop frais. Une partie de son travail fut perdue; il fallut la refaire. La dépense en fut accrue d'autant, et les préoccupations d'argent étaient le gros souci du peintre. Le vicomte du Pont-Audemer, qui avait l'ordre de lui faire les avances nécessaires, de lui procurer tout le bois dont il aurait besoin pour se chaufTer et pour construire ses échafaudages, mettait peu d'empressement à satisfaire aux demandes de l'artiste. Le plus souvent il n'y répondait pas.
Jean Coste avait beaucoup de frais à supporter; il employait des ouvriers, dont les salaires étaient à sa charge; il lui fallait renouveler fréquemment ses couleurs et il ne pouvait les acheter qu'à Paris. Le Roi, enchanté de l'effet que produisaient les fonds d'or pur, avait
Pont-de-l'Arche, de 'i~ 1. t. 3 s., ii valoir sur 87 1. t. (c pour verre mis et enestoré en la salle du Val de Rucl au dess. (dessus ?) des sassis ». — IS° 207 (16 févr. i353). Quittance de « mestre Gilles le \ errier, de Rouan, » au même vicomte de 27 1. i5 s. t. a pour cause de 3o et sept pies de verre mis en deux pingnons de la chapelle Madame la royne, du Valderueil, lequel verre est ouvré de ymagerie, pour chascun pie quinse soûls... ».