‹ Histoire de Charles VII (volume 2)Chapitre 17 sur 362 · Histoire de France, 1863-64, 5 vol. in · texte numérisé non relu

Histoire de France, 1863-64, 5 vol. in

7. Nous indiquerons ceux de MM. Emile de Bonnechose (1834, 2 vol. in-12, U éditions jusqu'en 1869), Mazas (183i-36, i vol. in-8«, i^ éd. en 1846), Henrion (1837-40, 4 vol. in-8»), Am. Gabourd (1839-40, 3 vol in-12, nouv. 6d en 1843, 1846, 1851), Mennecliet (1840, 4 vol. in-12, nouv. éd. en 1863), Théod. Bui^tle (1840, 2 vol. gi'. in-8o, nouv. é^. en 1842 et 1859). Achmet d'Héricoui-t (1844-46, 2 vol. in-8«), l'abbé Mury (l>i60, 2 vol. in-12, nouv. éd. en 1875-76, 4 vol. in-12), Henri Abel (1861, 5 vol. in-12), Edmond Demolins (1878-80, 4 vol. in-12). — Nous devons distinguer des simples abrégés YAln-êgé de l'Histoire de France de M. Victor Duruy, parce qu'il a eu, outre l'édition en 2 vol. in-12 de 1855, une édition illustrée, revue et très augmentée, publiée en 1862 par Laliure, sans nom d'auteur, sous ce titre : Histoire populaire de la France (2 vol. gr. in-8*'). Dans cet ouvrage, M. Duruy dit qu'au début de son règne, et pendant de longues années, Charles VII « ne montra de vivacité que pour les plaisirs et une sort« d'hébétement en face des affaires et des périls » (t. H de l'Histoire populaire, p. 2); il est vrai qu'il lui rend justice plus loin , en parlant de la dernière partie de son règne.

(8) Nous ne croyons pas devoir faire une mention spéciale de Y Histoire de France

INTRODUCTION. XLV

M. Dansin, alors professeur d'histoire au lycée de Strasbourg, mort depuis prématurément à Caen, où il avait été nommé professeur d'histoire à la faculté des lettres , est l'auteur d'une thèse pour le doctorat, soutenue en Sorbonne en octobre 1856, au moment môme où venait de paraître le tome VI de V Histoire de France de M. Henri Martin, et qui fut publié la même année à Strasbourg*. Ce travail fut réimprimé deux ans plus tard avec quelques développements '. Dans son livre où, comme on l'a remarqué justement, les actes du gouvernement de Charles VII sont mis dans un jour si nouveau, M. Dansin condamne ce roi avec une sévérité qui lui attira d'ailleurs des observations pleines de justesse ' :

« n y aurait quelque naïveté h ressentir le moindre enthousiasme pour ce prince. L'apathie, la défiance et l'égoïsme ont été le fond de son caractère et n'ont cessé de le dominer à toutes les époques de sa vie et dans les situations si diverses oii la fortune s'est fait comme un jeu de le placer. On a bien essayé de réclamer quelquefois* pour Charles VII les qualités morales que nous lui refusons, et de rapporter même à son activité et à son esprit d'initiative toutes les grandes mesm*es de gouvernement dont son règne a été rempli. Malheureusement pour ceux qui poursuivent celte réhabilitation de bonne foi, les documents contemporains qui concernent la vie et les actes de ce prince, ne peuvent laisser aucim doute sur rincurable faiblesse de son caractère. Sa vie n'est qu'une succession des défaillances les plus déplorables*... Quand on a parcouru les

racontée à mes petits-enfants, par M. Guizot (Paris, Hachette, 1872-76, 5 vol .gr. m-8«>), car le jugement formulé sur Charles Vil est dépourvu (Toriginalité : « Prince indolent et Mvole, adonné à ses seuls plaisirs, dont rien ne faisait pressentir la capacité, et de qui, hors de sa cour, la France ne se préoccupait guère (t. U , p. 286). » L'historien reconnaît le changement survenu, en U37, dans Tattitude et les dispositions du Roi , mais il en fait honneur à Âgnè& Sorel, dont il « n'a garde de contester la part d'influence dans le réveil politique et guerriei* de Charles VII , après le traité d'Arras (p. 349). » U lui i-end pourtant plus loin (p. 367-69) ua hommage mérité.

1. Essai sur le gouvernement de Charles VIL Thèse présentée à la Faculté des lettres de Paris, par Hippolyte Dansin. Strasbourg, 1856, gr. in-8«.

2. Histoire du gouvernement de la France pendant le règne de Charles Vil, Paris, A. Durand. 1858, in-8».

3. M. Léopold Monty, dans un article remarquable. Constitutionnel du 28 août 1859.

4. M. Dansin fait ici allusion à la polémique soulevée par l'apparition du volume de M. Henri Martin.

5. Dans sa thèse, M. Dansin avait dit, plus brièvement, mais plus sévèrement encore : ff On doit fort peu de sympathie à cette figure triste et indolente, à cette âme apathique et

