Chron. des quatre premiers Valois, p. 3/i
II. Voy. les textes cités à la page précédente. La Chronique des abbés de Saint-Ouen, p. 88, commet une erreur, ou plutôt une confusion avec l'assemblée qui se tint un mois après, au Vaudreuil : « ... en l'an de grâce mil CCCLV, le roy de France donna la duchée de Normendic à Charles son aisné fils, dalphin de Viane, lequel vint à Rouen -en l'an dessus dit, environ le Candeleur (2 février i35(3) rechevoir les hommages du dit duchée de Normendic... » A Candeleur il faut substituer Tiphaine.
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poiir lui pièter lioiiimage '; mais prcalalilcment, il devait jiitcr luiincinc de iiiainlenir les privilèges de la province qu'il élait appelé à gouverner, (jodcfroy d'IIarcoiirl, dont les scnlirnenls hostiles étaient notoires, provoqua un incident caractéristique, qui marquait bien la persistance du vieil esprit féodal, en même temps qu'il traduisait des prcoccu[)a lions tout actuelles. Il allaprendreà la Cathédrale et apporta au château la <' charte au\ Normands », où étaient énumércs les privilèges de la Normandie, concédés par Louis le Ilulin à son avènement au trône, a Lac^uelle charte il apporta sur sa tète par devant le duc et dit de façon à être entendu de tous : « Mon seigneur naturel, voici la charte auv Normands. S'il vous plaît de jurer et de garder votre serment en la forme qui y est contenue, je suis tout prêt à vous faire hommage ». Sur ces paroles, le conseil du duc voulut voir et examiner la dite charte. Mais Monseigneur Godefroy répondit (juil avait promis de la rendre et re[)lacer immédiatement dans l'église oij il l'avait prise, ce qu'il ferait. Toutefois, si on en voulait une copie ou un ridimiis, on pourrait l'avoir facilement. Ainsi s'en alla Monseigneur d'Harcourt tle la cour de son suzerain, sans lui avoir fait hommage, se contentant de dire, pour expliquer son départ, qu'il lui convenait d'être promptement en sa terre -.
Tel est le récit de la Chronique dei quatre premiers \alois. La a/ironique des abbés de Saint-Ouenpvésenle les choses un peu dilVéremmcnt -^ sans (pie, d'ailleurs, les deux versions se contredisent. Un « clerc sage et discret », nommé Simon Baudry, chanoine de Lisieux '•, aurait rappelé, — peut-être après le départ de Godefroy d'Harcourt, — les droits et libertés de la Normandie, et supplié Charles de les respecter et faire respecter de tous. Le duc réponilit (pie c'était sa volonté et il prêta le serment accoutumé : « Je garderai et entretiendrai l'Eglise et ses ministres, les nobles et autres manants et habitants de mes dits pays et
1. Chéruci, Hist. de Rouen, II, i-3. Tout le cérémonial de « l'iiislUntioii » on de la « constitution « du duc de Normandie est conservé dans un registre des archives communales de Rouen (S. I ; Man. du xvii' s., fol. /i7r°-473) : « Incipit officium ad ducem conslituendum. » En marge : « L'office de la constitution du duc de Normandie. »