‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 112 sur 362 · Jouvenel, p. 352; Religieux, t. VI» p · texte numérisé non relu

Jouvenel, p. 352; Religieux, t. VI» p

5 Voir les considérants des lettres de Cliaries VI du 9 juin , contenant révocation des confiscations, condamnations, etc., portées contre le duc depuis sa sortie de Paris. Ordonnances, t. X, p. 453.

1418 LE DAUPHIN jusqu'au MEURTRE DE MONTEREAU. 103

subir devant Tours , il consentit à reprendre les négociations. Une assemblée fut tenue à Ghinon, par Tiiiîtiative de la reine de Sicile, où se trouvèrent, avec Yolande, le duc de Bretagne, les jeunes ducs d'Anjou et d'Alençon, et un grand nombre de prélats , de barons , de chevaliers et d'autres gens notables \ Là , conformément aux « supplications et requestes » de la reine de Sicile et des princes^, on rédigea, sous le titre d'Avis faits pour le bien de la paix et union de ce royaume, une déclaration devant servir de base k un traité.

Il convient d'entrer dans l'analyse de ce document, afin de bien préciser l'attitude du gouvernement du Dauphin, au moment où toute la direction des afiFaires du royaume venait de passer entre ses mains.

Le Dauphin déclarait d'abord que, « pour fjiire service et plaisir à Dieu , » et pour moiatrer son désir, d'ime part d'éviter aux sujets du Roi lies maux de la guerre et au contraire de les faire vivre en paix, d'autre part de s'occuper avant tout de la défense du royaume contre les Anglais , à quoi il voulait « employer sa propre personne et y entendre, disait-il, comme à lui touche et appartient, après le Roi son père, plus qu'à nul autre ; » et « non obstant tous les cas advenus , dont l'honnelir du Roi, le sien, et de tout le royaume étaient tant grevés comme chacun pouvait le connaître, » — il était contenf (fue bonne paix fut faite et entière réconciliation du duc de Bourgogne avec le Roi et lui , et que le duc demeurât « leur bon parent, subjet et vassal, et en leur bonne grâce, sans dorénavant avoir souvenance de nulle des choses passées. »

Après avoir indiqué diverses conditions relatives aux serments à prêter de part et d'autre, à la publication de la paix, à la remise entre ses mains de la ville de Tours , le Dauphin disait que son intention, en faisant la paix, était que le duc de Bourgogne s'employât, de fait et incontinent, à la lutte contre les Anglais , et que ses garnisons se rassemblassent dans ce

1. Lettre missive du Dauphin aui habitants de Lyon, en date du U octobre 1418.

2. « Après aucunes supplications et requestes à lui (le Dauphin) sur ce faictes par plusieurs de son sang et lignaige et autres. « Avis, l. c, p. 275. — ce Mesmement à la supplication de nostre très chière et très araëe mère la Roync de Jérusalem et de Secile, et de nos chiers et très amez frères les ducs de 3retaighe, d* Anjou et d*Alençon. » Lettres du 29 septembre 1418, /. c, p. 271.

but ; le Dauphin en ferait autant de son côté , moyennant le serment prêté par les habitants d*être fidèles au Roi et à lui. Et afin que le duc connût la « bonne fiance » qu'il voulait avoir désormais en lui , le Dauphin déclarait consentir à ce que , sous ratitorité du Roi et la sienne, le duc fût lieutenant et capitaine général de la guerre dans les parties anglaises de la Normandie, la Picardie , la Champagne et TIle-de-France , avec tel nombre de gens d*armes et de trait qu*on jugerait nécessaire. Pour cela, le duc serait autorisé à mander tous nobles dans lesdits pays, et les sujets du Roi seraient tenus de lui obéir et de le seconder dans la lutte contre les Anglais. Il aurait en outre la disposition des revenus des pays susdésignés, jusqu'à concurrence de la somme afférente aux dépenses de la guerre.

De son côté , le Dauphin , voulant s'employer en personne à la lutte contre les Anglais, déclarait se charger, de concert avec le duc de Bretagne et les autres princes , des opérations militaires en Basse Normandie et en Guyenne. Pour cela, il profiterait des ressources en hommes et en argent qu'offraieût les provinces étrangères à celles dont le duc serait chargé.

Après^plusieurs clauses relatives au partage des ressources financières, aux nominations aux offices, aux restitutions de biens, à une abolition générale n'exceptant que « le cas advenu à Paris » et les exclusions prononcées parle traité de Chartres, le Dauphin déclarait que, « pour entretenir la paix dessus dicte et éviter toutes suspections d'une part et d'autre, » il consentait , si c'était jugé utile , à avoir auprès de lui et dans son Conseil plusieurs notables serviteurs du duc, lequel, de son côté , recevrait près de lui des serviteur^ du Dauphin. Enfin , reprenant une des clauses des préliminaires rédigés à la Tombe, il demandait que « se aucuns alliances , convenances , pactions ou abstinence de guerre avoient aucunement esté ou estoient faites, traitées, promises et accordées par le duc de Bourgogne avec le Roy des Romains , les Anglois ou autres quelconques ennemis et adversaires du Roy, de mondit seigneur le Dauphin, et du royaume, » le duc y renonçât et « baillast sur ce ses lettres convenables \ »

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