XLVI INTRODUCTION

chroniques du temps, n^est-on pas convaincu que jusqu'à sa trentième année Charles VII ne s'est pas appartenu môme un seul jour?... Trouverons-nous dans l'homme mûr plus de virilité?... On ne peut nier qu'à cette époque le caractère de Charles VII n'ait paru reprendre par instants un peu de ressort et de vigueur; malheureusement ces lueurs d'énergie n'avaient pas plutôt brillé qu'elles allaient s'éteindre dans l'incurable indolence qui faisait le fond de sa nature morale... Naturellement nous n'irons pas demander à la vieillesse de Charles VII la vigueur morale et la force d'âme qui manquaient à sa jeunesse et à son âge mûr... Ce qui occupe sa vie, ce sont les soupçons et les frayeurs qui ont désolé sa jeunesse. Assiégé d'inquiétudes horribles, il évite les yeux du peuple et le séjour des villes, où pourtant il est aimé ; il se tient caché au fond de ses châteaux, et quand il meurt, il y avait déjà quelques années qu'il ne donnait plus guère que son nom au gouvernement de l'État... Charles VII n'a que bien peu participé au maniement des affaires, et il est môme fort probable que plusieurs des réformes qui honorent la seconde moitié de son règne ont dû s'accomplir presque à son insu *. »

M. DaTeste, longtemps professeur à la faculté des lettres de Lyon et doyen de cette faculté, puis recteur à Nancy et à Lyon *, a fait paraître une Histoire de France, à laquelle l'Académie française a décerné deux fois le grand prix Gobert, et qui, par la sûreté des recherches comme par la modération des jugements, est sans contredit la meilleure publiée dans ce siècle. Voici comment le savant correspon-

lâche qui , pendant tant d*annëes , n*a échappé à ses langueurs que pour la débauche , Tingratttude ou le crime (p. 4). »

1. Histoire du gouvernement de la France pendant le règne de Charles Vil, pages 6-13. — c Pour ne pas m*attirer la confusion d*étre classé par M. Dansin au premier rang des naïfs, dit à ce propos M. Leop. Monty, dans l'article cité, je lui déclare que je me défends à merveille de tout enthousiasme pour Gliarles VII , môme de celui que pourrait m'inspirer Thistorien de son gouvernement , mais je dois lui déclarer aussi que je ne saurais souscrire à cette appréciation, qui est aux antipodes de Tenthousiasme... La présence de certaines qualités rend nécessairement impossible Tabsencc complète de certaines autres, et je ne parviens pas à m*expliquer comment le roi Charles VU, possédant, selon M. Dansin, un grand tact naturel, un jugement solide, un sens di*oit et profond, le don admirable de comprendre le bien de TÉtat et de deviner les hommes capables de Taccomplir, se trouve être, au demeurant, l'un des plus tristes princes que la France ait jamais eus. » — Chose curieuse , un écrivain du Siècle , dans un autre article sur cet ouvrage , reproche justement à M. Dansin son enthousiasme pour le règne de Charies Vil (6 juillet 1858, article de M. L. Guzon).

2. On se souvient de la révocation injuste et brutale, si honorable pour M. Dareste, prononcée contre lui par le gouvernement de la République en 1878.

INTRODUCTION. XLVH

dant de l'Institut apprécie Charles VII, dans son tome III, publié en 1863 :

« Il avait commencé par être un des rois les moins obéis que la France eût eus jamais ; il finit par être un de ceux qui le furent le mieux. Il avait trouvé partout l'indépendance et Tinsubordination, et il en triompha partout. Il avait trouvé le pays mécontent et découragé ; il le releva, lui rendit la confiance et lui inspira Ténergie nécessaire. Les auteurs contemporains attestent à Tenvi l'un de l'autre la joie que la France éprouva de se revoir libre , maîtresse d'elle-même, développant désormais sans entraves ses forces et ses ressources. Charles VII ne fut assurément pas l'auteur unique de ces grands résultats. Une part en revient aux hommes éminents dont il avait su s'entourer, et à l'esprit public, qui se réveilla avec une singulière énergie. Mais il sut accomplir cette tâche laborieuse avec une habileté et une persévérance rares... Il mourut ayant chassé l'Anglais, rétabli l'ordre, réduit les princes à l'obéissance, réformé l'armée et la justice, efiacé un demi-siôclc de calamités, léguant enfin à son successeur un pouvoir assis sur les bases les plus soUdes * . »

Nous arrivons enfin au récent historien de Charles VII qui, après avoir apporté un contingent aussi important que nouveau à Télude de l'histoire du quinzième siècle par la publication de nombreuses et érudites dissertations sur des points de détails , par d'intéressants travaux sur Jeanne d'Arc, Agnès Sorel, Isabeau de Bavière, Jacques Cœur, etc., par un grand nombre de biographies de personnages du temps insérées dans la Biographie Didot, enfin par des éditions de plusieurs chroniques contemporaines, a donné, de 1862 à 1865, une Histoire de Charles VU et de son époque j en trois volumes.

Il semblerait que, par la patience des investigations comme par l'abondance des matériaux, M. Vallet de Viriville eût dû nous donner sur Charles VII le dernier mot de l'histoire. Et pourtant, que de lacunes dans cette œuvre inégale ! quelle fantaisie dans certaines appréciations ! surtout quelle absence de plan et de méthode ! A vrai dire,

1. Histoire de France depuis les origines jusqu'à nos jours (Paris, H. Pion, 1865- 1873, 8 vol. in-8«), t. III, p. 200. — Un neuvième volume, qui reprend à fond Thisloire de la Restauration et résume celle des gouvernements depuis 1830, a été publié en 1879.

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