‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 140 sur 362 · ibid., p · texte numérisé non relu

ibid., p

3. Chose digne de remarque, tandis que le duc de Bourgogne se préparait à son entrevue avec le roi d'Angleterre , on faisait écrire au Dauphin Jean , livré à l'influence bouiv guignonne , une lettre (datée du Quesnoy , le 27 septembre) , qui fut adressée aux bonnes villes. Le jeune prince y disait qu'il avait su nouvellement que le roi d'Angleterre était descendu à Calais , dans l'intention de porter tout le dommage qu'il pourrait au Roi et au Royaume; il annonçait vouloir s'employer au service du Roi et à la défense du Royaume, exhortant à se préparer à venir en aide au Roi , quand on serait mandé. Tout scrupule et note de division devaient être mis de côté pour résister à Vadvenaire d'Angleterre. — Lettres de Tours, publiées par M. Luzarche, p. 47.

4. Le duc arriva à Calais le 6 octobre et y séjourna jusqu'au 13. D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IH, p. 451 ;.Gachard, Archives de Dijon , p. 234.

6. Rapin Thoyras l'affirme {Histoire d'Angleterre, t. RI, p. 389), mais sans preuve suffisante , et c'est ce qui a porté les historiens à nier l'existence de ce traité. Le P. Daniel a été le seul, avec Saint-Foix, à croire au traité de Calais. Ce qui est certain, c'est qu'un serment fut prêté par le duc avant de se rendre à Calais, et que ce serment paraît avoir compris les clauses stipulées dans les préliminaires. Voici en quels termes les lettres de pouvoir de Henri V (2 octobre 1416) parient du serment du duc : « Cum inter deputatos

et commissarios nostros, ex una, et deputatos et commissarios Johannis , ex altéra

parte, de et super mutua visione sive conventione , necnon de et super suffîcien-

tibus securitatibus pro higusmodi conventione sive mutua visione pro ipso consan-

guineo nostro ac dilectissimo et amantissimo fratre nostro Humfrido quam, pro

ipso consanguineo nostro in obsidem et securitate ostagium in manus, etc.... transmittere et dare promtsimus, etiam cum eum juramentorum ad sacra Dei Evangelia, invicem, sub certis modo et forma, interpositione et prsestatione, per ipsos Jobannem ducem et Pbilippum comitem, consanguineos nostros, fadendorum, nonnuUœ ftrovisiones habitœ sunt et conelusœ, prout in litteri nostris et ipsorum Johannis ducis et Philippi comitis, sigiUis consignatis, expressius continetur, nos, de fidelitate, etc. (Suit le pouvoir.)

berie boui^uignonne \ Mais on crut alors en France à une entente entre les deux princes*, et il ne nous paraît pas douteux — surtout après les conventions de Leicester et dTpres — que Jean sans Peur n'ait été jusqu'au bout et ne se soit allié, sinon officiellement au moins implicitement, à l'ennemi Ae la France. S'il n'apposa pas sa signature au traité , ce n'est pas qu'il reculât devant de tels engagements — on Ta vu suffisamment par ce qui s'était passé deux ans auparavant, et il y avait longtemps qu'on le jugeait capable d'une telle alliance *. Il est probable, comme l'a dit Michelet, qu'il fit entendre au roi d'Angleterre qu'il ruinerait le parti bourguignon par une alliance ouverte et qu'il le servirait mieux par sa neutralité que par son concoiu's^.

L'amitié secrète de Jean sans Peur suffisait d'ailleurs au roi d'Angleterre, et c'est à l'abri de cette amitié qu'il fit la conquête de là France*. Henri V put descendre en Normandie et s'avancer rapidement , grâce à la diversion du duc *, qui , pendant ce

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