‹ Histoire de Charles VChapitre 89 sur 381 · Grandes Chroii., \l, nj · texte numérisé non relu

Grandes Chroii., \l, nj

2. Georges Picot, Hist. des Etals Généraux, 2' édil. t. 1, Paris, Hachette, 1888, iii-13, p. 3o-3i. — Malgré les Recherches sur les premiers Elats Généraux, de M. Hervieu (Paris, Tiiorin, 1879, iii-8"), l'histoire de ces premiers Etats Généraux — je parle spécialement de ceux qui se tuirent sous le règne de Philippe VI — est encore singulièrement obscure et mal connue.

3. Arch. nat , J., 38/|. Subsides ; — J., (ji8, n° 30 ; — JJ., 84, n" 8, fol. O-7 \° (avril i355); subside d'Auvergne. — Ord. des rois de France, II, p. 3(ji. 5oy, 629, 5O7- 570; subside du bailliage de Vcrmandois (i35i-i354) ; p. 057 (5 juillet io5i) ; subside du bailliage de Sentis.

/j. V'oy. les réserves et les garanties stipulées pour l'octroi du subside d'Auvergne en i355 (Arch. nat., JJ.,8i, n" 8, fol. 6-7 v°).

ÉTATS GÉNÉRAUX Dl-, l355 12 r

d'un subside, avaient une lâche fort délicate; les négociations étaient épineuses et ne donnaient cjuc do maigics résultats. A la fin de l'année i355, et avant même que le péril d'une double invasion anglaise fùl devenu une réalité, la nécessité était reconnue de tout le monde de porter renicdc, par des nKJvens plus expédilifs cl moins aléaloircs, à une crise financière, que les détestables agissements de Jean 11 en matière monétaire avaient beaucoup aggravée. Il fallait procurer au Roi, el lui procurer sans délai, les ressources plus larges et plus régulières, sans lesquelles il serait réduit à l'iuipuissance.

Les Etals Généraux de la langue d'oïl furent donc convoqués à Paris pour le lundi 3o novembre, fêle de saiiil Andrc- '. La première séance se tint le 2 décembre "-. Le chancelier de France, Pierre de la Foret, archevêque de Rouen, fit l'exposé de la situation cl requit le vole d'un subside pour subvenir aux frais de la guerre.

Les trois ordres répoudiieul unanimement « qu'ils étaient j)rèts à vivre et à mourir avec le Roi el à metlre corps el avoir en son service ». Ils demandaient seulement un délai pour conférer entre eux sur la nature et l'importance du subside qui serait octroyé •"'. L'orateur du clergé était Jean de Craon, archevêque de Reims, celui de la noblesse Gautier de Brienne, duc d'Athènes, celui des bonnes villes, Flienne Marcel, le célèbre prévôt des marchands, en charge depuis i35^, et désigné déjà, par ses fonctions comme par son talent, pour le grand rôle qu'il était appelé à jouer.

Après en avoir délibéré, les dépulés consenlircnl à faire les frais de 3o.ooo hommes d'armes, dont l'entretien annuel l'ut évalué à 5.000.000 de livres tournois. Cette somme devait être fournie par la gabelle du sel et une aide de 8 deniers par livre « sur toutes denrées » '*, sans privilège ni exemption pour personne. Comme il n'était pas sûr que les ressources ainsi créées dussent suffire, les Etats s'ajour-

I. Les lettres de convocalLon avaient clé données à Saint-Denis le tj octobre. Voy. le compte de la vicomte d'Arqués et de Neufchàtel, rendu à Fàqvies i350 : «... lettres du Roy nostre sire faisans mencion que au jour de la feste Saint-André derrain passée on adjournast par devant le Roy notre sire à Paris tous prelas, chapistres et autres gens d'église, les nobles et les bonnes villes, pour acorder ce qui seroit dit sur le fait des guerres, comme plus à plain est contenu es dictes lettres, ovec plusieurs autres choses, données à Saint-Denys l'an CCCLV, le li'jour d'octobre. »

a. Gr. Ghron. , VI, 19.

3, Ibid., VI, 19-20.

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