Rymer, /. c, p
6. Rymer, I. c, p. 170; cf. lettres de Henri V, du 7 août (ibki.).
7. « Et tune ab omnibus expectatir adventus ducis Burgundi», sed pullulavit opinio
fournissent à cet égard les renseignements les plus précis. ' Jean sans Peur, reconnaissant le droit du roi d'Angleterre , qui, sur le refus de son adversaire de France d'en tenir compte, lui a déclaré être décidé à procéder par la force pour se mettre en possession du royaume et de la couronne de France, et considérant les grandes victoires que Dieu, par sa grâce, a octroyées au roi d'Angleterre et à ses nobles prédécesseurs, lui promettra , par lettres écrites de sa main et scellées de son privé scel, que, nonobstant que, croyant bien faire, il ait, faute de bonne information sur le droit et titre du roi d'Angleterre sur les royaume et couronne de France, tenu le parti de son adversaire ^ présentement , mieux informé , il tiendra désormais le parti du roi d'Angleterre et de ses héritiers, « comme celui et ceulx qui de droit sont et seront roys de France et qui de droit auroient en possession réale les royaulme et corone de France. »
Le roi d'Angleterre n'exigeait pas immédiatement l'hommage que le duc reconnaissait lui être dû ; mais si tôt que , « à l'aide de Dieu , de Nosire-Dame et de monseigneur Saint-Geoi^e , » le roi d'Angleterre aurait conquis une notable partie du royaume, le duc lui ferait hommage lige et lui prêterait serment de fidélité , « comme soubgit du royaume de France doit faire à son soveraine seigneur roy de France. »
Le duc s'efforcerait, « par toutes les voies et manières qu'il saura ou qui lui seront infoumfiées , et qui sont secrètes, » de faire -arriver le roi d'Angleterre à ses fins , et de lui faire avoir réelle et pleine possession du royaume.
Pendant que le roi serait occupé à sa conquête, le duc attaquerait ceux que Henri appelait ses ennemys du royaume de France, c'est à dire les princes restés fidèles à Charles VI et ennemis de la faction bourguignonne.
coDsiliuni suam^ nulle tolerare eum venire. absque obsidibus duobus ducibus illnstribas et quatuor de comitibus darissinris Ângli». Et dum permansit hase opinio per aUquot dies venenmt oratores sui , persone spectabiles , qui bberè et lœtanter suscepti ad sécréta regia, demum latente oomibus preterquam concilie ad qmd vénérant, cum responso, vultu hilari, et ut dicebatur non sine exuviis redienmt. > — Gesta Henrici V, éd. Williams, p. 95.
140 HISTOIRE DE CHARLES Vil. 1419
Non seulement on a, sous forme de minute*, le texte de cet appoiritement, mais il est reproduit textuellement dans des lettres , au nom du duc , préparées à Tavance , et dont la date est restée en blanc ^. Il n'est donc pas douteux que Jean sans Peur ait consenti à traiter sur ces bases.
Tels furent les préliminaires de l'entrevue de Calais '.
Que se passa-t-il dans cette entrevue *, à' laquelle prit part l'empereur Sigismond? Le pacte entre le petit-fils de Charles V et l'arrière petit-fils d'Edouard III fut-il conclu? Le duc de Bourgogne, en plaçant sa signature au bas du traité, consonunat-il son crime de haute trahison*? L'histoire est muette à cet égard. Les historiens anglais contemporains, comme s'ils . obéissaient à un mot d'ordre, gardent le silence; et l'un d'eux, qui déclare ignorer ce qui sortit de ce colloque, lance en passant à la fourberie française un trait qui n'atteint que la four-
i. Rymer, t. IV, part, m, p. 177-78.