‹ Histoire de Charles VChapitre 88 sur 381 · SecQu.sse, op. cit., p · texte numérisé non relu

SecQu.sse, op. cit., p

3. Secoiisse, op. cit., p. 60: c ... cl tout ce poiirclia.*soil le dit Roy de Navarre de\ers le duc de Normandie, en lui fai:>anl enlendanl que son perelcliaoit à mort et que en apparoit bien par ce que il ne luivouloit riens donner en son royaume; et quant le roy le sçot, il (ist venir son fdz à lui et lui donna la duchié de Normandie; et ainsi se defist leraprise ».

Même version, à peu près, dans l'Acte d'accusation, art. 32 : «Et pour ce que le roy sceust ces paroles, pour monslrer la vraie amour qu'il avoit à son filz et les mençonges de l'autre (Tévèque de Laon), il le fist duc de Normandie ».

!>. Grandes Chron., VI, 20. « Item, en cellui an, le lundy veille de la Conception Noslre-Damc. donna le roy le duchié de Normandie à Monseigneur Charles, son ainsné filz, dalphin de Viennois et conte de Poitiers; et le landemain, jour de mardi et jour de la dicte feste de la Conception lui en fist le dit Monseigneur Charles hommage, en l'ostel maistrc Martin de VIello, chanoine de Paris, ou cloistre Nostre-Dame. »

5. Bibl nat., Clairambault, CCVill, n" ^ij (3i décembre i355|. Mandement du Roi à ses trésoriers à Paris : « Nous avons ordené que nostre très chier et amé filz Charles, duc de Normendie, dauphin du Viennois, ait du nostre, tant pour la despense de son hostel comme pour le fait de son escuirie et argenterie, vint six mille livres parisis fors, sanz achat de chevaux, et quatre cens mars d'argent fin pour faire vaisselle pour son dit hostel. Si vous mandons et commandons que présentement vous faciez baillier à li ou a son certain commandement dix mille li^res sur la somme dessus dite elc. »

I20 LE DALPni> LIEL TE?JA>T DU ROI EN ?iORMAISDIE

très graves, les Etals Généraux de la langue d'oïl venaient de se séparer après une courte session; ouverte le 2 décembre', elle avait duré environ une semaine. Il est possible que la présence des députés, l'intervention des plus influents d'entre eux, aient contribué à faire taire les griefs du Roi, à lui inspirer une politique de clémence et d'apaisement.

La convocation des Etats Généraux était une conséquence nécessaire de la reprise des hostilités avec l'Angleterre. Les ressources ordinaires de la Couronne ne permettaient plus depuis longtemps de faire face aux dépenses d'une guerre, même de courte durée. Sous Piiilippe VI, et une fois au moins depuis l'avènement de Jean II, des assemblées des trois ordres avaient été réunies pour donner au Koi un concours financier indispensable -. Mais, faute de pouvoirs suffisants, ou à dessein, pour ne pas s'engager à la légère et sans avoir stipulé des garanties sérieuses, ces assemblées n'émettaient guère qu'un vote de principe, après lequel le plus difficile restait à faire. Des commissaires royaux étaient envoyés dans les provinces, pour convenir avec les nobles, le clergé et les bonnes villes, des conditions dans lesquelles le subside serait perçu, parfois même pour en déterminer la nature et la quotité ^. De tels errements n allaient point sans perte de temps; ils favorisaient les résistances locales, habituant les Etats provinciaux à élever leurs prétentions et à n'accorder une nouvelle inqjosition qu'au prix de concessions gênantes pour l'avenir^. Ce marchandage recommençaîl tous les ans, car tous les ans il fallait de l'argent. Dans l'intervalle des sessions, dont la tenue ne dépendait que de 1 arbitraire royal, les commissaires, ne pouvant s'autoriser d'une décision récente des Etats Généraux pour obtenir la levée

Page 1