CHARLES DUC DE NORMANDIE
Les communes de la langue d'oc — car le tiers état fut surtout, sinon exclusivement, représenté — s'assemblèrent à Toulouse dans les derniers jours du mois de mars '. Les commissaires royaux exposèrent l'objet de leur mandat, firent connaître les desseins de Jean II et annoncèrent l'arrivée prochaine du duc de Normandie "^. En effet, le prince n'était pas encore venu, et il esta peine besoin de dire que le voyage projeté n'eut jamais lieu. Charles était retenu dans son duché par des complications imprévues, et les événements allaient se précipiter de façon à rendre son départ impossible.
Les Etats se montrèrent très généreux ; ils votèrent un double subside, qui devait courir pendant un an, à l'exclusion de tout autre impôt : une aide de six deniers par livre sur le prix de vente des diverses denrées et marchandises et un louage d'un mouton d'or 3. Mais les communes subordonnèrent leur concours à une condition absolue, c'estquele dauphin viendrait en Languedoc cten Aquitaine, qu'il résideraitdans le Midi de la France pendant une année et sans cesser de faire la guerre aux ennemis du Roi. L'octroi de l'aide serait nul et non avenu, si le fils aîné de Jean 11 ne se rendait pas en personne dans le pays, s'il
quanta polerit celeritatc festinet... » (Arch. connu, de Montpellier, Grand Cliartrier, H, 6, n" 3972).
Le da\ipliin, en écrivant au\ consuls de Nîmes, leur annonce également la venue des commissaires du Roi : «[Et] pour ce que en ceste chose convendra [faire] grans frais et missions, il envoie ou dit pais ces amez et feaulx conseilliers l'evcsque de Nevers et messire Jehan Chelemart (sic) président en son parlement, pour traictier avec vous et les autres bonnes gens du pays de aide et finance convenable pour ce faire, clc. »
La mission do Tévèquc de Nevers et de Jean Chalemard avait d'autres objets encore, notamment un traité avec le roi d'Aragon (projet d'alliance et mariage de l'infante avec le futur duc de Berry). — Voy. Dom. Vaissète, t. IX, p. 656, 660 et n. 3. — Cf. également, Bibl. nat., P. O. 6/|8, Chalemard, n°' 8 et 9, (i5 et 18 février i356.